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La Chine ouvre sa grand-messe politique annuelle

AFP

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2026-03-04T08:27:27Z

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La Chine a ouvert mercredi le grand évènement politique annuel dit des « Deux Sessions » au cours duquel elle dévoilera les objectifs de croissance de la deuxième économie mondiale ainsi que son budget militaire, dans un contexte intérieur et international délicat.

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Des milliers de parlementaires et de représentants de tout le pays se réunissent pendant une semaine à Pékin sous la supervision du président Xi Jinping pour cette grand-messe minutieusement chorégraphiée et fortement médiatisée au cours de laquelle le pouvoir communiste fixera le cap de l’année à venir, mais aussi des cinq prochaines.

Le pouvoir n’a donné aucun signe que la guerre en cours au Moyen-Orient pourrait avoir un impact sur cette séquence de politique intérieure préparée de longue date.

Les experts s’attendent à ce que les Deux Sessions confirment le cap fixé par le président Xi.

Ils scruteront attentivement au Palais du peuple, proche de la place Tiananmen, le moindre signe éventuel de changement politique, y compris dans les implications personnelles. La Chine a vu se poursuivre à l’approche des Deux Sessions les évictions individuelles, y compris de généraux. Le président Xi mène une rigoureuse campagne anticorruption depuis son accession au pouvoir en 2012.

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La capitale, dans la grisaille mercredi avec de la neige dans la matinée, est placée sous haute surveillance policière. Le vol de drones y est totalement interdit.

Aucune part n’est laissée à l’imprévu au cours de cet événement, présenté comme une manifestation de l’écoute accordée au peuple par l’omnipotent Parti communiste. L’adoption des textes ne laisse aucune place au doute. La plupart ont été approuvés en avance par les dirigeants du parti.

Les « Deux Sessions » ont commencé mercredi vers 15h (7h GMT) avec la session en grande pompe de la Conférence consultative politique du Peuple chinois (CCPPC), organe dont le rôle est surtout de faire des suggestions politiques aux parlementaires.

Jeudi s’ouvre la session de l’Assemblée nationale populaire (ANP), parlement monocaméral de 3000 membres que les spécialistes considèrent comme une chambre d’enregistrement.

Le défi de la natalité

Le premier ministre Li Qiang y présentera le rapport d’activité du gouvernement. Il devrait y divulguer l’objectif de croissance (5 % officiellement atteints fin 2025), baromètre de l’ambition chinoise. La Chine représente à elle seule un tiers de la croissance mondiale.

Les experts tablent sur un objectif entre 4,5 et 5 %.

La Chine devrait annoncer le même jour son budget annuel de la défense, face à des défis stratégiques multiples (tensions en mer de Chine méridionale, Taïwan...). Les experts s’attendent à une augmentation comparable à celle des précédents exercices (un peu plus de 7 % depuis 2022).

La séquence sera aussi l’occasion d’adopter le plan quinquennal 2026-2030, un plan de marche capital touchant à l’économie, la technologie, la défense ou encore la démographie.

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Les grandes lignes en ont été tracées en octobre par le Comité central du Parti communiste, dans un document-cadre qui promet un effort redoublé en faveur des hautes technologies émergentes pour transformer l’industrie et assurer une croissance forte.

Il affirme la nécessité de stimuler la consommation intérieure, pour réduire la dépendance aux exportations.

Malgré l’âpre guerre commerciale livrée aux États-Unis en 2025 avant une trêve fragile conclue en octobre, la Chine a enregistré un excédent commercial record de près de 1200 milliards de dollars. Pékin et Washington doivent reprendre les discussions commerciales dans les prochaines semaines et le président Donald Trump est annoncé en Chine début avril.

La Chine peine à recouvrer le dynamisme d’avant la pandémie de Covid-19 (croissance de 6,8 % en 2018, 6,1 % en 2019 selon la Banque mondiale). Son économie continue à subir les effets prolongés d’une grave crise de l’immobilier.

Elle est confrontée à l’endettement des gouvernements locaux, une demande intérieure en berne, des surcapacités de production, des pressions déflationnistes, un fort chômage des jeunes et, à plus long terme, un vieillissement de sa population.

Son taux de natalité est tombé en 2025 à son niveau le plus bas depuis 1949, année de la proclamation de la République populaire.

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