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L'incroyable ascension de Marina Stakusic, la nouvelle jeune étoile du tennis canadien

Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2023-11-22T18:06:35Z

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À 18 ans, bientôt 19, Marina Stakusic a tout d'une jeune adulte tout à fait normale. Elle aime passer du temps avec sa famille, avec ses amis. Aller au cinéma, faire du vélo.

Pourtant, Stakusic n'a rien d'une jeune adulte normale, et surtout pas quand elle a une raquette de tennis entre les mains. Sa performance étincelante lors de la victoire historique du Canada à la Coupe Billie Jean King, il y a 10 jours, l'a propulsée au rang de nouvelle jeune étoile de ce sport au pays. 

Marina Stakusic.
Marina Stakusic. Photo AFP

Il ne faut bien sûr pas s'emballer trop vite dans ce sport où il est si difficile d'accéder à l'élite, mais il n'en demeure pas moins que l'histoire de la joueuse de Mississauga est aussi incroyable qu'inspirante. 

Pendant six mois, cette année, elle a été forcée de rester loin de la compétition en raison d'une blessure à un genou, un mal qui l'a inquiétée par moment. 

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Mais à son retour, Stakusic a commencé à faire résonner son nom sur le circuit ITF, dans l'antichambre de la WTA. À compter de septembre, la jeune joueuse a raflé trois titres en cinq épreuves. 

Trois victoires sur des top 100

Ces performances ont incité la capitaine canadienne, Heidi El Tabakh, à demander à la réservée Marina de se joindre à son équipe pour la finale de la Coupe Billie Jean King. 

Et comme la victoire engendre souvent la confiance, et que la confiance engendre souvent la confiance, Stakusic s'y est présentée le couteau entre les deux.

Photo AFP
Photo AFP

En tant que numéro 2 canadienne, derrière Leylah Fernandez, Stakusic a largement contribué à ce premier triomphe canadien en 60 ans. Pendant la semaine, elle a battu trois joueuses qui figurent parmi les 100 premières au monde. Dont l'Italienne Martina Trevisan, alors 43e, lors du premier match de la grande finale. 

Ses trois premières victoires à vie contre des rivales aussi bien classées. L'Ontarienne, elle, occupe le 265e échelon sur la WTA.

«Je commence à retomber un peu de mon nuage», a-t-elle lancé avec un grand sourire, mercredi, lors d'une conférence téléphonique. 

«Parce que pendant plusieurs jours, je ne comprenais toujours pas ce qui s'était passé!» a-t-elle ajouté.

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Marina Stakusic et Heidi El Tabakh.
Marina Stakusic et Heidi El Tabakh. Photo AFP
Un calme désarmant

Mais si elle a été dépassée par la portée de l'exploit auquel elle a contribué, Stakusic n'a jamais été submergée par le défi qui s'offrait à elle à Séville, en Espagne. 

Un fait qui n'a rien de surprenant si l'on se fie à l'entrevue qu'a donné à La Presse Canadienne Mike Thompson, qui l'a entraînée chez les juniors et qui des souvenirs de la jeune Marina quand elle n'avait que huit ans. 

«Rien ne la perturbait. Elle ne s'est jamais énervée sur un court de tennis. Le tennis est un jeu tellement mental. Il faut toujours garder son sang-froid», l'a-t-il louangée, tout en soulignant sa superbe technique de frappe: «Chaque fois, le contact se faisait au milieu de la raquette.»

Félix Auger-Aliassime et les réseaux sociaux

La vie de Stakusic a changé depuis ce triomphe à la Coupe Billie Jean King. Sur le plan financier, notamment. Elle avait empoché avant le tournoi par équipe quelque 36 600 $ en bourse; elle a depuis touché une partie du chèque de 2,4 millions $ remis aux championnes de l'épreuve. 

Parmi les félicitations qu'elle a reçues après ce sacre se trouvaient ceux de quelques directeurs de tournois importants, ce qui pourrait ne pas nuire pour la suite de sa carrière.

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Mais ce qui semble l'avoir davantage réjouie, c'est notamment que son compatriote Félix Auger-Aliassime a commencé à la suivre sur les réseaux sociaux.

«L'as-tu suivi en retour?» l'a questionnée une journaliste.

«Oh, je le faisais déjà!» a répondu Marina en riant. 

Le top 100 et une place à Roland

Mais les prochains mois auront des airs de retour à la normale pour Stakusic, qui doit soigner une blessure aux muscles abdominaux et qui n'a pas le classement nécessaire afin de participer aux qualifications des Internationaux d'Australie, en janvier.

Elle retournera donc bûcher sur le circuit ITF, avec deux buts principaux en tête: «Avoir ma place à Roland-Garros et percer le top 100.»

Sans vouloir viser au-delà de ça pour l'instant, elle est toutefois fort consciente que 19 ans est un âge qui porte souvent chance aux joueuses canadiennes. C'est à 19 ans que Bianca Andreescu a remporté les Internationaux des États-Unis, en 2019, et Leylah avait aussi cet âge quand elle y a atteint la finale, deux ans plus tard.

«Juste à y penser, j'ai la chair de poule», a souri Stakusic. 

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