L’entraîneur qui prédisait aux recruteurs de la LNH que Lane Hutson serait le vol du repêchage


Kevin Dubé
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Adam Nightingale venait à peine d’obtenir le poste d’entraîneur-chef du programme national américain de développement des moins de 17 ans, en 2020, lorsqu’il a reçu une notification sur son téléphone cellulaire. C’était un texto de l'attaquant Clayton Keller: «Hey, Lane Hutson sera ton meilleur joueur», lui assurait-il.
Nightingale n’avait jamais entendu parler du jeune Hutson. Après tout, il venait de passer les quatre dernières saisons dans la LNH, avec les Sabres de Buffalo et les Red Wings de Detroit.
De son côté, Keller est un proche de la famille Hutson. Il a grandi dans le même quartier que la famille du jeune défenseur du Canadien et c’est sur la patinoire de Fairview Heights en Illinois – dont le père de Lane Hutson, Rob, était le propriétaire – qu’il a fait ses débuts sur patins.
Un talent évident
Embauché en août 2020, Nightingale s’était donc amené avec le programme alors que l’équipe avait déjà été mise en place. Mais dès qu’il a mis les lames sur la patinoire pour la première fois avec l’équipe des moins de 17 ans, il a compris ce que voulait dire Keller en voyant ce jeune défenseur de 5 pi 6 po et 134 lb à l’œuvre.
«C’était assez évident. C’était non seulement un jeune très talentueux, mais aussi très compétitif. Évidemment, il était petit et on le voyait tous. Mais il était déjà très bon avec son bâton et il a rapidement compris que s’il voulait être efficace défensivement, il devrait le faire différemment des autres.»

Mais lors de cette première saison avec l’équipe nationale, Hutson n’a pas nécessairement eu l’impact offensif auquel on pourrait s’attendre, en voyant aujourd’hui ce qu’il est en mesure de faire dans la LNH.
En 39 parties, cette saison-là, il avait terminé avec 19 points, ce qui était bon pour le 15e rang des pointeurs de l’équipe, mais aussi la quatrième meilleure production chez les défenseurs de la formation, derrière Seamus Casey (36 points), Ryan Chesley (34 points) et Tyler Duke (24 points).
«Tous les joueurs qui arrivent avec le programme des moins de 17 ans ont une adaptation à faire. Ils jouent contre des joueurs de la USHL, qui sont plus vieux et plus rapides que ceux qu’ils ont affrontés dans le passé. On voyait quand même qu’il avait des habiletés offensives uniques et on savait que ce n’était qu’une question de temps avant qu’il débloque. Il avait besoin de devenir un peu plus fort et rapide.»
L’éclosion
Et c’est ce qu’il a fait, puisque la saison 2021-2022 a réellement été celle de la grande éclosion offensive pour Lane Hutson. Arrivé au camp plus grand et plus gros que l’année d’avant (5 pi, 9 po et 148 lb), il a alors dominé avec ses habiletés, terminant avec 63 points en 60 parties, au premier rang des pointeurs chez les défenseurs de l’équipe.
«Il a vraiment compris qu’il n’avait pas à forcer le jeu en attaque. On lui donnait le feu vert pour être créatif, mais on sentait qu’il était beaucoup plus mature.»
Évidemment, les équipes de la LNH prenaient des notes, puisque Hutson était admissible au repêchage en juin, à Montréal.
Mais, malgré tout le talent du monde, les recruteurs en revenaient toujours à la même question: comment va-t-il faire pour se démarquer et faire la transition dans la LNH, en étant si petit et frêle?
«Chaque fois qu’un recruteur me parlait de Lane, c’était la première chose qui ressortait. Je leur disais toujours la même chose: ça fait deux ans que je le dirige et il n’a jamais pris une seule présence de congé en deux ans, que ce soit à l’entraînement ou dans les matchs.
«On avait plusieurs joueurs qui intéressaient les équipes de la LNH cette année-là, et quand un recruteur me demandait de lui dire quel joueur, dans le futur, serait considéré comme un vol, je répondais toujours Lane.»
Dans une classe à part
L’entraîneur, qui dirige aujourd’hui le programme des Spartans de Michigan State dans la NCAA, n’est donc pas surpris de voir l’impact qu’a le petit numéro 48 à sa saison recrue.
«Ça peut avoir l’air fou, mais ça ne me surprend pas du tout. J’ai été témoin de son désir de s’améliorer et vu à quel point il apporte une attention à tous les petits détails. Il n’y a pas de secret. Oui, avec le programme, on a souvent de très bons joueurs, de bons athlètes qui ont un désir de réussir. Mais, même à travers eux, Lane trouvait toujours le moyen de se démarquer.»