La blessure de Kirby Dach aurait pu être évitée

Antoine Roussel
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La blessure qu’a subie Kirby Dach le week-end dernier devrait servir de rappel à Kirby Dach lui-même ainsi qu’à tous les joueurs de la Ligue nationale de hockey.
Au hockey, tu as deux types de blessures. Celles que tu ne peux pas éviter, comme la fracture de la cheville dont Alex Newhook a souffert en tombant dans la bande.
Ça, c’est de la malchance.
Et il y a celles que tu peux éviter, comme celle de Dach, qui s’est fracturé un pied en bloquant un tir.
Je me rappelle, quand je commençais à jouer avec les Stars de Dallas, j’avais eu une conversation avec Vernon Fiddler. Le gars a disputé presque 900 matchs dans la LNH.
Il m’avait dit: «Antoine, tu ne veux pas manquer des matchs à cause d’un pied cassé ou d’une blessure comme ça. Parce que quand tu manques des matchs pour des affaires comme ça, c’est à un autre joueur que tu donnes la chance de se faire valoir.»
Quand je jouais avec la filiale des Stars dans la Ligue américaine de hockey, l’équipe avait obligé tous les joueurs à porter des shot blockers (des bloqueurs de tirs ou des protecteurs de patin). C’est une pièce d’équipement qui sert justement à éviter ce type de blessure.
Mon shot blocker a explosé
Rendu dans la LNH, les Stars ne pouvaient plus forcer les gars à en porter. Ils pouvaient seulement le leur recommander fortement. Mais moi, j’ai continué à le faire.
Certains ne voulaient pas, ils trouvaient ça trop gros. Je les comprends. Mais ç’a tellement évolué, le confort des pièces d’équipement, et les préposés des équipes font un travail exceptionnel pour accommoder les joueurs.
Et une chance que j’ai continué à les porter, mes shot blockers.
Une fois, avec les Stars, on affrontait les Bruins de Boston. On était en fin de match et il y avait une mise au jeu dans notre territoire.
Les Bruins la remportent et la rondelle se retrouve sur le bâton de Zdeno Chara, le joueur qui, je le rappelle, a déjà décoché un tir à 108,8 mph (presque 174 km/h) au concours d’habiletés.
Chara lève son bâton et moi, je suis devant lui. Je n’ai pas le choix de le bloquer, son tir.
La rondelle aboutit sur mon patin et mon shot blocker éclate. Ça m’a résonné dans le pied pendant trois minutes. J’ai dû retourner au banc.
Si je n’avais pas eu de protection, mon pied aurait eu l’air d’avoir été passé au malaxeur.
Payant... si tu restes en santé
Je ne blâme pas le pauvre Dach, qui en plus connaissait de bons moments, dernièrement, après tous ses problèmes des dernières saisons.
Des blessures, ça peut survenir même avec de l’équipement de protection. Bloquer des tirs, ça fait partie du jeu défensif. C’est ce qui est demandé.
Si tu ne le fais pas, tes coéquipiers vont te regarder croche. Si danses du flamenco devant un lancer pour l’éviter, tu vas être la star de la séance vidéo du lendemain, et crois-moi, ce n’est pas le genre de vedettariat que tu recherches.
Et il y a des joueurs pour qui c’est payant, de bloquer des tirs. Surtout chez les défenseurs. Anton Volchenkov a fait sa carrière avec ça.
Mais son ancien coéquipier chez les Sénateurs d’Ottawa Jason Spezza m’a déjà raconté que chaque pièce de son équipement était analysée afin qu’elle couvre parfaitement son corps.
Parce que c’est payant de bloquer des tirs si tu restes en santé. Vladislav Gavrikov en a stoppé plus de 100 par année au cours de ses quatre dernières saisons, dont 140 en 2024-2025, selon MoneyPuck.
Les Rangers de New York lui ont accordé un contrat de sept ans et 49 M$.
La blessure de Dach doit donc servir de rappel à tous les joueurs: les gars, c’est court, une carrière dans la LNH. Assurez-vous donc de ne pas manquer des matchs en raison de blessures que vous auriez pu éviter.
–Propos recueillis par Jessica Lapinski