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Rémunération des patrons: la Caisse critique Bombardier et Gildan

Photo portrait de Sylvain  Larocque

Sylvain Larocque

2021-06-22T04:00:00Z

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Bombardier et Gildan ont subi les foudres de la Caisse de dépôt à propos de la rémunération de leurs hauts dirigeants, mais pas SNC-Lavalin.

Le mois dernier, la Caisse a voté contre la politique de rémunération des grands patrons de Bombardier.

Dans un commentaire publié sur son site web pour expliquer son vote, la Caisse a dénoncé les changements que Bombardier a apportés à sa politique en février 2020, dans la foulée de la vente de sa division ferroviaire à Alstom. Ces modifications ont eu pour effet de bonifier les bonis et les indemnités de départ versés à certains hauts dirigeants, dont l’ex-PDG Alain Bellemare.

« Ces éléments de rémunération sont jugés excessifs », a tranché la Caisse.

Rappelons que M. Bellemare a eu droit à un « arrangement de départ » de 16 millions $ lorsqu’on lui a montré la porte, en mars 2020, tandis que deux autres anciens dirigeants, David Coleal et John Di Bert, sont partis avec 3,4 et 4 millions $ respectivement. Un autre, Steeve Robitaille, est parti en décembre avec une somme inconnue. 

« Habituellement, la Caisse n’y va pas aussi raide qu’on voudrait, mais quand elle réagit, généralement, elle ne se trompe pas, donc on est heureux de ça », a commenté hier Willie Gagnon, directeur du MÉDAC.

Indulgente envers SNC-Lavalin

La Caisse s’est par ailleurs élevée contre les émoluments versés au grand patron du fabricant de vêtements montréalais Gildan, Glenn Chamandy. Ce dernier a gagné plus de 20,5 millions $ en 2020, soit plus de deux fois ce qu’il avait reçu en 2019. De son côté, le chef des finances, Rhodri Harries, a touché 9,7 M$, contre 2,5 M$ en 2019.

Ces rémunérations sont « excessives face à la performance de la société pour l’exercice 2020 », a estimé la Caisse.

Le conseil d’administration de Gildan « prend très au sérieux le point de vue des actionnaires et tiendra compte des résultats de leur vote lors de l’examen des décisions de rémunération futures », a assuré une porte-parole de l’entreprise, Geneviève Gosselin.

L’institution n’a toutefois rien trouvé à redire sur la rémunération de plus de 8 M$ consentie au PDG de SNC-Lavalin, Ian Edwards, soit davantage que son prédécesseur, alors que l’entreprise a fini 2020 dans le rouge.

« Les programmes de rémunération [de SNC] favorisent le lien entre la rémunération des dirigeants, les résultats de l’entreprise et les gains qui en découlent pour les actionnaires », a soutenu la Caisse.

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