La date limite des transactions: un stress pour tout le monde


Jonathan Bernier
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L’approche de la date limite des transactions est une grande source de stress pour les joueurs de la LNH, surtout ceux dont le nom circule dans les rumeurs. Agent de la firme Newport Sports Management pendant près d’une vingtaine d’années, Stéphane Fiset peut en témoigner.
«Les gars nous appellent plus souvent. Ils veulent savoir si on a entendu parler de quelque chose, si on est au courant des rumeurs, si c’est vrai qu’ils vont se faire échanger», a raconté l’ancien gardien de but lors d’une entrevue téléphonique avec Le Journal.

Évidemment, le niveau d’inquiétude n’est pas le même pour un jeune joueur que pour un vétéran. En fait, disons plutôt qu’il se vit de façon différente.
«Le jeune, lui, il a seulement trois ou quatre valises avec du linge à déménager. Le vétéran, de son côté, c’est une famille complète qu’il déménage», a lancé Fiset, aujourd’hui entraîneur adjoint des Filons de Thetford Mines, dans la Ligue collégiale.
D’ailleurs, la famille aussi éprouve de la difficulté à trouver le sommeil. Comme le fait remarquer Fiset, l’athlète a beau changer de ville, sa routine ne sera pas trop chamboulée. Il continuera de s’entraîner et de jouer au hockey. Il aura simplement de nouveaux coéquipiers et un chandail différent sur le dos.
Pour la conjointe, toutefois, c’est une autre paire de manches.
«Ce sont celles qui ont le plus gros de la job! Même si on les aide, ce sont elles qui doivent voir à tout. En plus, elles s’en vont dans un milieu qui leur est inconnu, a-t-il indiqué. C’est important de rassurer tout le monde, de leur dire que ça va bien aller.»
Des coups parfois difficiles
Pour illustrer son propos, Fiset donne l’exemple du déménagement des Nordiques au Colorado, en 1995. À l’époque, plusieurs Québécois portaient l’uniforme du fleurdelysé. Quitter le Québec pour les Rocheuses avait été un dépaysement.
«C’était un déménagement de familles. Steven Finn, par exemple, ses gars ne parlaient pas du tout anglais. C’était un stress de plus [il a été échangé à Los Angeles, tout juste avant le début de la saison]. Moi, j’avais une fille, mais elle avait deux ans et demi. C’était moins stressant.»
Puisque l’Avalanche allait remporter la coupe Stanley moins d’un an plus tard, le stress a rapidement laissé place à l’euphorie. Sauf que la conclusion n’est pas toujours aussi joyeuse. Pour chaque joueur échangé dans une équipe aspirant aux grands honneurs, il y en a un qui fait le chemin inverse.
Pour ceux-là, le coup est plus difficile à prendre. Surtout si la conjointe a décidé d’attendre la fin de la saison pour déménager le reste de la famille.
«Ça se manifeste après quelques semaines, indiqué Fiset, qui a terminé sa carrière à Montréal après cinq hivers avec les Kings. Quand ça fait un mois que tu es loin de ta famille, que les seuls contacts que tu as, c’est par FaceTime, ça peut affecter le rendement sur la glace.»
«Si tu es dans une équipe gagnante qui bataille pour les séries et que tu as une chance d’aller loin, c’est plus encourageant, tu trouves la situation moins difficile. Mais quand tu es dans le sens contraire, tu es loin, tu es dans une équipe qui ne va nulle part. Là, ça devient encore plus difficile», prend-il soin de préciser.
Donc, si le Canadien fait l’acquisition d’un joueur au cours des prochains jours et que ses performances ne sont pas tout à fait à la hauteur des attentes, soyez indulgents.