L’heure de la retraite a sonné pour un combattant de 32 ans qui débutera ses études universitaires


Richard Boutin
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C’est avec le sentiment du devoir accompli et l’esprit en paix que Marc-André Bergeron accroche son kimono après avoir vu son rêve de se qualifier au tournoi olympique de taekwondo de Paris s’envoler lors des sélections panaméricaines à Santo Domingo la semaine dernière.
Rentré à la maison depuis quelques jours, le poids lourd de 32 ans amorcera ses études universitaires en kinésiologie à l’automne. «J’étais en mode réflexion et je suis maintenant en mode transition, a résumé Bergeron, qui s’est incliné en demi-finale en République dominicaine chez les plus de 80 kg. Il y a une déception de ne pas m’être qualifié, mais j’ai tout fait et rien laissé au hasard. Je suis prêt à passer à autre chose et ce n’est pas une décision prise sur un coup de tête.»
«Je suis privilégié de quitter à mes conditions, d’ajouter Bergeron. Plusieurs athlètes quittent en raison d’une blessure ou parce qu’ils n’ont plus le goût. Moi je me verrais bien continuer parce que j’ai encore le goût et que je ne me suis jamais senti aussi performant, mais j’ai encore plus le goût d’autre chose. Je suis extrêmement reconnaissant envers mon sport.»

Retour sur les bancs d’école
Au cours de son séjour en République dominicaine, Bergeron a reçu une bonne nouvelle. «Deux jours avant mon premier combat, j’ai reçu la réponse de l’Université Laval que j’étais accepté dans le programme de kinésiologie, a-t-il raconté. Peu importe ce qui arrivait lors des sélections, il y aurait une suite. J’étais rassuré. À 32 ans, je retourne sur les bancs d’école et je suis bien fier.»
«Je n’avais pas le profil académique requis, mais l’Université offre des opportunités limitées dans son programme de kinésiologie à des athlètes de haut niveau qui ont terminé leur carrière, de poursuivre Bergeron. Mon bagage d’athlète me permet d’ouvrir des portes sur autre chose. Pour avoir tellement côtoyé de professionnels de la santé pendant ma carrière, c’est une transition naturelle qui s’offre à moi.»
L’aîné du groupe
Bergeron vivra une autre similitude dans sa nouvelle carrière. «Comme au taekwondo avec les athlètes émergents, il y aura un écart d’âge avec les étudiants qui vont arriver du cégep, mais je ne serai pas en terrain inconnu et je ne suis pas inquiet, a expliqué le porte-couleurs du club de Sainte-Foy. Ça va plutôt me motiver. Les jeunes apportent leur énergie et leur désir d’apprendre.»
Adepte du taekwondo depuis l’âge de six ans, Bergeron ne quittera pas son sport complètement même s’il délaisse la compétition. «Je vais continuer à coacher les jeunes comme j’ai toujours fait à Sainte-Foy et je pourrais aussi donner un coup de main comme entraîneur invité à l’occasion avec l’équipe d’excellence du club.»
En plus de ses études et du coaching, Bergeron a l’intention de s’initier à un nouveau sport. «Un ami m’a parlé du jiu-jitsu brésilien et j’ai la fantaisie de recommencer le processus à zéro. Ça m’allume d’essayer un sport de combat avec une opposition directe. J’ai le goût d’apprendre autre chose et d’être une ceinture blanche à nouveau. C’est motivant.»