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La coupe des Québécoises, d'hier à aujourd'hui

Photo portrait de Patric Laprade

Patric Laprade

2026-05-21T14:39:15Z

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Le feeling est incroyable !

Pour la première fois de ma carrière, j’ai vécu un championnat professionnel de hockey remporté sur place.

Le moment où tu réalises que le match est gagné. L’explosion d’émotions dans les dernières secondes. La frénésie de voir les joueuses sauter de joie.

Puis viennent la remise du trophée de la joueuse la plus utile, la présentation de la coupe Walter et les traditionnels tours de patinoire.

Je ne sais pas comment c’était pour les Bertrand Raymond et les Réjean Tremblay à l’époque, mais pour la première fois depuis que le Canadien a battu les Kings en 1993, Montréal a remporté un championnat de hockey professionnel.

Un vrai.

Avoir l’occasion de fouler la glace une vingtaine de minutes après la fin du match, au cœur des célébrations, c’est une expérience unique. Plusieurs chroniqueurs et journalistes ne vivront jamais ce moment avec leur équipe locale.

À ma troisième saison à couvrir la Victoire de Montréal au quotidien, dans les hauts comme dans les bas, j’ai eu la chance de vivre ce privilège.

Et vous savez quoi ?

L’heure que j’ai passée sur la glace était magique.

Magique dans le sens que tout le reste ne comptait plus. Comme si Mesmer nous avait hypnotisés.

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Un début de match laborieux, un point de presse où la coach ne dit pas grand-chose, une situation mal gérée. Une querelle, une mésentente ou un désaccord. Une joueuse qui a moins de temps de glace ou qui ne joue pas en finale.

Tout ça ne compte plus.

Tout le monde — nous inclus — vivait un moment d’euphorie.

Les pionnières sur place

Je suis passé de joueuse en joueuse, mais aussi de coach en coach, et de pionnière en pionnière.

Je voulais prendre le pouls de celles qui venaient de gagner, mais aussi de celles qui ont frayé le chemin à l’existence même de la LPHF.

Parce qu’en toute honnêteté, une coupe Walter, ce n’est pas une coupe Clarkson ni une coupe Isobel. Ces championnats étaient importants pour leur époque, mais les conditions dans lesquelles évoluaient les joueuses ne se comparent tout simplement pas à celles qu’elles ont depuis les trois dernières années.

Non, ce n’est pas encore parfait. Et je serai toujours là pour rappeler que ce n’est pas encore parfait. C’est la seule façon de s’améliorer.

Mais force est d’admettre qu’il y a une grosse différence entre le hockey féminin de 2026 et celui d’avant la LPHF.

Voir une légende comme France St-Louis aussi émotive, comme si elle venait elle-même de remporter la coupe, c’était profondément touchant.

Entendre Kim St-Pierre — qui serait aujourd’hui parmi les gardiennes les mieux rémunérées au monde si elle était encore au sommet de sa carrière, mais qui n’a jamais réellement pu vivre du hockey — être aussi touchée de faire partie de cette organisation, ça en disait long.

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Une Danièle Sauvageau impliquée dans le hockey depuis 30, peut-être même 40 ans, présente dans toutes les batailles, tellement fière du travail accompli collectivement.

Une Caroline Ouellette, dont les parents s’occupaient de la porte à l’aréna Étienne-Desmarteau à l’époque où une poignée de spectateurs seulement venaient les encourager, visiblement émue par ce qui venait de se produire.

Cette génération de femmes qui devait payer de sa poche pour jouer, qui ne pouvait pas vivre de son sport, qui s’entraînait et disputait ses matchs à des heures impossibles, mais qui a joué un rôle essentiel dans l’évolution du hockey féminin, célébrait elle aussi.

Une pensée pour elles

Je pense aux Stars, aux Canadiennes et à la Force.

Je pense aux Danielle Goyette, Diane Michaud, Denise Caron, Thérèse Brisson, Nancy Drolet, Lisa-Marie Breton, Sarah Vaillancourt, Catherine Ward, Charline Labonté, Katia Clément-Heydra, Kim Deschênes, Geneviève Lacasse, et j’en passe. Des noms que connaissez peut-être ou sinon, que vous reconnaîtriez si une telle ligue avait existé il y a 40 ans.

Des Québécoises qui ont ouvert le chemin aux Marie-Philip Poulin, Ann-Renée Desbiens, Catherine Dubois, Alexandra Labelle, Jade Downie-Landry et Maya Labad.

J’ai une pensée pour Ann-Sophie Bettez, qui aurait été sur la glace si elle n’avait subi une blessure lors de la première saison de la Victoire.

J’ai aussi une pensée pour Mélodie Daoust, qui jouerait, et dominerait encore, si on lui avait permis de choisir son équipe en 2024.

Et j’ai, bien entendu, une pensée pour Kelly-Ann Nadeau, qui doit avoir le cœur brisé en ce moment.

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Au final, on vient de vivre une saison de rêve. Autant sur la glace et dans le vestiaire que dans la galerie de presse, les estrades et les salons partout au Québec.

Une saison dont on va se souvenir longtemps.

Les réactions à chaud

Tout en essayant de ne pas glisser et d’éviter les douches de bière, j’ai eu l’occasion de passer près d’une heure sur la glace après le match afin de recueillir les réactions des membres de la Victoire de Montréal, de la LPHF, ainsi que de plusieurs pionnières présentes à Ottawa.

Pour entendre l’intégrale de ces entrevues, je vous invite à écouter le balado Sans Restriction : Avantage Numérique.

Marie-Philip Poulin, nommée joueuse la plus utile des séries

De voir ces grandes femmes sur la glace, de pouvoir célébrer avec elles. Caro, Noum (Noémie Marin), la dernière fois que j’ai gagné à côté d’elles, c’était la coupe Clarkson à Ottawa. Depuis que je suis toute jeune que je regarde ces grandes femmes-là, qui ont ouvert la voie pour nous. France, Caro, Noum, Danièle, Kori, Kim, il y en a tellement. C’est non seulement les joueuses, mais l’organisation au complet et on est super fières.

Ann-Renée Desbiens

C’est incroyable, on a travaillé tellement fort pendant plusieurs années pour ce moment-là. On a montré du caractère, on a montré du cœur et on l’a eu finalement. Le blanchissage ne me fait pas un petit velours de plus. Ça aurait pu être 11 à 10, en autant qu’on en compte un de plus que l’autre bord !

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Caroline Ouellette

C’est incroyable. Je pense que les amateurs ne savent pas la moitié des choses que certaines de nos athlètes ont dû traverser comme épreuves cette année. Ce que je vais me rappeler de cette année c’est qu’à chaque fois qu’on perdait une joueuse importante, il y a quelqu’un d’autre qui brillait pour nous aider à continuer à gagner. Je suis tellement contente pour des joueuses comme Marie-Philip, Laura, Murphy.

Kori Cheverie

Avec quelques secondes à jouer, j’essayais juste de profiter du moment. Je me foutais un peu de ce qui se passait autour, je voulais simplement que toutes les filles puissent vivre ça pleinement et savourer l’instant. Je ne pense pas que ça aurait pu mieux se terminer.

Je ne pourrais jamais assez dire de bonnes choses sur ce que Marie-Philip apporte à notre équipe, au hockey en général, à la ville, à la province et au pays. Quand on avait besoin d’elle, elle nous a portées sur son dos. Et quand elle avait besoin d’aide, ses coéquipières ont répondu présentes.

Notre plan a mieux fonctionné qu’on le pensait. On devait simplement envoyer plus de rondelles dans le bas de l’enclave. On devait attaquer davantage le poteau éloigné contre Philips. C’est une excellente gardienne, donc il fallait la faire bouger d’est en ouest. Sur deux de nos buts, on a réussi à la faire bouger latéralement. Ça a été une excellente exécution de la part de nos joueuses.

Danièle Sauvageau

Très fière de ce que nous avons accompli. Il n’y a jamais rien qui se fait tout seul, que ce soit de préparer un repêchage ou d’identifier au cours de l’année des joueuses qui pourraient répondre à nos besoins. Tu m’as entendu parler de profondeur, de gagnantes.

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On a 29 joueuses cette année qui ont fait partie de ce processus-là. Deux malheureusement, de par la façon que la ligue fonctionne, ne sont pas là, mais elles font partie intégrante de ce qu’on a fait.

Les autres ligues, ça nous a permis d’avoir cette ligue-là. On ne serait pas là si ce n’était pas des France St-Louis. On est là pour rester, mais on est rendus là à cause de la fondation qu’on a eue avant.

Abby Roque, autrice de 2 buts mercredi soir

C’est exactement le genre de matchs pour lesquels je vis. J’adore les matchs qui veulent dire quelque chose, et aujourd’hui, c’en était encore un. J’ai été chanceuse de marquer quelques buts.

Je dois remercier Stace (Laura Stacey) pour ça. Elle s’est pratiquement sacrifiée dans cette petite bataille juste pour réussir à sortir la rondelle. Après ça, je me suis retrouvée en un contre un, alors je me suis dit : aussi bien y aller.

C’était l’objectif depuis le tout début. Dès mes premières discussions avec Pou, Stace et Ann, que je depuis toujours. Tout ce qu’elles veulent, c’est gagner. Et c’est exactement ce que je voulais aussi.

J’ai joué avec Ann au Wisconsin et elle a toujours été la GOAT. Ce match-là, c’était tellement du Ann tout craché. Je l’ai regardée et je lui ai dit : finir ça avec un blanchissage, c’est tellement toi !

Nadia Mattivi

Montréal était définitivement le bon choix. Quand tu arrives tard dans la saison avec une équipe, tu débarques dans un groupe qui a déjà sa culture. Mais la transition a été tellement facile. Et d’avoir pu accomplir ça ensemble, c’était vraiment spécial.

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À 100 %, ça valait la peine. Peu importe ce que tu fais, il faut être résiliente. C’est plus grand que toi-même. Si tu gardes cette mentalité-là, ton temps de jeu et tes opportunités vont finir par venir. Tu dois juste faire ce qui est le mieux pour l’équipe.

Catherine Dubois

C’est incroyable ! Je n’ai pas de mots en ce moment. Je pense que tous les sacrifices valent la peine. C’est le processus au complet. Ça fait trois ans qu’on essaye de gagner cette coupe-là, je ne le réalise pas encore. J’ai pensé à mes parents, qui n’ont pas pu être là aujourd’hui, mais qui ont été là toute l’année !

France St-Louis, pionnière du hockey féminin

Je suis très émotive. C’est incroyable. Je suis tellement contente pour les filles, elles ont tellement travaillé fort. Cette équipe a été incroyable toute l’année !

100 milles à l’heure que ça vaut tous les sacrifices qu’on a faits. C’est juste extraordinaire ce qui se passe. J’admire ça et je suis contente de voir où s’est rendu aujourd’hui. La différence avec les autres championnats, c’est que c’est la ligue professionnelle. Ce qui est arrivé avant, tu n’as jamais eu ça. C’est exceptionnel. J’aurais donné beaucoup pour être sur la glace !

Kim St-Pierre

C’est spécial à vivre. Ça a été une unique incroyable. Quel privilège d’avoir travaillé avec la Victoire cette année. C’est une équipe qui a travaillé tellement fort, toutes les blessures, c’est vraiment spécial de le vivre de l’autre côté.

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On rêvait d’un moment comme ça, on ne pensait jamais pouvoir le vivre, devant une si grande foule. On dirait que je l’ai vécu au ralenti parce qu’on l’a tellement imaginé dans nos rêves que de faire partie de ça, je me sens privilégiée. Et je remercie Danièle, c’est un grand bonheur d’avoir pu travailler avec elle cette année.

Erin Ambrose

Ça fait vraiment du bien. On a trouvé une façon de gagner à chaque fois. Ce qu’on vit en ce moment, c’est pratiquement impossible à décrire.

Au final, perdre le match numéro trois nous a peut-être fait du bien. On en a tiré des leçons. On menait 1-0, puis on a pris les devants 2-0 avec un but en infériorité numérique. On avait un état d’esprit différent. Aujourd’hui, c’était notre journée.

Laura Stacey

À 100 % que ça valait tous les sacrifices. On ne rêvait pas nécessairement de ça précisément, parce que ça n’existait même pas quand on était jeunes, mais que des jeunes puissent voir ça, gagner un championnat au Canada, c’est difficile à battre !

Lina Ljungblom, qui a marqué le quatrième but

Je ne pense pas avoir déjà fait partie d’une équipe gagnante, donc honnêtement, j’ai de la misère à mettre des mots là-dessus. C’est juste incroyable ! Je suis tellement heureuse.

J’avais gagné un championnat quand j’étais plus jeune, mais pas une fois rendue plus vieille. J’ai l’impression d’avoir toujours joué dans des équipes qui perdaient !

J’ai tout oublié de mon but, sauf que c’était une sensation incroyable !

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Amanda Boulier

C’est difficile à mettre en mots, mais je ressens énormément de fierté envers ce groupe. On a traversé beaucoup d’épreuves. Même aujourd’hui, certaines joueuses ne se sentaient pas bien. Mais de réussir à sortir gagnantes de cette façon-là, il y a juste énormément de fierté, et je suis vraiment reconnaissante de faire partie de ce groupe.

Je me rappelle du jour où j’ai été échangée à Montréal. Je me souviens avoir pensé que cette équipe exigeait l’excellence. Que cette équipe voulait toujours gagner. Je savais qu’éventuellement, ça allait arriver.

Alexandra Labelle

C’est spécial. Comme tu vois, j’ai pu de voix. On a traversé tellement de choses en tant qu’équipe. Ce groupe-là a toujours été ensemble, toujours cru en l’une et l’autre. Il y a quelques années, je ne pensais jamais pouvoir rêver gagner la coupe Walter et aujourd’hui je le fais, c’est spécial au boute. Ça justifie encore plus ma décision de signer à Montréal ! Ça prouve qu’avec de la profondeur, on peut gagner !

Noémie Marin (qui avait prédit que son équipe marquerait 4 buts !)

Ce n’était pas une partie de 4-0. Ça a été serré toute la partie, tout comme la série. Je ne sais pas comment le décrire. Ça fait trois ans qu’on travaille pour ça et on l’a enfin. On regarde alentour et c’est vraiment extraordinaire ce que nos athlètes peuvent vivre et les jeunes filles qui s’en viennent aussi, ce qu’elles peuvent rêver de pouvoir faire, c’est vraiment exceptionnel.

Je ne sais pas pourquoi j’ai prédit qu’on marquerait quatre buts ce soir. L’ambiance des filles, nos chances, on était tout le temps proche. Je ne sais pas. J’avais juste un feeling qu’on était pour en compter quatre !

Amy Scheer, VP principale des opérations commerciales de la LPHF

Je trouve ça incroyable qu’une équipe canadienne gagne la coupe. Il y a tellement de joueuses et de légendes avec la Victoire. C’est juste normal que « Captain Clutch », Laura Stacey, Erin Ambrose et plusieurs grandes vedettes du hockey canadien aient pu ramener la coupe à Montréal et au Canada.

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