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L’olympien Marc Gagnon est élogieux à l’égard de son protégé: «S’il continue comme ça, il va devenir l’un des grands patineurs de l’histoire»

Photo International Skating Union
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2024-12-18T21:03:13Z

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Ça ne dure que depuis deux mois, diront certains, mais la domination du patineur de vitesse courte piste William Dandjinou est impressionnante.

En 12 courses individuelles sur le circuit mondial depuis le début de la saison, le patineur natif de Sherbrooke compte six victoires et deux médailles d’argent. Il a ajouté trois médailles d’or et deux de bronze dans les relais, réussissant un record du monde au 2000 m mixte au passage. Il trône au sommet du classement individuel avec une confortable avance dans la course au Globe de cristal.

Photo International Skating Union / Getty Images Richard Boutin
Photo International Skating Union / Getty Images Richard Boutin

«William est en train de devenir l’un des meilleurs patineurs au monde et de marquer l’histoire», a affirmé l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne Marc Gagnon, qui en a vu, des patineurs, au cours de sa carrière. «S’il continue comme ça, il va devenir l’un des grands patineurs de l’histoire.»

Champion du monde sur 1000 m, vainqueur du classement cumulatif de la Coupe du monde sur 1500 m et troisième dans la course au Globe de cristal l’an dernier même s’il a raté une étape en raison d’une commotion cérébrale, Dandjinou avait déjà démontré qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs de la planète, mais il a franchi une nouvelle étape cette année lors des quatre premières étapes de la saison.

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«Sa rigueur, son talent et ses capacités physiques expliquent ses succès», explique Gagnon, qui compte cinq médailles olympiques à son palmarès, dont trois d’or. «Il ne laisse rien au hasard. Depuis cinq ans, on savait que ce genre de performances allait arriver. Il fallait seulement attendre à quel moment ça se produirait.»

Les deux pieds sur terre

Très heureux de sa première moitié de saison, le patineur de 23 ans garde les deux pieds sur terre. «Je ne me vois pas du tout comme un intouchable, a-t-il souligné. Tu devrais me voir dans la chambre d’appel avant le 1500 m, qui est l’épreuve où j’ai connu du succès le plus rapidement. Je suis très stressé et je ne me dis pas: “On se voit en finale les amis.”»

«Je ne me sens pas dominant, de poursuivre l’étudiant en sciences de la nature au Collège de Maisonneuve. Il n’y aucune course où je me dis que ça va être facile. Ce n’est pas dans ma personnalité de prendre les choses à la légère et j’ai encore beaucoup de choses à prouver. Je suis encore affamé.»

Éclosion en 2023 aux essais nationaux

Dandjinou a vécu sa véritable éclosion en 2023. «Toutes les pièces étaient là et le casse-tête s’est mis en place lors des sélections en janvier 2023, a-t-il illustré. J’ai consolidé mes performances l’an dernier et je suis fier de mes résultats cette année. Je suis content de mes victoires, mais c’est la façon dont je gagne qui me satisfait le plus.»

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«Je n’ai plus 19 ans, d’ajouter Dandjinou. J’ai gagné en maturité, je me suis développé physiquement et mentalement. Je prends de meilleures décisions sur la glace.»

Encore loin de son plein potentiel

À 14 mois des Jeux olympiques de Milano Cortina, tous les espoirs sont permis pour Dandjinou, qui avait été le patineur laissé de côté à Pékin en 2022. Il est loin d’avoir atteint son plein potentiel selon les principaux intéressés.

«Il y a plusieurs choses que je peux corriger, a expliqué Dandjinou. Je commets plusieurs erreurs et c’est motivant de voir que je peux encore m’améliorer. Ma sélection olympique est loin d’être faite. Nous avons une équipe solide et tout le travail qu’on fait ensemble aura un impact sur les Jeux.»

«Il y a de la place partout pour s’améliorer, mais il doit rester dans l’état d’esprit actuel, de renchérir Gagnon. Il peut s’améliorer sur les plans physique, mental et tactique. Je n’ai aucune crainte au sujet de son attitude et c’est à nous aussi, les entraîneurs, de le garder motivé.»

Gagnon note une amélioration significative au 500 m, où son protégé pointe au deuxième rang au classement cumulatif derrière son coéquipier Steven Dubois. «William a maintenant les aptitudes pour gagner les trois épreuves, a-t-il affirmé. Le 500 m est la course la plus difficile parce que tu dois prendre des décisions très rapides. Il a fait peu de 500 m l’an dernier. Il peut s’améliorer encore beaucoup. Je ne suis pas stressé. Il sera prêt pour le 500 m olympique.»

Les patineurs dominants ne sont pas légion et ceux qui peuvent aspirer à la plus haute marche du podium dans les trois épreuves le sont encore moins. «C’est encore plus difficile cette année parce que les courses sont condensées, a expliqué Gagnon. Avec le nouveau format, le 500 m est disputé seulement 30 minutes après le 1500 m, mais William possède une grosse capacité physique et de récupération.»

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