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L'économie réelle, les perceptions et le vote

Photo portrait de Pierre Martin

Pierre Martin

2022-08-25T09:00:00Z

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L’électorat américain traverse une phase de pessimisme économique qui augure mal pour les démocrates en novembre, mais les choses pourraient changer.

Cet été à la Maison-Blanche, le sujet de conversation préféré est le prix moyen du gallon d’essence à la pompe. Depuis dix semaines, ce prix est invariablement à la baisse et l’optimisme de l’équipe Biden est à la hausse.

Que peut-on en conclure à l’approche des élections de mi-mandat au Congrès? S’il n’en tenait qu’à la performance réelle de l’économie américaine, cet optimisme serait justifié, mais les perceptions rattraperont-elles la réalité à temps pour éviter la catastrophe électorale anticipée par les démocrates ? Il n’est peut-être pas déraisonnable d’y croire.

Malgré la morosité ambiante et l’incertitude générée par l’inflation et la hausse des taux d’intérêt, l’économie américaine tourne plutôt rondement, notamment au chapitre de l’emploi.

Réalité c. perceptions

Après avoir plafonné à 14,7 % en avril 2020, le taux de chômage est revenu à son plancher historique de février 2020, soit à 3,5 %. L’économie américaine a créé des emplois à un rythme d’enfer depuis le début de 2021, et ce rythme ne montre aucun signe d’essoufflement. Selon les données du département du Commerce, les revenus moyens réels des salariés, ajustés pour l’inflation, ont même augmenté entre février 2020 et juin 2022.

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Pendant cette période, les sondages révèlent toutefois une détérioration marquée de la perception de l’état de l’économie et une augmentation des sentiments d’insécurité économique, liées à une inflation sans précédent depuis des décennies, mais aussi à une couverture médiatique qui met l’accent sur les mauvaises nouvelles, surtout dans la chambre à écho des médias de droite.

La polarisation politique et la paralysie apparente des institutions n’aident pas. Les électeurs républicains refusent de croire que l’économie puisse bien se porter sous la gouverne des démocrates. Pour leur part, les électeurs démocrates qui souhaitaient des réformes majeures ont enduré plusieurs mois d’inaction dans un Congrès où l’obstruction systématique des républicains exposait les divisions de leur propre parti.

Et pourtant, ça tourne

Malgré tout, les perceptions finissent la plupart du temps par rattraper la réalité, et la réalité commence à montrer des signes favorables aux démocrates. Cela se reflète dans la chute bien visible des prix à la pompe et, dans le domaine politique, par le fait que les bonnes nouvelles commencent à l’emporter sur les mauvaises.

Cela ne veut pas dire que le noyau dur des électeurs républicains abandonnera soudainement le culte trumpiste, mais l’amélioration de certains indicateurs économiques clés observée depuis quelques semaines est le genre de tendance qui, si elle se maintient, peut entraîner un mouvement suffisant pour faire pencher la balance en faveur du parti au pouvoir dans plusieurs courses serrées.

Les démocrates bénéficieront aussi de la réaction de l’électorat contre le virage à droite de la Cour suprême et contre la trumpisation de plus en plus évidente du Parti républicain. Par exemple, lors d’une élection partielle mardi dans un district baromètre de l’État de New York, le démocrate a causé la surprise en l’emportant contre le favori républicain.

Les républicains sont encore favoris pour reprendre la Chambre des représentants, mais si les perceptions rattrapent la réalité économique et politique d’ici novembre, les choses pourraient prendre une tournure différente.

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