L'une des plus profondes transformations de la LNH

Jean-Charles Lajoie
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La Ligue nationale de hockey vit véritablement une profonde transformation.
Peut-être même une des plus importantes de son histoire...
L’instauration du plafond salarial a mis du temps, mais cette règle a fini par provoquer une refonte des structures et stratégies des architectes des équipes de la Ligue nationale, les directeurs généraux...
D’ailleurs, ils travaillent tous désormais avec, appelons-les des ingénieurs, pour les besoins des analogies. Ces spécialistes des chiffres qui s’assurent que les équipes utilisent à bon escient les dollars disponibles sous le plafond salarial, ou encore les dollars rendus disponibles par les actionnaires des équipes.
Toujours est-il que la principale révolution que cela a provoqué est au niveau du développement des jeunes joueurs.
L’époque du stage systématique de deux, trois ou quatre ans dans la Ligue américaine pour tout le monde sauf quelques élus exceptionnels est révolue...
Désormais, certaines équipes choisissent même un espoir au repêchage en fonction de sa courbe de progression anticipée davantage qu’en fonction de son réel potentiel à long terme.
Ces kids qui explosent sur toutes les glaces de la Ligue nationale sont spectaculaires. Ils sont rapides et créatifs. Ils font des choses avec la rondelle que l’on n’imaginait pas possibles même dans les grandes années des Gretzky et Lemieux...
Le revers de cette médaille est qu’ils ne sont pas très assujettis à un développement lent basé sur le principe de bien apprendre toutes les notions d’un match de hockey, entre autres bien se comporter sans la rondelle.
Leur marge d’erreur en défensive est donc plus grande mais ils ne s’en soucient pas, car ils savent qu’ils vont pouvoir exploiter la même lacune chez leur adversaire et en engraisser au passage leur fiche personnelle.
Ces kids ont 25 ans à peine et ce sont eux qui détiennent le pouvoir démographique dans la Ligue nationale de hockey.
Ils sont le présent et l’avenir de la ligue. Les équipes se les arrachent et n’hésitent pas à leur consentir des ententes de six, sept, huit ans à plusieurs millions par saison autour de l’âge de 23 ans.
Quinn Hughes domine les pointeurs de la Ligue. Il vient à peine de fêter ses 24 ans. Qui plus est, c’est un défenseur qui caractérise la nouvelle norme dans la Ligue nationale. Si tu défends, tu te dois d’avoir des aptitudes offensives, d’être capable de flairer les opportunités, d’avoir la rapidité et la dextérité pour jumper dans l’attaque afin de la supporter et de revenir à temps pour bien défendre si ton club perd possession de la rondelle.
Dans le temps, ce type de défenseur était l’exception qui confirmait la règle des gros défenseurs robustes qui restaient à la maison.
Aujourd’hui, ces gars-là sont devenus l’espèce en voie de disparition...
À Vancouver, Hughes botte des derrières en compagnie d’Elias Pettersson, qui vient tout juste d’avoir 25 ans... et qui est troisième pointeur de la Ligue.
Cale Makar au Colorado vient juste d’avoir 25 ans. Jesper Bratt des Devils aussi en juillet dernier.
Dans le top 10 des marqueurs de la Ligue nationale, Artemi Panarin est l’intrus à 32 ans, Nikita Kucherov et J.T. Miller, eux, ont eu 30 ans avant que ne débute l’actuelle campagne.
La fameuse transmission du flambeau qui caractérise et met souvent en scène l’histoire du Canadien de Montréal, elle a eu lieu dans la Ligue nationale de hockey...
La passation du pouvoir s’est exercée, il y a eu une mutation importante.
Joe Thornton et Paul Stastny sont finalement à la retraite. Niklas Backstrom et Carey Price ne rejoueront probablement jamais plus dans le circuit Bettman. Des gars comme Zack Kassian raccrochent à bout de souffle, lents et désormais totalement inutiles...
La Ligue nationale de hockey vit une transformation aux allures de révolution. Elle est de plus en plus une ligue U-25 permettant quelques vieux vétérans aux formations de ces équipes...
À vous de juger si ça fait votre affaire ou non ?