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Sanctions américaines: la compagnie canadienne Sherritt se retire de Cuba

AFP

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2026-05-07T14:40:24Z
2026-05-07T19:41:23Z

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Le conglomérat militaro-économique Gaesa, qui contrôle une grande part de l’économie de Cuba, et la société minière canadienne Sherritt sont les premières entreprises sanctionnées en vertu d’un récent décret de Donald Trump, a annoncé jeudi le gouvernement américain. 

Le 1er mai, le président américain a signé un décret durcissant les sanctions contre Cuba, affirmant que l’île communiste, située à 150 kilomètres des côtes de Floride, continue de représenter « une menace extraordinaire » pour la sécurité nationale des États-Unis.

En vertu de ce décret, le secrétaire d’État Marco Rubio a fait savoir dans un communiqué que ces deux acteurs clefs de l’économie cubaine faisaient l’objet de sanctions impliquant notamment le gel de leurs actifs aux États-Unis.

Anticipant cette annonce, Sherritt avait indiqué un peu plus tôt se retirer de l’île. « Sherritt a suspendu sa participation directe aux activités de coentreprise à Cuba, avec effet immédiat », a déclaré la société dans un communiqué, précisant avoir pris des mesures pour rapatrier de Cuba ses employés expatriés présents sur l’île.

Sherritt exploite du nickel et du cobalt dans la mine de Moa, située dans la province d’Holguin (est). Elle était engagée depuis les années 1990 dans la coentreprise Moa Nickel S.A. avec l’État cubain.

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Cette entreprise mixte « a exploité les ressources naturelles de Cuba pour bénéficier au régime aux dépens du peuple cubain » et « tire profit d’actifs qui avaient été à l’origine expropriés par le régime cubain à des personnes et des entreprises américaines », a accusé Marco Rubio, farouche critique du gouvernement communiste de La Havane.

Mi-février, Sherritt avait ainsi déjà annoncé la suspension de ses opérations minières à Cuba en raison d’un manque de carburant dû au blocus pétrolier imposé par Washington.

« Élite corrompue » 

« Le gouvernement des États-Unis confirme son intention génocidaire à l’égard de la nation cubaine », a réagi sur le réseau social X, le chef de la diplomatie cubaine, Bruno Rodriguez.

« Son action repose sur la certitude qu’il peut imposer sa volonté au reste des gouvernements du monde, dont les citoyens et les entrepreneurs se retrouvent menacés par la coercition illégitime du gouvernement américain », a ajouté le ministre.

Autre entité sanctionnée, Gaesa, le puissant conglomérat d’entreprises de l’armée cubaine, un acteur majeur de l’industrie touristique sur l’île et d’autres services.

Marco Rubio affirme que le conglomérat, qui gère des hôtels, des supermarchés, des sociétés de communication et de distribution, « est conçu pour générer des revenus non pas pour le peuple cubain, mais pour les bénéfices d’une élite corrompue ».

Une enquête du journal américain Miami Herald, qui a affirmé disposer de documents internes à Gaesa, a estimé que ce dernier disposait de 18 milliards de dollars d’actifs début 2024.

La présidente de Gaesa, Ania Guillermina Lastres Morera, nommée à la tête du conglomérat en 2022, est également visée par Washington.

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Selon le chef de la diplomatie américaine, d’autres sanctions vont être dévoilées « dans les prochains jours et les prochaines semaines. »

Le décret pris par Donald Trump cible en effet des banques étrangères collaborant avec le gouvernement cubain, des personnalités et des entités impliquées dans les secteurs de l’énergie, des mines et d’autres secteurs économiques de l’île.

Le texte prévoit aussi des sanctions contre toute personne reconnue coupable de « violations graves des droits de l’homme ».

Outre l’embargo américain en vigueur depuis 1962, Washington, qui ne cache pas son souhait de voir un changement de régime à La Havane, impose depuis janvier à Cuba un blocus pétrolier, n’ayant autorisé depuis lors l’arrivée que d’un seul pétrolier russe.

Déjà secouée par une profonde crise économique, l’île de 9,6 millions d’habitants a vu son activité quasiment paralysée depuis fin janvier.

Jeudi, des experts de l’ONU ont averti que le blocus pétrolier imposé par les États-Unis relève d’une « privation énergétique » aux « conséquences graves » pour les droits de l’homme et le développement de l’île.

Selon ces experts, qui sont mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, mais ne s’exprimant pas au nom de l’organisation, « ce blocus illégal perturbe non seulement la vie quotidienne, mais porte également atteinte à la jouissance d’un large éventail de droits de l’homme. »

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