La coupe Stanley reviendra-t-elle au Canada en 2025?

Étienne Bouchard
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L’année 2024 tire à sa fin et les amateurs de hockey font leur propre bilan des bons et moins bons coups de leur équipe favorite, en souhaitant beaucoup mieux pour 2025. Et au Canada, ils sont plus que jamais nombreux à espérer le grand miracle, c’est-à-dire le retour de la coupe Stanley au pays.
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Aux yeux de plusieurs personnes «d’un océan à l’autre», la conquête du trophée par le Canadien de Montréal et Patrick Roy au printemps 1993 remonte à une éternité et, pour les plus jeunes, elle représente une lointaine page d’histoire du sport qu’ils n’ont jamais vécue. Concrètement, des milliers friands de hockey au nord de la frontière estiment que l’attente a assez duré.
Or, en jetant un coup d’œil au classement des deux associations de la Ligue nationale de hockey (LNH), leurs chances d’être finalement rassasiés ne sont pas vilaines. Certes, une excellente fiche et une place avantageuse au terme de l’année calendaire ne représentent pas une garantie de succès en séries éliminatoires, mais elles aident à la confiance de l’équipe concernée... et de ses fidèles et loyaux partisans.
Ainsi, six des sept clubs canadiens présentent un dossier supérieur à ,500 en 2024-2025. Le Tricolore tente pour sa part de rejoindre le seuil de respectabilité. Bref, il y a une embellie dans le ciel du hockey canadien. Voici un tour d’horizon qui pourrait convaincre les plus optimistes de garder leurs lunettes roses.
1– Jets de Winnipeg (26-10-1), deuxièmes de la LNH et premiers de la section Centrale
Après un départ étincelant marqué par 8 victoires d’entrée de jeu et 15 gains à leurs 16 premières rencontres, les Jets ont baissé un peu la cadence, ce qui a permis aux Golden Knights de Vegas de les dépasser au sommet de la ligue. Toutefois, le public manitobain peut se croiser les doigts et prier pour une première coupe à Winnipeg.
Si Connor Hellebuyck demeure solide comme le roc, tout est permis. Le gardien affiche des statistiques (moyenne de buts alloués de 2,06 et taux d’efficacité de ,928) dignes d’un gagnant du trophée Vézina.

Devant lui, l’attaque produit à plein régime. Kyle Connor et Mark Scheifele comptent à leur actif 22 buts chacun.
2– Maple Leafs de Toronto (22-13-2), septièmes de la LNH et premiers de la section Atlantique
L’absence récurrente d’Auston Matthews devrait en principe s’avérer une tragédie pour toute organisation. Cependant, les Leafs ont réussi à garder la tête hors de l’eau en dépit de la blessure au haut du corps de leur capitaine. Ce dernier a retrouvé ses coéquipiers à l’entraînement lundi, et des jours meilleurs sont attendus dans la Ville Reine.
Auston Matthews is on the ice before Maple Leafs practice this morning.
— Nick Barden (@nickbarden) December 30, 2024
He hasn’t played since Dec. 20 due to an upper-body injury. pic.twitter.com/QBjOw6Ks30
Évidemment, Toronto n’a pas joué une seule fois en finale de la coupe Stanley depuis la fin de l’ère des six formations originales en 1967, et le véritable test des joueurs en bleu et blanc se tiendra dès avril prochain. En revanche, les performances de Mitch Marner (50 points) et de William Nylander (23 buts) sont rassurantes. L’un des points d’interrogation demeure le rendement des gardiens. Joseph Woll peut-il être plus constant? Anthony Stolarz reviendra-t-il à son meilleur après avoir été blessé?
3– Oilers d’Edmonton (21-12-3), 10es de la LNH et 3es de la section Pacifique
Toute équipe misant dans ses rangs sur Connor McDavid et Leon Draisaitl devrait nager dans la confiance. Et à Edmonton, tous savent que les deux joueurs ont le talent requis pour mener les Oilers vers un premier championnat depuis 1990; après tout, ils sont passés à une victoire de l’exploit lors des séries 2024. Jusqu’ici cette saison, ça ne va pas si mal malgré une blessure à la cheville ayant ennuyé McDavid plus tôt.

Néanmoins, ses coéquipiers devront éviter les écarts de conduite imprévus comme cette défaite plutôt étonnante subie dimanche aux mains des pauvres Ducks d’Anaheim.
Mais l’équipe albertaine devrait se montrer encore redoutable en éliminatoires. Si celles-ci commençaient maintenant, elle retrouverait à nouveau au tour initial les Kings de Los Angeles, rivaux dont ils ont le numéro. Tout à Toronto, il y a des doutes persistants devant le filet. Stuart Skinner affiche un taux inférieur à ,900.
4– Canucks de Vancouver (17-10-8), 15es de la LNH et 8es de l’Association de l’Ouest
La troupe de l’entraîneur-chef Rick Tocchet sera de passage au Centre Bell le lundi 6 janvier et devra affronter quelques défis importants, surtout celui de composer sans son leader Quinn Hughes. Le capitaine est blessé et restera sur le carreau minimalement une semaine. Elias Pettersson est également sur la touche, mais il est davantage près d’un retour au jeu.
Les Canucks ont donc intérêt à resserrer leur défense, ce qu’ils n’ont pas fait samedi quand ils ont échappé une priorité de trois buts au troisième vingt contre le Kraken de Seattle.
Ils s’accrochent à une place en séries, mais en santé, ils forment un groupe talentueux capable de rivaliser avec tous les autres concurrents du circuit. Et si Thatcher Demko, qui a joué six matchs au total, retrouve une forme optimale, ils seront à surveiller.
5– Flames de Calgary (17-12-7), 16es de la LNH et 9es de l’Association de l’Ouest
L’équipe des Québécois Jonathan Huberdeau, Anthony Mantha et Jakob Pelletier a l’intention de se battre jusqu’à la fin, même si le deuxième des trois fera partie des éclopés pour le reste de la saison à cause d’une déchirure ligamentaire. Si Calgary veut renouer avec les séries pour une première fois en trois ans, il faudra davantage de buts. Le club n’a pas encore atteint le plateau des 100 buts comptés.
À l’arrière, les portiers Dustin Wolf et Dan Vladar partagent équitablement le boulot, le premier des deux ayant un taux de ,912.

Pour revenir à Huberdeau, il n’a toujours pas retrouvé le rythme de sa campagne 2021-2022 (115 points avec les Panthers de la Floride), mais il joue avec plus de conviction. Il domine les siens avec 27 points.
6– Sénateurs d’Ottawa (19-15-2), 17es de la LNH et 8es de l’Association de l’Est
Est-ce finalement la bonne pour les Sénateurs, qui n’ont pas participé aux séries depuis 2017? Les dernières semaines ont été encourageantes, notamment grâce à la remontée de Linus Ullmark. Le Suédois a racheté un début de calendrier cahoteux en signant sept gains consécutifs, mais c’était avant une malencontreuse blessure au dos venue freiner sa progression. L’instructeur-chef Travis Green doit donc s’en remettre aux bons services de Mads Sogaard et de Leevi Merilainen pour tirer les marrons du feu.
Au cœur d’une séquence de neuf parties à l’étranger, Ottawa a gagné quatre fois et subi deux échecs, ce qui est excellent. En offensive, Tim Stützle, Brady Tkachuk et Drake Batherson ont tous amassé 35 points ou plus sans trop faire de bruit.

Et en défense, Nick Jensen et Thomas Chabot ont prouvé leur fiabilité avec des fiches respectives de +15 et de +12.
7– Canadien de Montréal (16-17-3), 23es de la LNH et 12es de l’Association de l’Est
Il est improbable que le Tricolore gagne la coupe en 2025, mais les éléments positifs sont ressortis dernièrement. Sans que Patrik Laine ait à inscrire un but, le CH a montré sa capacité à vaincre de bonnes formations le week-end passé. Jake Evans est en feu, comme le montre sa séquence de cinq matchs avec au moins un but.
Sur le côté droit de la défense, la venue d’Alexandre Carrier a eu un effet stabilisateur. Même si l’échantillon est petit, on peut en dire autant de l’arrivée de Jakub Dobes à titre de deuxième gardien.
Montréal aura droit à d’autres bons tests dans les semaines à venir. Des visites chez les Golden Knights de Vegas et l’Avalanche du Colorado sont à l’horaire mardi et samedi. Martin St-Louis ne refuserait pas davantage de buts de la part de Nick Suzuki, Cole Caufield et Juraj Slafkovsky.