La fédération qui avait pourfendu Imane Khelif ne gérera pas la boxe aux prochains Jeux olympiques

Agence France Presse et Jessica Lapinski
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LAUSANNE, Suisse | Après des années de suspense sur l’avenir de la boxe aux Jeux olympiques, le Comité olympique a accordé mercredi sa reconnaissance «provisoire» à la jeune fédération internationale World Boxing, envoyant l’IBA sous influence russe aux oubliettes de l’olympisme.
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Par une réunion «à distance», en dehors de l’agenda officiel, la commission exécutive de l’instance de Lausanne a fait de la World Boxing l’instance «régissant la boxe au niveau mondial au sein du mouvement olympique», a indiqué le CIO dans un communiqué.
Du même coup, elle ferme la porte à toute réintégration de l’Association internationale de boxe (IBA), qui organisait les tournois olympiques de boxe depuis la Seconde Guerre mondiale, mais qui est mise au ban depuis 2019 pour une cascade de problèmes de gouvernance.
Créée en 2023, World Boxing n’affiche pour l’heure que 78 fédérations membres, dont le Canada. Elle est très loin des autres instances reconnues, mais «a apporté la preuve que 62% des boxeurs et boxeuses et 58% des médaillés des JO de Paris» étaient affiliés à ces fédérations, énumère le CIO.
Elle montre par ailleurs «des progrès» sur la gouvernance, a posé les bases d’un futur code d’éthique, «fourni des garanties quant à son modèle de production des revenus sur la base de partenariats commerciaux» pour 2025-2028, et s’est rapprochée des autorités antidopage.
Boxe à confirmer pour 2028
Il lui faudra néanmoins convaincre de nouveaux membres et se développer, surtout face au rouleau compresseur commercial de l’IBA, qui, présidée par le Russe Umar Kremlev et financée par le géant gazier Gazprom, multiplie les compétitions, généreuses dotations à la clé.
Lancée sur initiative américaine, largement soutenue en Europe mais quasi absente en Afrique, World Boxing devrait donc récupérer l’organisation du tournoi olympique de boxe à Los Angeles, quand le CIO aura confirmé sa bonne tenue.
«Conserver sa place aux Jeux olympiques est absolument crucial pour l’avenir de notre sport à tous les niveaux, de la pratique amateur aux plus hauts échelons de la boxe professionnelle», a souligné dans un communiqué le Néerlandais Boris van dern Vorst, le président de World Boxing.
Le maintien au programme des JO de ce sport hérité de l’époque antique, présent depuis les premiers Jeux modernes en 1896, était en effet conditionné par le CIO à la reconnaissance d’un «partenaire fiable» apte à le superviser.
Le CIO a dû par deux fois se charger de l’organisation directe du tournoi olympique aux JO-2020 de Tokyo, après la suspension de l’IBA, puis aux Jeux de Paris, après son exclusion définitive du mouvement olympique.
L’IBA, richissime paria
Or non seulement l’organisation de Lausanne ne compte pas se substituer dans la durée au rôle d’une fédération internationale, mais le tournoi de boxe de Paris a de surcroît été au cœur d’une polémique déclenchée par l’IBA sur le genre de deux concurrentes, l’Algérienne Imane Khelif et la Taïwanaise Lin Yu-ting.
Le président de l’IBA s’est d’ailleurs amusé à traiter le président du CIO, Thomas Bach, de «chef de la sodomie».
L’instance de la boxe a même lancé la semaine dernière une offensive judiciaire contre le CIO, auprès de la justice suisse, française et américaine, sous le motif que «la sécurité» des concurrentes engagées dans le tournoi parisien aurait été compromise par la participation de Khelif et de Lin.
La championne olympique a aussi poursuivi l’IBA en justice, en début d’année, affirmant que la fédération avait «encore proféré des accusations sans fondement qui sont fausses et insultantes».