La californienne Cuberg, filiale de Northvolt, pourrait s'implanter au Québec
La grappe aéronautique du Québec pourrait mener la filiale de Northvolt à s'implanter dans la province.


Martin Jolicoeur
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Cuberg, filiale californienne de Northvolt spécialisée dans la fabrication de batteries destinées à l’industrie de l’aviation électrique, pourrait choisir d’implanter ses futures activités manufacturières au Québec.
C’est du moins ce que le cofondateur de Northvolt et président de Northvolt Amérique du Nord, Paolo Cerruti, a déclaré mardi, sans pour autant s’y engager formellement, en marge de son passage sur la tribune de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, à Montréal.
«Nous regardons cela, a-t-il confirmé lors d’une mêlée de presse à la sortie de l’événement. C’est encore très tôt dans le processus. Nous sommes à quelques années [d’une décision], laquelle pourrait probablement survenir durant la deuxième moitié de la présente décennie.»

Établie en banlieue de San Francisco, Cuberg travaille depuis 2015 au développement d’un nouveau système de batterie au lithium-ion, destinée à l’industrie de la mobilité électrique, mais plus spécifiquement à l’aviation.
Northvolt, dont le siège est situé à Stockholm en Suède, en a fait l’acquisition il y a deux ans (en 2021) en se lançant le défi de mener les résultats de ses tests à la phase de commercialisation.
De San Francisco à Mirabel?
À la différence des batteries lithium-ion traditionnelles, adoptées par l’industrie automobile, les batteries développées par Cuberg se démarqueraient par leur grande légèreté, les rendant particulièrement attrayantes pour les avionneurs et l’industrie aéronautique en général.
«Nous prévoyons réserver un espace sur site si nous en venons à considérer qu’il serait logique d’avoir une première usine à échelle industrielle ici, au Québec. Cela ne signifie pas que nous avons pris la décision d’industrialiser Cuberg ici», a répondu le président suédois.

Ce dernier n’a pas précisé si le lieu visé au Québec se trouve sur le terrain actuel de Northvolt, une friche industrielle achetée 240 millions de dollars, à cheval entre McMasterville et Saint-Basile-le-Grand, en Montérégie.
Ou encore, dans les régions des aéroports de Dorval et Mirabel, où sont établies la plupart des grandes entreprises du secteur aéronautique, dont Airbus, Bell Textron, Bombardier, Esterline CMC, Liebherr Aerospace, Safran Group, Thales, et bien d’autres.
Appelé à préciser sa pensée, le président de Northvolt Amérique du Nord a indiqué que la technologie développée par Cuberg était remplie de promesse, mais demeurait encore inaccessible pour la plupart.
«Pour cette raison, on va commencer par viser l’industrie de niche, moins sensible aux coûts. Et nous tourner progressivement par la suite vers des marchés plus larges.»
Pas d’inquiétude
Mardi, le cofondateur de Northvolt a cherché à se montrer rassurant quant à la viabilité de son projet de méga-usine sur la Rive-Sud de Montréal, en cette période de ralentissement de la filière batterie aux États-Unis.

Face à une demande plus faible que prévu des consommateurs, de grands noms de l’automobile américaine comme Ford, General Motors et Tesla ont mis en veilleuse ces derniers mois leurs projets de croissance de leur capacité de production de véhicules électriques.
En réaction, de grands manufacturiers de batteries électriques, comme la coréenne LG Energy Solution ont rapidement réduit leur production, procédé à des centaines de mises pied et suspendu leurs investissements aux États-Unis.
En réponse à une question du Journal, Paolo Cerruti a soutenu que ces développements n’affecteraient pas la réalisation ni l’importance de son projet d’usine en terre québécoise.
Aides de Québec et d'Ottawa
Ce dernier prévoit, rappelons-le, la construction d’une usine de batteries pour véhicules électriques, d’une valeur de 7 milliards (G$).
Québec s’est engagé à injecter 1,4G$ d’aides publiques au projet et à ajouter 1,5G$ d’incitatifs supplémentaires si la production va bon train.
Pour sa part, Ottawa s’est engagé à contribuer au projet à la hauteur de 1,3M$ et à ajouter jusqu’à 3,1G$ pendant la production.