La bonne nouvelle du jour

Jean-Charles Lajoie
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Jean-François Houle demeure l’entraineur-chef du Rocket de Laval : à la rubrique «la bonne nouvelle du jour», c’est celle-ci.
À 49 ans et après trois campagnes derrière le banc de l’équipe école du Canadien, Houle reçoit un vote de confiance de plusieurs saisons de la part de John Sedgwick, directeur général du Rocket, mais aussi de Jeff Gorton et Kent Hughes, les meneurs de l’organigramme hockey du CH.
Il peut donc enfin dire qu’il est l’homme de Gorton et Hughes, qui ne sont pas ceux qui l’avaient embauché pour ce job.
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La fiche de Houle, après trois saisons derrière le banc, est enviable : 105-86-25. Deux fois, son équipe est entrée en séries de fin de saison. Au printemps 2022, personne n’a oublié la demie finale de la Coupe Calder que le Rocket a chaudement disputée.
Mais voilà, que veut une organisation de la Ligue nationale en provenance de son équipe réserve? Quelle est la commande exactement?
Je ne doute aucun instant que certains directeurs généraux exigent des résultats sur la glace de leur club école. Ils sont de la trempe de ceux qui croient fermement qu’il n’y a pas de développement efficace sans victoire, que pour apprendre à gagner il faut apprendre à perdre, mais qu’il faille aussi gagner tout court.
Jeff Gorton et Kent Hughes semblent avoir une tout autre idée du développement. Difficile d’imaginer que l’on ait pu remercier Houle sur la base de ses résultats quand à Montréal, on se gargarise et on se félicite de la qualité du développement des joueurs de l’organisation qui pourtant, depuis trois ans, ne produisent que des choix de repêchage top cinq... autrement dit qui ratent les séries et pas à moitié.
Une notion tout à fait défendable ici : je ne condamne pas la stratégie des penseurs du Canadien, je dis juste que s’ils veulent être conséquents, ils n’avaient d’autre choix que de reconduire Houle dans ses fonctions puisqu’à défaut de remporter la grande finale des séries de la Ligue américaine, Jean-François travaille efficacement, voire minutieusement, au développement des joueurs qu’il a sous la main.
En fait, c’est Martin St-Louis lui-même qui a reconnu à quelques reprises l’excellence du travail de Jean-François en disant publiquement combien il était satisfait de constater qu’un joueur rappelé de Laval arrivait très bien préparé, très bien développé à Montréal. Ni plus ni moins qu’un vote de confiance de la part du coach en chef de l’équipe première envers Houle.
Dans la «A», tu ne travailles pas avec beaucoup de véritables espoirs de la Ligue nationale. Mais Houle en a eu quelques-uns sous son aile. Logan Mailloux en est un exemple frappant. Le grand droitier a connu une saison extraordinaire et sous le signe de la progression. Ses courbes d’apprentissage et de progression ont été fulgurantes. Le gaillard est fin prêt pour la Ligue nationale, il y connaitra une grande et belle carrière et celle-ci aura commencé sous les bons conseils de Jean-François Houle.
Pourquoi un tel délai?
Alors, pourquoi est-ce que le CH a mis autant de temps à confirmer Houle dans ses fonctions ? À lui assurer plusieurs années de contrat? On ne le saura probablement jamais, ce qui permet un peu de spéculations.
D’abord, Laval est une destination de rêve pour un jeune entraineur-chef qui veut atteindre la Ligue nationale.
La grosseur du marché et la présence médiatique quotidienne assurent au candidat une visibilité en valeur ajoutée. Le coach du Rocket est présent dans les médias nationaux qui couvrent aussi le grand club.
Les installations de la Place Bell sont premium, dignes d’un marché de la Ligue nationale. Le public est au rendez-vous, les gradins sont pleins. Les joueurs sont tenus loin de la morosité des ligues mineures à Laval. Ils évoluent à 20 minutes de métro du Canadien de Montréal dans une ambiance digne des meilleurs marchés des grands circuits professionnels européens.
Tous ces éléments me portent à croire que plusieurs coachs frappent à la porte du Canadien pour diriger le Rocket. Je pense aussi que le CH a eu une réflexion digne de celle de Julien Brisebois à Tampa Bay il y a un an : « est-ce que J-F va relever Martin St-Louis lorsque celui-ci va partir ?»
Julien a répondu à cette question concernant Benoit Groulx et Jon Cooper et il a rencontré Benoit pour mettre un terme à son mandat à Syracuse.
Est-ce que Gorton et Hughes croient avec cette nouvelle entente que J-F Houle est officiellement le dauphin de Martin St-Louis? Si vous m’obligez à répondre, je vais affirmer que non, ils ne le croient pas.
Mais ils croient Houle capable de bien développer leurs jeunes joueurs pour encore quelques saisons et ils seront nombreux, les bons espoirs à Laval, dans les prochaines campagnes, ce n’est donc pas une petite décision que l’état-major du Canadien vient de prendre.
Enfin, si les Voltigeurs de Drummondville avaient continué de jeter le hockey junior canadien par terre en gagnant la Coupe Memorial, est-ce que l’on serait devant la même bonne nouvelle pour Jean-François Houle, ce soir, ou bien si Sylvain Favreau ne s’apprêterait pas à devenir le nouveau coach en chef du Rocket?