La descente du FBI, le début de la fin


Normand Lester
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Du jamais-vu dans l’histoire des États-Unis. Des agents du FBI perquisitionnent la résidence d’un ex-président. Ils voulaient récupérer des documents – dont certains « top secrets » – emmenés par Trump de la Maison-Blanche à sa résidence de Mar-a-Lago en Floride.
C’est une escalade majeure dans les diverses enquêtes sur Donald Trump. Un moment historique de la présidence et de la démocratie américaine se joue sous nos yeux.
Pour que le FBI décide inopinément d’agir, c’est parce qu’il se passe quelque chose de grave. Il n’obtient des mandats de perquisition que lorsqu’il doit intervenir parce qu’il craint que des éléments de preuve (documents ou appareils électroniques) soient détruits.
L’avenir de Trump est en jeu
Le département de la Justice et le FBI savaient très bien que ça allait avoir des répercussions politiques explosives. Et maintenant, si Trump ne fait pas l’objet de poursuite, ça va encore envenimer la situation en laissant supposer que la perquisition était injustifiée.
Si son parti est majoritaire à l’automne, le chef du GOP à la Chambre, Kevin McCarthy, envisage de créer un comité pour enquêter sur la perquisition ciblant particulièrement le procureur général Garland.
S’il est reconnu coupable de s’être illégalement emparé de documents gouvernementaux, Trump pourrait se voir interdire d’exercer toute fonction fédérale. Donc, pas de retour à la Maison-Blanche en 2024. Il serait aussi passible d’une peine allant jusqu’à trois ans de prison.
À 90 jours des élections de mi-mandat, Trump et les républicains utilisent la perquisition pour mobiliser leurs troupes. Les enquêtes menées contre Trump ne font qu’accroître son attrait auprès de ses partisans convaincus qu’il est persécuté.
Trump fait présentement l’objet de multiples enquêtes criminelles, dont celles reliées à son incitation à l’insurrection du 6 janvier au Capitole : il voulait arrêter la cérémonie confirmant la victoire de Joe Biden.
Le mépris qu’affiche Donald Trump pour les règles est sans précédent dans l’histoire des États-Unis. Ses assauts contre les institutions de l’État et les réactions qu’ils provoquent ébranlent encore davantage la confiance déjà chancelante des Américains envers elles.
À cause de Trump, la droite extrême, qui chevauche le parti républicain, a réussi à s’insérer dans la « normalité » politique aux États-Unis.
L’appel aux armes
Si jamais Trump est trouvé coupable de l’un ou l’autre des crimes qu’on lui reproche, il n’hésitera pas à lancer un appel à ses partisans pour empêcher son incarcération. L’homme à la longue cravate rouge pourra compter pour le défendre sur des dizaines de milliers de cinglés en armes.
Un rédacteur du site d’extrême droite Breitbart News écrit au sujet de la perquisition du FBI : « Il y a soudainement un risque très réel d’instabilité politique violente dans ce pays pour la première fois en plus de 150 ans ».
Un chroniqueur de la revue Foreign Policy estimait déjà en 2017 au sujet des États-Unis : « C’est comme en 1859, tout le monde est furieux à propos de quelque chose et tout le monde a une arme ».
Comment mieux définir les États-Unis actuels ?