Quand Équipe Canada et Équipe de Montréal vont de pair


Patric Laprade
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Maintenant que le championnat mondial est terminé, c’était la reprise des activités dans la LPHF hier soir à l’Auditorium de Verdun et dans l’un des plus excitants matchs de la saison, Équipe Canada a continué sur sa lancée victorieuse en défaisant le Minnesota par la marque de 4 à 3.
Oui, oui, vous avez bien lu. Équipe Canada. Parce que non seulement les quatre buts ont été marqués par des joueuses de l’équipe nationale canadienne, mais les 12 points de Montréal ont aussi été inscrits par les plus récentes médaillées d’or.
On l’a répété souvent. L’un des principaux attraits de la LPHF est d’avoir les meilleures joueuses au monde qui s’affrontent. Par défaut, la majorité de ces joueuses sont des Canadiennes ou des Américaines. Au total, 30 joueuses de la LPHF faisaient partie d’une de ces deux équipes nationales au dernier championnat mondial.
Montréal et le Minnesota peuvent chacune compter sur cinq de ces joueuses. Mais hier, ce sont les Canadiennes qui ont eu le dessus. Kori Cheverie, incidemment entraîneuse associée avec le Canada, a eu la main heureuse lorsqu’elle a décidé d’ajouter Kristin O’Neill sur la première unité d’avantage numérique et plus tard dans la rencontre, lorsqu’elle a changé ses trios afin de faire jouer O’Neill, une joueuse de centre habituellement, avec Marie-Philip Poulin et Laura Stacey.
O’Neill a terminé le match avec deux buts, Poulin et Stacey avec un but et deux aides chacune, tandis que la défenseuse Erin Ambrose a obtenu quatre passes, soit une sur tous les buts de son équipe. À l’inverse, bien que deux des trois buts du Minnesota aient été marqués par des joueuses de Team USA, les quatre joueuses n’ont contribué que pour un total de quatre points, soit un point chacune.
Un nouveau trio numéro 1 à Montréal?
Il s’agit certes d’un trio qu’on aimerait revoir à Montréal d’ici la fin de la saison et en séries éliminatoires.
«Ça va être intéressant de voir ce qui va se passer dans les quatre prochaines parties, a mentionné Poulin après le match. On sait que c’est quelque chose qui peut fonctionner. Ça pourrait être très intéressant de nous garder les trois. Mais je suis aussi très consciente que je suis une centre et que KO (O’Neill) est une centre, mais c’est quelque chose que notre coach peut garder dans sa poche d’en arrière.»
Le match a été enlevant à souhait. Après avoir pris les devants 2 à 0 en première période avec deux buts en avantage numérique, dont un superbe tic-tac-toe qui a vu Poulin remettre la rondelle à Stacey d’une seule main, puis à Ambrose et ensuite devant le filet à Poulin, Minnesota a marqué trois buts sans riposte en deuxième période. Le match était à la portée de Minnesota, jusqu’à ce que Kori Cheverie enlève sa gardienne avec un peu moins de trois minutes à faire en troisième période. La décision a porté fruit, puisque Laura Stacey a laissé aller un boulet de canon pour niveler la marque. Puis, après une punition à Maggie Flaherty pour avoir retenu, O’Neill a inscrit le but gagnant avec 46 secondes à faire. Le toit du vieil Auditorium de Verdun a failli exploser!Un bon début et une belle fin de match, mais entre les deux, on se demandait si la fatigue du Championnat du monde n’avait pas eu le dessus sur le quatuor canadien.
«Je n’ai pas trouvé qu’elles devenaient fatiguées, a dit Cheverie. Il y a un certain avantage à être prêt pour un match. Certaines de nos joueuses se préparent ici depuis trois semaines, mais il n’y a rien comme jouer un match. Ainsi, pour nos joueuses de l’équipe canadienne, elles n’étaient probablement pas aussi rigoureuses, à cause de la fatigue, mais elles l’étaient suffisamment à cause des matchs qu’elles venaient de jouer avec Équipe Canada. »
Pour Poulin, les jours suivant les mondiaux ont été différents des dernières années.
«C’est sûr que c’est différent, habituellement on serait en voyage quelque part, tandis que cette année, on est de retour dans notre ligue. Mais ça fait des années qu’on attend ce moment-là d’avoir une ligue. Oui, le championnat vient d’arriver dimanche et on est de retour sur la glace ici pour une partie jeudi. Pour nous, on adore ça. Oui, on peut dire qu’on est fatigué et tout, mais à la fin de la journée, mentalement et physiquement, on était prêtes. Et quand les jambes lâchaient, on patinait avec le cœur! »
Pour patiner, elles ont patiné.
Poulin a joué 23 minutes, O’Neill et Stacey, 19 minutes chacune, et Ambrose, 22 minutes. En temps normal, ce sont celles qui jouent le plus de minutes dans un match. Toutefois, composant avec 13 attaquantes, Cheverie a coupé son banc hier. Catherine Dubois et Alexandra Poznikoff ont joué moins de cinq minutes, alors que Leah Lum, Jillian Dempsey et Mikyla Grant-Mentis ont toutes joué moins de 10 minutes. C’est plutôt le trio de Gabrielle David, Sarah Lefort et Sarah Bujold qui a joué énormément dans le match, avec un temps de glace de 30, 29 et 28 minutes respectivement.
Est-ce possible de gagner sans Poulin?
C’est un bon signe pour l’équipe de Montréal, qui avait perdu ses quatre derniers matchs. De ces matchs, les trois derniers étaient sans sa capitaine, ennuyée par une blessure au bas du corps. C’est à se demander si l’équipe peut gagner sans Poulin.
On le sait qu’elle est une joueuse spéciale. La meilleure de sa génération, peut-être même la meilleure de tous les temps et définitivement, une membre du Temple de la renommée à sa première année d’admissibilité. Elle n’a pas connu un championnat mondial à la hauteur des attentes, en grande partie à cause de sa blessure, mais sans ses deux seuls buts du tournoi dans la finale contre les États-Unis, les Canadiennes ne reviennent pas à la maison avec une médaille d’or au tour du cou.
Avec ses trois points hier, Poulin a rejoint Natalie Spooner au premier rang des pointeuses dans la LPHF. Sa moyenne de 1.18 point par match est la plus élevée de la ligue. Elle est l’âme de cette équipe et bien que je ne veuille rien enlever à ses coéquipières, le succès de Montréal va passer par la santé de Poulin. Sans elle, je ne donne pas cher de la peau de l’équipe.
Le Centre Bell samedi
Avec cette victoire, jumelé à la défaite en temps réglementaire de Toronto, Montréal est maintenant à 34 points, troisième derrière Minnesota (35) et Toronto (36). Si Montréal bat Toronto à l’intérieur des trois périodes samedi et que Minnesota perd son match, Montréal prendra seule la tête du classement. Plus encore, une victoire de trois points de Montréal lui assurerait une place en séries, étant donné qu’ils ont plus de victoires en temps réglementaire que Boston.
Le match de samedi, disputé au Centre Bell, en plus de battre un nouveau record d’assistance, aura donc une importance capitale pour l’équipe.
Grant-Mentis signe un contrat régulier... sans qu’on le sache!
Danièle Sauvageau a confirmé hier, devant quelques membres des médias, que Mikyla Grant-Mentis a signé un contrat régulier avec l’équipe de Montréal le 18 mars dernier. C’est la raison pour laquelle elle était de la formation hier soir. C’est quand même curieux qu’il ait fallu poser la question à Sauvageau pour apprendre cette signature. La ligue envoie régulièrement des mises à jour sur les changements de personnel et dans son plus récent envoi du 3 avril dernier, elle n’avait rien mentionné à ce sujet.
Il faut dire que les règles ne sont pas toujours claires et faciles d’accès en cette première saison de la LPHF. D’ailleurs, un aspect que je n’avais moi-même pas réalisé, c’est qu’il faut une blessée pour qu’une équipe puisse activer une joueuse de réserve avec un contrat de 10 jours. Elle peut signer un contrat régulier à n’importe quel moment, mais pour un contrat à court terme, ça prend absolument une joueuse blessée. C’est la raison pourquoi Grant-Mentis n’a pas signé un contrat à court terme. Et étant donné que Mélodie Daoust avait demandé de ne pas être disponible au repêchage, elle ne peut signer un contrat régulier. Du coup, c’est aussi la raison pourquoi Daoust n’était pas en uniforme hier. Lorsque la plus récente des blessées, Ann-Sophie Bettez, a été retirée de l’alignement, c’est Alexandra Poznikoff qui a signé un contrat de 10 jours.
Survivor Québec pour Kori!
Je dois avouer que Kori Cheverie est impressionnante. Elle ne parlait pas du tout français à son arrivée avec l’équipe, a décidé de prendre des leçons et pour avoir suivi l’équipe depuis janvier, s’est améliorée de match en match. Elle a toujours pris la peine d’ouvrir ses points de presse avec quelques mots en français et durant le championnat mondial, elle a accordé sa première entrevue, totalement en français.
«Je pense que tout le monde m’aime maintenant, ce qui est cool! Je ne suis pas si méchante! Mais c’est un bon sentiment à cause de la charge de travail que j’y ai mis. Chaque rencontre, je dois avoir un plan de match pour battre une équipe de hockey et je dois penser à un plan de match lorsque je me retrouve devant vous et parler français. Ça n’a pas été facile! Mais les commentaires que je reçois sont encourageants et c’est quelque chose que je veux continuer et je veux continuer à m’améliorer. J’ai même commencé à écouter une émission en français et je me dis qu’un jour, je vais être capable de le comprendre!»
Évidemment, il fallait connaître le nom de l’émission!
«C’est Survivor Québec! J’aime écouter la version régulière de Survivor, alors je me suis dit que c’était génial. Je ne comprends juste pas encore ce qu’ils disent!»
Avec Patrice Bélanger à l’animation, je dois avouer que ce n’est pas un débit facile pour quelqu’un qui tente d’apprendre la langue de Charlebois!