L'organisation déculottée devant tout le monde

Jean-Charles Lajoie
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Contre les Flames, on était en droit de s’attendre à une «varlope» puisque les deux mardis précédents, le Canadien en avait encaissé une sincère chaque fois. Mais qui aurait pu prédire, à part Elon Musk, que la «varlope» serait celle de Donald Trump à l’endroit de Kamala Harris...
Le Canadien a amorcé avec force et vigueur ce duel face à Calgary. Les Flames travaillent, mais dans les faits, font ce qu’ils peuvent. Ils sont en quelque sorte en reconstruction, comme le CH.
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Tant mieux, car le Canadien avait bien besoin de ne pas perdre un quatrième match de suite pour une deuxième fois après seulement 13 rencontres.
Et bien non. Le karma a frappé. Encore.
Montréal n’a pas su protéger sa mince avance d’un but en fin de troisième période. Pire, l’égalité fut créée sur une confusion défensive de deux des meilleurs éléments dans ces circonstances, Jake Evans et Kaiden Guhle. Une illustration claire et précise de la défaillance du système de Martin St-Louis.
Une séquence grossière qui a baissé les culottes de toute l’organisation devant 21000 spectateurs et quelques centaines de milliers de téléspectateurs.
Je m’excuse, mais le personnel d’entraineurs du CH ne fait pas ce qu’il faut, actuellement.
Je ne sais pas qui fait la tête dure à ce point, qui refuse de voir ce qui crève les yeux des aveugles à savoir que ce système hybride, cette lubie prétendument inventive n’a de génie que de réussir à étourdir les meilleures têtes de hockey défensives d’Amérique.
Les joueurs adorent Martin St-Louis, c’est parfait comme ça. Moi, mon job consiste à soulever des questions et soumettre des hypothèses en absence de réponses.
En début de saison, Jeff Gorton et Kent Hughes estimaient que Martin St-Louis devait «apprendre à déléguer davantage»...
Se peut-il que la décision de travailler à trois plutôt que quatre derrière le banc soit celle de Martin? Se peut-il que l’absence d’un vétéran coach avec du «millage» de Ligue nationale aux côtés de Martin soit aussi sa décision? Se peut-il que le système défensif hybride auquel on semble s’accrocher comme une mouette s’accroche à une frite du PFK soit également une décision de Martin?
Si on répond oui à une majorité de ses simples questions, se peut-il alors que le coach soit têtu?
Plusieurs responsables
Cela dit, je refuse catégoriquement d’accuser Martin St-Louis seul pour les malheurs du Canadien.
Ses patrons refusent de soumettre des vétérans comme Christian Dvorak ou Josh Anderson ou Joel Armia au ballottage dans le but de les retourner à Laval. Ils viennent à peine de convenir que le développement d’Oliver Kapanen passe par la Suède et non par la Ligue nationale.
Se peut-il aussi qu’ils demandent au coach de laisser Mike Matheson sur la première vague du jeu de puissance dans le but de protéger sa candidature à une transaction à la date limite?
Autrement dit, malgré ses ambitions et son apparent individualisme dans sa façon de mener son groupe, St-Louis doit quand même composer avec les aléas d’une organisation et de deux patrons hockey qui veulent aussi sentir qu’ils servent à quelque chose dans le plan.
Des fois, à trop penser, on hésite et on prend les mauvaises décisions. C’est vrai dans le feu de l’action sur la glace et c’est vrai, aussi, en comité de direction lorsque vient le temps de prendre des décisions évidentes.
Et si j’ai tort, alors expliquez-moi ce que foutent encore Joshua Roy, Alex Barré-Boulet, Luke Tuch et Logan Mailloux à Laval? Et expliquez-moi ce que foutent encore Anderson, Dvorak, Armia et même Emil Heineman avec une équipe première à Montréal qui ne va nulle part?!