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La chute des Expos a commencé avec l’échange de Gary Carter

JdeM
Photo portrait de Marc de Foy

Marc de Foy

2024-09-20T23:00:00Z

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Le 29 septembre 2004, nos Amours jouaient leur dernier match à Montréal. Le Journal vous propose une série de reportages dans le cadre de ce triste vingtième anniversaire du départ de nos Expos pour Washington.


L’opinion générale veut que la grève des joueurs du baseball majeur, en 1994, ait mené au départ des Expos. Pour ma part, je pense que l’échange de Gary Carter aux Mets de New York, survenu 10 ans plus tôt, a marqué le début de la fin de notre équipe bien-aimée.

C’est à ce moment que l’actionnaire de contrôle, Charles Bronfman, a décidé qu’il ne voulait plus jouer le jeu onéreux de ses homologues américains. La surenchère pour s’approprier les meilleurs joueurs de l’industrie lui puait au nez.

Il avait sur le cœur le contrat de 14 millions pour sept ans qu’il avait consenti à Carter, en 1982. Il le lui avait envoyé en pleine face lors d’une rencontre à sa résidence de West Palm Beach pendant l’hiver 1984.

Bronfman n’y était pas allé avec le dos de la cuillère. Il avait dit à Carter qu’il allait aux toilettes lorsqu’il le voyait se présenter au bâton avec des coureurs sur les sentiers.

Cette année-là, pourtant, Carter avait produit 106 points un sommet dans la ligue nationale qu’il partagea avec Mike Schmidt des Phillies de Philadelphie. Il cogna 27 circuits et conserva une moyenne au bâton fort respectable de ,294.

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Getty Images
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Mais rien n’y fit.

Bronfman tenait Carter responsable de la descente des Expos au cinquième rang de la division Est de la ligue nationale, cette année-là.

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Et c’est ainsi que, le 10 décembre 1984, Carter passa aux Mets en retour de Hubie Brooks, Mike Fitzgerald, Herm Winningham et Floyd Youmans.

À contre-courant

À partir de ce moment, les directeurs généraux des Expos ont composé avec des budgets salariaux restreints.

Un strict contrôle des dépenses fut instauré par Bronfman. Les hommes de baseball qui se succédèrent au poste de directeur général sous la direction de Bronfman pendant cette période, de Murray Cook à David Dombrowski en passant par Bill Stoneman, devaient s’y conformer rigoureusement.

Si cette philosophie se voulait responsable, elle allait à l’encontre de la ligne de pensée des propriétaires les plus riches qui dépensaient sans compter.

Au lieu d’être à la recherche d’une perle, les directeurs généraux des Expos devaient fureter le marché des rescapés.

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On a vu notamment passer les impayables frères Perez, Pascual et Carlos, Dennis Oil Can Boyd et Otis Nixon, qui ont quand même rendu de bons services aux Expos.

Le meilleur de ce groupe fut sans contredit Dennis Martinez, qui a conservé une fiche de 100-72 et lancé une partie parfaite pendant ses huit saisons à Montréal.

Le Journal de Montreal
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Trop de monde autour de la table

Le deuxième coup de semonce a été la vente de l’équipe par Bronfman, en 1991, à un groupe d’entreprises du Québec Inc. constitué par Claude Brochu, faute d’acheteurs.

Bien que loin d’être idéale, cette formule par laquelle le sort d’une équipe repose entre les mains de plusieurs gens d’affaires était la seule qui pouvait assurer la survie des Expos.

Les Nordiques sont passés aussi par là lorsque la brasserie O’Keefe, qui détenait l’équipe, a été avalée par la brasserie Molson, en 1988. Comme l’a fait Brochu, Marcel Aubut a formé un consortium constitué de sociétés québécoises pour garder les Nordiques à Québec.

Les Expos ont bien fait en 1992 et en 1993, puis en 1994, leurs jeunes joueurs sont arrivés à maturité. Les Expos revendiquaient la meilleure fiche du baseball (74-40) lorsque le syndicat des joueurs déclencha, le 12 août, une grève qui ne s’est réglée que le 2 avril 1995.

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Les bailleurs de fonds des Expos ont procédé à une purge en règle, exhortant leur commandité Brochu et le directeur général Kevin Malone à liquider les plus hauts salariés de la formation.

Les Marquis Grissom, Larry Walker, John Wetteland et Ken Hill n’étaient plus là lors de la reprise des activités.

Moisés Alou est allé remporter la Série mondiale avec les Marlins de la Floride en 1997. Lors de cette même année, le trophée Cy-Young fut décerné à Pedro Martinez, que les Expos compensèrent en échangeant aux Red Sox de Boston.

Quel beau gâchis!

Plus rien à faire

Aujourd’hui, il ne reste aux gens qui ont connu les Expos que des souvenirs qui se font de plus en plus lointains avec le temps qui passe.

Le fils de Charles Bronfman, Stephen, a bien tenté de ramener une équipe à Montréal. Mais la hausse continuelle des salaires combinée à la valeur exponentielle des équipes a rendu la chose impossible.

L’exercice coûterait au bas mot trois milliards de dollars. Une concession de l’expansion vaudrait à elle seule deux milliards, peut-être plus.

Il n’y aura pas de revenez-y.

Adieu à jamais, nos Z’amours.

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