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La couleuvre de trop pour Guilbeault

Il n’a pas aimé l’accord avec l’Alberta en faveur des pipelines

Photo portrait de Guillaume St-Pierre – analyse

Guillaume St-Pierre – analyse

2025-11-28T05:00:00Z

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OTTAWA | Steven Guilbeault avait déjà avalé plusieurs couleuvres depuis son saut dans le fédéral avec le Parti libéral du Canada. L’accord signé entre Ottawa et l’Alberta, hier, a été la goutte de pétrole de trop.

On se demandait jusqu’où irait Mark Carney pour démanteler le plan climatique ambitieux, mais controversé de Justin Trudeau. Réponse : trop loin pour la conscience environnementale du parti.

Rappelons que, depuis qu’il est premier ministre, Mark Carney a annoncé :

  • L’abandon de l’impopulaire taxe carbone ;
  • La suspension des quotas de véhicules électriques ;
  • L’adoption d’une loi permettant de suspendre des lois environnementales ;
  • Deux projets de gaz naturel.
  • L’entente avec l’Alberta annoncée hier ajoute :
  • L’abandon du plafond des émissions du secteur pétrolier ;
  • La volonté claire de bâtir des pipelines avec l’Alberta ;
  • La fin de l’interdiction de navigation des pétroliers sur la côte de la Colombie-Britannique ;
  • L’élargissement de l’oléoduc Trans Mountain.
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On ne peut pas escalader la tour du CN pour dénoncer l’inaction climatique, comme il l’a fait en 2001, pour ensuite accepter une fois au pouvoir tous ces reculs.

L’ancien militant de Greenpeace avait escaladé en 2001 la tour CN de Toronto pour dénoncer les changements climatiques.
L’ancien militant de Greenpeace avait escaladé en 2001 la tour CN de Toronto pour dénoncer les changements climatiques. Photo d'archives, Canadian Press

Demeurer député

Le divorce était prononcé, même si, pour l’instant, Steven Guilbeault compte demeurer député libéral de Laurier–Sainte-Marie, à Montréal.

Pour le militant, les impératifs économiques imposés par Donald Trump ne doivent pas interrompre la lutte contre les changements climatiques.

Il n’est sans doute pas le seul à penser ainsi parmi les députés libéraux.

Reste à voir si d’autres ministres ou députés choisiront de quitter le navire.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Critique la méthode Carney

Il est intéressant de noter que Steven Guilbeault critique les choix de son gouvernement, mais aussi, par la bande, la méthode Carney.

Ni les Autochtones de la côte ouest de la Colombie-Britannique ni le gouvernement n’ont été consultés, s’indigne-t-il.

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Le premier ministre de la Colombie-Britannique se demandait lui aussi pourquoi il n’avait pas reçu une invitation à la conférence de presse qui s’est tenue hier à Calgary.

Rien n’est joué en Alberta

À l’autre bout du spectre, c’est Noël pour la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, qui demandait sa tête depuis belle lurette.

Cela dit, ce n’est pas demain la veille qu’on assistera à la première pelletée de terre d’un nouveau pipeline.

L’oléoduc Trans Mountain en construction en Alberta, en 2012.
L’oléoduc Trans Mountain en construction en Alberta, en 2012. Photo d'archives, Agence QMI

D’abord, il n’existe aucun promoteur privé sur les blocs de départ.

L’expansion des sables bitumineux est conditionnelle au développement de technologies permettant de capter la pollution durant la production de bitume. Mais ces technologies n’ont pas encore fait leurs preuves.

Et puis la bataille avec la Colombie-Britannique et des communautés autochtones pourrait être épique.

Steven Guilbeault a choisi son camp, et ce n’est pas celui de son propre gouvernement.

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