La famille au cœur d’une décision importante de Laurent Dubreuil, qui s’entraînera dans son garage


Richard Boutin
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Dans le but de passer plus de temps en famille et de développer un projet personnel, le double médaillé olympique Laurent Dubreuil s’entraîne dans son garage en prévision de la prochaine saison où il s’est outillé de tout l’équipement nécessaire.
À 33 ans bientôt 34, le patineur de vitesse longue piste estime qu’il avait besoin d’une bouffée d’air frais pour conserver la motivation à un haut niveau. Dans une année post-olympique, le moment ne pouvait pas être mieux choisi.
« Pour la première fois de ma carrière, je ne sais pas si je vais aller au bout du cycle olympique, mais je ne dois pas m’essouffler en partant si je veux m’y rendre, résume-t-il. Mon objectif sera de gagner une médaille si je continue. Si je termine en 15e place, ça va être ok, mais ça ne sera pas l’objectif. »

Médaillé de bronze à Milan sur 500 m en février dernier, le patineur lévisien est persuadé qu’il devra être plus rapide en France en 2030 pour espérer un autre podium. « Je dois m’améliorer, mais c’est presque impossible entre 33 et 37 ans, reconnaît-il. Ce n’est pas impossible, mais je dois trouver une façon de le faire. Si j’avais continué la même chose, je ne pense pas que j’aurais pu m’améliorer. Mon rêve est de battre Jordan Stolz et Jenning de Boo. En continuant de la même façon, je n’aurais pas été capable de les battre. Si mon plan ne fonctionne pas, je vais retourner à l’ancienne méthode. »
Un entraînement aussi exigeant
Dubreuil assure que l’objectif derrière sa décision de s’entraîner par lui-même n’est pas de se la couler douce. « Je veux voir comment mon corps va réagir à un nouveau programme d’entraînement, explique-t-il. L’entraînement ne sera pas plus facile et je ne serai pas moins discipliné. Je ne peux pas faire ça à moitié sinon ça ne marchera pas. »
« Je vais m’entraîner tous les jours, mais ça va être plus facile de prioriser la famille si je fais mon propre horaire à la maison en sortant du cadre du groupe, de poursuivre Dubreuil. Le plan est d’être prêt quand je vais réintégrer le groupe, possiblement en août. »
Un projet motivant
Dubreuil s’inspire de l’entraîneur polonais et ancien adversaire Artur Was. « Artur m’a dit que chaque athlète devrait gérer son programme d’entraînement au moins un an. Ce projet personnel me sert de motivation et d’enrichissement. Dans le cadre d’un cours pour entraîneur que j’ai suivi il y a deux ans, il fallait concevoir un programme d’entraînement et j’ai servi d’exemple. »
Peu importe si le plan fonctionne ou pas, le patineur de 33 ans croit qu’il en retirera des aspects positifs. « Je veux être entraîneur plus tard et je vais apprendre de cette expérience. Je ne le fais pas pour m’isoler, mais pour apprendre. Je suis un patineur très cérébral et j’ai pris beaucoup de notes au fil des ans. Je suis capable de dire ce que j’ai fait comme entraînement le 21 avril 2012. »
Des louanges pour son préparateur physique
Le double médaillé olympique assure qu’il ne remet pas en question le travail de son préparateur physique Jonathan Pelletier-Ouellet. « Je n’ai rien à dire de négatif, et j’ai connu une carrière exceptionnelle depuis qu’on travaille ensemble, en remportant une médaille six années sur sept au mondial ou aux Jeux. Une grosse partie de mes succès revient à Jonathan, et je n’aurais pas les connaissances pour me lancer dans ce projet si je n’avais pas travaillé avec lui pendant sept ans, mais il est sûrement possible de faire mieux. »
Confiant que son programme marchera ? « Je ne me lance pas là-dedans au hasard, mais ça ne sera pas la fin du monde si je connais une mauvaise année. L’objectif est toutefois de connaître ma meilleure saison. »
Dubeuil n’aurait pas pris une telle décision un an avant les Jeux. « Dans une année post-olympique, je dois maximiser mon temps en famille, souligne le père de deux jeunes enfants. Je ne veux pas que ma conjointe dise que je ne suis pas assez présent après deux ans. Une année olympique, c’est exigeant pour la famille parce que tu ne veux pas te dire que tu en as pas assez fait, mais tu dois trouver l’équilibre l’année après les Jeux. »