La Banque du Canada a décidé de ne pas toucher à son taux d’intérêt, le laissant à 2,25 %, et préfère attendre de voir comment la situation en Iran évoluera.
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Elle a toutefois envoyé un message clair : si la hausse des prix du pétrole à l’échelle mondiale finit par faire remonter l’inflation, elle sera prête à intervenir et ajuster ses taux rapidement.
« Plus le conflit dure longtemps et plus il s’étend, plus les risques sont grands. Le Conseil de direction va regarder au-delà de l’impact immédiat de la guerre sur l’inflation, mais si les prix de l’énergie demeurent élevés, nous ne laisserons pas leurs effets se généraliser et se transformer en inflation persistante », a déclaré Tiff Macklem, président de l’institution.
L’issue de la renégociation de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) demeure également incertaine.
« Nous savons que l’inflation va augmenter à court terme. Nous avons tous fait le plein d’essence, nous avons vu les prix à la pompe, cela va se répercuter » sur les chiffres de l’inflation, a-t-il ajouté.
En position « confortable »
« L’inflation récemment a été faible et le marché du travail aussi s’est détérioré au Canada, on a perdu environ 110 000 emplois en janvier et février, ce qui est un renversement du quatrième trimestre qui avait été très bon. Donc, la Banque du Canada est dans une position confortable en ce moment à 2,25 % », analyse pour sa part l’économiste Sébastien Mc Mahon, stratège en chef au groupe financier IA.
Dans ses remarques préliminaires, la Banque a aussi mentionné qu’elle continuait de s’attendre « à ce que l’économie canadienne progresse modestement pendant qu’elle s’ajuste aux droits de douane américains et à l’incertitude entourant les politiques commerciales ».
La banque centrale explique que « les données récentes laissent croire que la croissance à court terme sera plus faible que ce qui était prévu en janvier ».
Depuis son retour au pouvoir, le président américain, Donald Trump, a multiplié les déclarations hostiles contre le Canada ainsi que les attaques commerciales et économiques, allant jusqu’à déclarer à plusieurs reprises qu’il fallait en faire le 51e État américain et à le menacer de droits de douane de « 100 % » en cas d’accord commercial avec la Chine.
« Dans ce contexte général, le Conseil de direction a décidé de maintenir le taux directeur à 2,25 % », conclut la Banque du Canada, insistant sur les « risques [...] plutôt baissiers » pesant sur la croissance.
Des hypothèques variables avantageuses
Si le maintien prolongé des taux n’apporte aucun soulagement aux acheteurs immobiliers qui attendent une baisse des taux, ceux qui ont déjà un prêt hypothécaire à taux variable continueront de bénéficier d’une stabilité durable, souligne Philippe Simard, directeur hypothécaire au Québec chez Ratehub.ca.
« Selon le type de prêt hypothécaire à taux variable que vous détenez, ni votre versement mensuel ni la part de ce versement consacrée au service de la dette ne changeront », ajoute-t-il.
Les taux variables – actuellement à 3,35 % – demeurent à leur niveau le plus faible depuis l’été 2022.
La Fed aussi en attente
La Réserve fédérale américaine a également décidé mercredi de ne pas modifier ses taux d’intérêt, qu’elle maintient entre 3,5 % et 3,75 %.
Elle prévoit toutefois procéder à une seule baisse de taux en 2026.
Il est à noter que la Fed fixe une fourchette (ex. : de 3,5 % à 3,75 %) plutôt qu’un chiffre précis. Ensuite, elle utilise des outils (réserves, opérations de marché...) pour que le taux réel reste à l’intérieur de cette zone.
La Banque du Canada annonce quant à elle un taux directeur unique (ex. : 2,25 %). Mais, en réalité, elle fonctionne aussi avec une petite fourchette implicite, le taux annoncé étant simplement le point central de ce corridor.
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