La Coupe du monde de soccer à Toronto: un tournoi trop cher pour une forte majorité de Torontois
Au centre-ville de la Ville Reine, peu de choses laissent présager qu’elle sera l’hôte de six matchs de la compétition


Jessica Lapinski
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TORONTO | À moins de deux jours du premier match de la Coupe du monde de soccer à Toronto, mercredi soir, peu de choses dans le centre-ville de la Ville Reine laissaient présager qu’elle s’apprêtait à recevoir six matchs d’un des plus gros événements sportifs de la planète.
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Quelques boutiques du Centre Eaton avaient décoré leur devanture.

Certains restaurants de la rue Yonge annonçaient qu’ils diffuseraient tous les matchs à compter de jeudi. Sur la terrasse de l’un d’eux, les serveurs réorganisaient l’emplacement des tables, de manière à ce que les clients aient une vue sur les téléviseurs.
Mais on ne sentait pas vraiment de buzz en ville. Un employé confirmait d’ailleurs que Le Journal n’avait pas une lubie : « On reste d’abord une ville de hockey, voire de football américain. Et peut-être que le fait que l’événement soit décentralisé n’aide pas à créer un engouement. »
Pour la première fois, le Mondial accueillera 48 pays, mais dans 16 villes réparties entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.
« Et ça coûte tellement cher, ce tournoi... », ajoutait le serveur.
Trop cher pour 70 % des Torontois
Ce sont finalement 380 millions $ que devrait coûter la venue de la FIFA à Toronto. Environ la moitié du montant est absorbée par les gouvernements provincial et fédéral.
Une grande partie de cette somme a servi à ajouter 17 000 sièges temporaires au stade, afin de répondre au minimum de 45 000 requis par la FIFA.
Plus tôt cette semaine, un sondage de la firme Angus Reid dévoilait que 70 % des Torontois estimaient que pareille dépense de fonds publics n’en valait pas la peine.
Ils étaient 59 % à affirmer ne pas s’intéresser aux matchs et 39 % à se dire excités par la venue de la prestigieuse compétition dans leur ville.
Au centre-ville, rares sont les affiches qui annoncent la tenue de l’événement. Le taux d’occupation des chambres d’hôtel était de 47,9 % les jours de match, selon des données du début du mois de juin.
Un buzz à venir
Mais le buzz viendra, assurait mercredi une autre serveuse avec qui Le Journal a discuté.
« Il faut aller plus à l’ouest de la ville pour le sentir », expliquait-elle. C’est là que se trouve le BMO Field, le domicile du Toronto FC, renommé « stade de Toronto » pour la durée de l’événement, afin de respecter un règlement de la FIFA.
C’est vrai qu’aux abords du stade, ça sent un peu plus le soccer. « Coupe du monde de la FIFA 2026 », peut-on d’ailleurs lire à plusieurs endroits, le français étant l’une des langues officielles de la FIFA.

Le Fan Festival, qui coûtera 25 millions $ à la Ville, se tiendra à environ trois kilomètres du stade, pendant la durée du tournoi.
Les billets gratuits pour l’événement, durant lequel il sera possible de visionner les matchs et d’assister à des concerts, se sont déjà tous envolés, ce qui laisse croire que les Torontois seront au rendez-vous.