L’équipe qui suscite la jalousie: pourquoi les Golden Knights sont les vilains de la LNH
Cette finale, c’est celle entre le bien et le mal, explique notre chroniqueur.

Antoine Roussel
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Cette finale de la Coupe Stanley entre les Hurricanes de la Caroline et les Golden Knights de Las Vegas, je la vois comme la finale entre le bien et le mal.
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Le bien, ce sont les Hurricanes. Une équipe avec des joueurs triés sur le volet, qui avaient été exclus par un autre club, sur qui on avait fait une croix, mais qui veulent jouer en Caroline. Une équipe qui s’est forgé une identité particulière avec des travaillants, qui a trimé dur depuis huit ans pour finalement en arriver là.
S’il fallait que je lance ma propre concession de la LNH, c’est à leur modèle que je me fierais. Comme Martin St-Louis, Rod Brind’Amour est un passionné. Des entraîneurs-chefs comme eux, il n’y en a que deux dans la ligue.
Ils n’ont pas joué leur meilleur match mardi, comme ce fut le cas contre le Canadien. Mais ils sont toujours aussi épuisants à regarder. Je vous garantis que c’est pire quand on les affronte.

Un peu de jalousie
Le mal, ce sont les vilains Golden Knights. Une formation composée de joueurs rugueux, comme Ivan Barbashev ou Rasmus Andersson, avec un John Tortorella comme entraîneur-chef, qui s’est mis les membres des médias à dos.
C’est une organisation bâtie différemment des 31 autres. Leurs joueurs, ils sont majoritairement allés les chercher par des transactions. Et ça marche : ils disputent leur troisième finale en neuf ans.
Je peux donc imaginer qu’ils font quelques jaloux, à travers la ligue... Mais il y a du savoir-faire de leur côté, ce qui explique leur succès.
Les vilains vont gagner
J’adore l’histoire qui entoure cette finale. On dirait que tout le monde veut que les gentils Hurricanes gagnent contre les méchants Golden Knights.
Quand tu es sur la glace, c’est l’enfer. Contre les Hurricanes, il faut être prêt. Les Golden Knights le sont. Et je pense que les vilains vont l’emporter.
Et ils sont très talentueux, les Knights. Pas seulement parce qu’ils misent sur des joueurs comme Mitch Marner et Jack Eichel. Ils ont une équipe complètement bourrée de talent.
C’est ce que ça te prend pour gagner la Coupe Stanley. Même si j’aime beaucoup les Hurricanes, qui se sont améliorés chaque année.
Le point d’exclamation sur une maudite belle saison
C’était la parade des Saguenéens de Chicoutimi, l’équipe pour laquelle je suis membre du conseil d’administration (et un ancien joueur !), mardi.
Ç’a été le point d’exclamation sur une maudite belle saison. Ce qui est le fun et moins le fun avec le hockey junior, c’est que lorsque tu gagnes le trophée Gilles-Courteau, tu t’en vas directement à la Coupe Memorial. Tu n’as pas le temps vraiment de savourer l’accomplissement.
Les Saguenéens, c’est depuis dix ans un organisme sans but lucratif qui appartient à la Ville, tenu par des bénévoles. Cette saison marquée par le titre, c’était la dernière année du contrat.
Le trophée tombait donc à point pour tous ces gens qui s’impliquent sans compter. Plusieurs vont d’ailleurs continuer à le faire.
Une étoile qui veillait
Pour certains joueurs, c’est aussi la fin d’une étape marquante de leur vie. Rien de mieux que de pouvoir célébrer cet accomplissement avec les partisans de l’équipe.
Certains continueront à jouer au hockey, d’autres non. Mais une chose est sûre, c’est qu’ils vont être unis pour la vie. Je suis encore ami avec certains de mes coéquipiers de l’époque des Saguenéens, il y a 16 ans.
Du vendeur de moitié-moitié à la caissière, en passant par le responsable de l’équipement ou du marketing, tout le monde a sa part de mérite dans les succès des Saguenéens, cette saison.
Et l’équipe avait une petite étoile qui veillait sur elle, dans le ciel. Diane Girard, décédée l’été dernier, était impliquée avec le club depuis presque 30 ans.
J’ose croire en la magie, parfois. J’ose croire qu’elle a eu son mot à dire dans la remontée, lors du sixième match de la finale. Merci Diane.
– Propos recueillis par Jessica Lapinski.