Chris Nilan montera sur scène pour raconter sa vie tumultueuse


Marc de Foy
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Pendant 13 ans, Chris Nilan a passé la plus grande partie de sa vie à pratiquer son métier d’hockeyeur dans les grands amphithéâtres de la Ligue nationale. En mai prochain, il se produira à nouveau devant public mais dans un décor et un contexte tout autre.
L’ancien porte-couleur du Canadien donnera un spectacle en solo dans lequel il parlera en profondeur des problèmes affectifs et physiques qui l’ont affecté dans sa vie. Après sa carrière et les applaudissements des amateurs, quelque chose s’est brisée chez lui. Sa santé mentale en a pris un coup.
Heureusement, tout va pour le mieux aujourd’hui. Il est sobre depuis 2015, mais comme nous le disent les gens qui sont passés par là, le combat de Nilan continue. Il n’utilise aucun détour pour dire qu’il sera alcoolique et accro à la drogue pour le reste de ses jours.
Mais s’il y a quelqu’un qui peut aider les autres aux prises avec ces problèmes, c’est bien lui.
Un survivant
Nilan n’a pas hésité longtemps non plus lorsque Barry Lorenzetti, fondateur de la société de courtage d’assurance BFL Canada, l’a sollicité pour qu’il livre son histoire au profit de la fondation portant son nom.
Nilan sera dirigé par le dramaturge, acteur et scénariste d’origine montréalaise Vittorio Rossi avec qui il a commencé à répéter. Il le conseille sur la teneur et la longueur du scénario. Mais il laissera le soin à son élève de parler dans ses mots.
« Je ne suis pas une victime, je suis un survivant », a dit Nilan d’entrée de jeu lors d’une rencontre de presse au restaurant Da Vinci, hier matin.
« Plusieurs souvenirs me sont revenus à la mémoire quand Barry [Lorenzetti] m’a approché. Je me suis rappelé notamment mon premier match avec le Canadien au Forum.
« J’étais le dernier dans la file des joueurs qui attendait dans le couloir menant à la patinoire, puisque je portais un numéro qui était réservé à un gardien à l’époque [numéro 30]. C’était le début. Personne ne savait qui j’étais, ni d’où je venais. »
C’est le genre d’entrée qu’il veut faire dans ses soupers-spectacles qui seront présentés à la Maison Principale, sur la rue du Couvent, à Montréal. La première aura lieu le 28 mai.
« Après mon entrée en scène, je devrai capter et retenir l’attention de l’auditoire », a-t-il continué.
Ce qu’il a réussi à faire rapidement avec le Canadien avec son style batailleur et combatif.
« Pour, j’espère donner de quoi réfléchir aux gens et leur transmettre des idées à mettre pour venir en aide à des gens de leur entourage. Si mon message peut aider quelqu’un, j’aurai la satisfaction d’avoir réussi quelque chose. »
Témoignage de Serge Savard
Serge Savard envers qui Nilan éprouve le plus grand respect a pris le micro dans les derniers instants de la période de questions pour dire justement que Nilan est doté d’un grand sens de l’entraide.
« Chris est un homme doté de belles qualités, c’est une bonne personne, a-t-il dit.
« C’est quelqu’un qui veut faire une différence et qui est prêt à aider tout le monde. Il l’a fait pour quelqu’un de ma famille. »
Nilan a mis beaucoup de temps à se libérer de ses démons.
« Je mentais autant que les secrets que je gardais en moi, a-t-il dit.
« Je ne m’aidais pas en voulant m’en sortir par moi-même. Quand je le fais, c’est moi qui deviens le problème. Un jour, Bob Gainey m’a remis une carte d’affaire du Programme d’aide aux joueurs de la Ligue nationale et de l’Association des joueurs.
« Je n’ai pas appelé tout de suite. »
Mais il lui a fallu se rendre à l’évidence. C’est la mort qui l’attendait s’il ne demandait pas de l’aide.
Vivre enfin en paix
La route n’a pas été facile.
« Lors de mon premier séjour en clinique, c’était en l’an 2000, je suis demeuré sobre trois ans après ma sortie, a-t-il raconté.
« Je l’ai ensuite été un an. »
Je me rappelle d’avoir vu Nilan lors d’un entraînement matinal du Canadien lorsque Bob Gainey cumulait les fonctions de directeur général et que Guy Carbonneau occupait le poste d’entraîneur-chef. Il était une loque humaine, il faisait peur.
Puis, un jour de 2015, il s’est retrouvé au bord du précipice. Avec de l’aide, il a fait ce qu’il devait pour s’en sortir.
« Tout ce que je veux aujourd’hui, c’est que ma vie se passe dans la paix, a conclu Nilan.
« Je veux être une bonne personne. »