La Caisse éclaboussée en Inde dans une affaire de harcèlement sexuel allégué
Une firme contrôlée par le bas de laine des Québécois rabrouée pour avoir rejeté expéditivement une plainte de harcèlement sexuel


Jean-François Cloutier
Partager
Une firme contrôlée par la Caisse de dépôt et placement du Québec vient de se faire rabrouer en Inde pour sa gestion interne calamiteuse d’une plainte pour harcèlement sexuel visant notamment un de ses hauts dirigeants.
« En lisant les allégations du recours, il apparaît très clair que la plaignante travaillait dans un environnement très malsain, stressant et inconfortable », a estimé un juge indien de la Cour industrielle de Mumbai, dans une décision rendue au début mai.
L’affaire remonte en 2023. Une employée dépose alors une plainte formelle au Comité de conformité et d’éthique de la CPDQ et au conseil d’administration de la Caisse, à Montréal. La femme se disait sous pression et harcelée notamment par un actuel directeur à la Caisse, selon le profil LinkedIn de ce dernier.
Ce cadre lui aurait notamment passé ces remarques : « mon univers est plus grand » et « tu es en-dessous de moi », selon ce qui a été cité dans la décision.
Un autre employé de la même firme lui aurait aussi fait savoir que son rôle était de « garder heureux [le cadre en question] à tout prix », qu’elle devait l’appeler « 10 à 15 fois par jour » et qu’elle devait comprendre les « signes ».
Avances alléguées
Ces commentaires démontreraient selon elle l’existence d’un environnement de travail toxique et d’avances déraisonnables.
Mais n’ayant pas reçu de réponse, elle aurait déposé une plainte au ICC, soit le Internal Complaints Comittee (comité des plaintes interne), de la firme indienne où elle travaillait, selon la décision.
Deux jours après et 20 minutes seulement après avoir reçu un accusé réception, la plaignante affirme avoir été avisée que sa plainte était rejetée sous prétexte qu’elle ne contenait pas d’« élément de harcèlement sexuel ».
La plaignante se serait aussi plainte de la situation à deux autres cadres, qui n’auraient pas agi, selon ses allégations. Ces plaintes répétées auraient fait en sorte qu’elle aurait été poussée vers la sortie et contrainte de démissionner, selon elle.
Or, la Cour industrielle de Mumbai vient de donner raison à cette employée, qui jugeait que sa plainte avait été rejetée de manière expéditive.
Obligatoire d’enquêter
Le juge a estimé que ces comportements allégués pourraient être considérés comme du harcèlement sexuel et qu’ils méritent un examen approfondi. Il est même obligatoire, selon la loi indienne, d’enquêter dans ce genre de dossier.
Le juge ordonne donc au comité interne de refaire son travail et de mener une enquête sérieuse sur les allégations de la plaignante.
L’affaire doit être entendue sur le fond à une date ultérieure.
Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?
Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.