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Après les inondations, l'avenir en pointillé des sinistrés allemands

2021-07-20T13:58:26Z

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Désormais «sans domicile et sans emploi» après les inondations en Allemagne, Carina Dewald ne sait pas de quoi son avenir sera fait. Cette gérante d'une station-service détruite par les crues est comme des milliers de sinistrés dont l'existence a basculé pour des mois, voire des années.

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Cette mère de famille de 39 ans veut croire qu'un futur est possible dans le village de Dernau, ravagé il y a moins d'une semaine par les eaux en folie de l'Ahr.

«Je pense qu'on pourra retourner vivre dans notre maison, mais là je calcule au jour le jour», explique-t-elle à l'AFP devant les décombres de la station-service attenante à sa maison.

En attendant, «je suis formellement sans domicile fixe et sans emploi», résume Mme Dewald.

Tout est à refaire dans son domicile où l'eau est montée jusqu'aux rebords des fenêtres du premier étage.

Dans l'immédiat, la famille a trouvé refuge dans un appartement proche mis à disposition par son beau-père.

Ce logement a été épargné, mais il est privé d'eau et d'électricité, comme la plupart de la trentaine de communes sinistrées de la vallée.

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Boire, se nourrir, s'éclairer, se laver à l'eau chaude, se déplacer, travailler : chaque acte élémentaire de la vie quotidienne est devenu une odyssée, quand il n'est pas tout simplement impossible.

Une situation appelée à durer des mois

Une situation appelée à durer des mois, redoutent les habitants de Dernau, village de 1800 habitants cerné de collines viticoles, dans la région de Rhénanie-Palatinat.

Des routes et des ponts ayant été détruits, certains endroits ne sont plus ravitaillés que par les airs.

AFP
AFP

«Le village ne va pas s'en remettre», craint l'exploitante d'un domaine viticole. Toute sa production stockée en cave est à jeter.

Peter Schnitzler, 55 ans, gérant et chef cuisinier du petit hôtel «Kölner Hof», propriété de famille depuis 1894, est aussi dans le doute : «Je ne pense pas rouvrir l'hôtel, ou alors comme pension», explique-t-il.

Privés de commerces de proximité, de leurs véhicules anéantis ou emportés par les flots, les locaux apprécient l'élan de solidarité qui s'est manifesté dès les premières heures du drame.

Des bénévoles, particuliers et entreprises, se mobilisent pour apporter des denrées de base, cuisiner des plats chauds, livrer des matelas, des lampes de poche, des générateurs.

Les dons en nature n'ont cessé d'affluer de toute l'Allemagne vers les régions dévastées, à l'ouest du pays, où au moins 165 personnes sont mortes.

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Toujours en Rhénanie-Palatinat, le circuit de Nurbürgring stocke des vêtements, produits hygiéniques et alimentaires sur une surface équivalant à trois terrains de football, selon l'association ADAC.

Timo Tillmann, 31 ans, employé dans la logistique pour spectacles, est venu d'Osnabrück, à 250 kilomètres de là, avec un camion qui fait la tournée dans les rues de Bad Neunahr-Ahrweiler.

Dans sa remorque, du riz, des pâtes, des couverts en plastique, tee-shirts, tubes de dentifrice, changes de bébé, le tout venant d'un entrepôt situé dans une ville voisine, où des dons sont centralisés.

«Vous avez quelque chose de sucré?», demande une jeune femme visiblement exténuée, ses vêtements maculés de boue à force de charrier des détritus.

Une station d'épuration d'eau provisoire

Dans cette ville durement frappée, l'Agence fédérale pour le secours technique (THW) a installé une station d'épuration d'eau provisoire sur le stationnement d'un hôpital, lui-même évacué.

Deux installations parallèles fournissent de l'eau potable à raison de 30 000 litres par heure, pompée dans la rivière voisine.

Les habitants peuvent remplir des bidons sur place, et une partie de l'eau est distribuée par camions dans la ville.

Alors que des habitants en manque de tout commençaient à puiser de l'eau dans la rivière, la police de Coblence les a instamment appelés, dans un tweet, à «ne pas utiliser l'eau de l'Ahr pour boire ou laver les vêtements».

Les inondations en Rhénanie-Palatinat et en Rhénanie-du-Nord-Westphalie font aussi monter la crainte d'une propagation du COVID-19 dans les zones touchées.

De nombreuses personnes «se réunissent dans un petit espace pour faire face ensemble à la crise», aussi il faut veiller à ce que «la gestion de la catastrophe ne se transforme pas en 'super-propagateur' du virus», a averti David Freichel, communicant pour la région de Rhénanie-Palatinat, aux médias du groupe RND.

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