L'avenir d'Arber Xhekaj n'est plus à Montréal

Jean-Charles Lajoie
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Ce serait facile pour moi de faire du «raw raw» ce soir. J’aurais très bien pu faire sortir des extraits de plusieurs émissions de l’an dernier en appui à mon propos au sujet d’Arber Xhekaj.
Lors d’une entrevue que j’ai réalisée avec le directeur général Kent Hughes la saison dernière, je lui suggérais que le «Shérif» allait tôt ou tard se trouver au cœur d’une congestion importante dans la défensive de son équipe.
Je lui disais aussi que l’ADN de Xhekaj, pour être conservé, commandait peut-être de le transformer en attaquant de quatrième trio.
La LNH d’aujourd’hui pardonne difficilement à une équipe qui a un protecteur à la ligne bleue. À six défenseurs, et au rythme où sont disputés les matchs, l’idéal est d’en avoir un, mais qui ne te fait pas mal en allant s’asseoir 5-10 minutes puisqu’il joue en attaque.
Hughes a souri à ma suggestion. Sans dire que mon idée était farfelue, il a affirmé que ce n’était pas dans les plans pour le moment. C’était il y a presque neuf mois. Une vie dans le hockey de la Ligue nationale.
Est-ce que le DG est à la même place dans sa tête? Probablement, mais peut-être pas pour les motifs que l’on croit.
Si Jeff Gorton et Hughes croient qu’à moyen terme Arber devra partir puisque d’autres lui seront supérieurs dans le groupe ici à Montréal, l’idéal est de maintenir une pas pire valeur sur le gars. Ce sera difficile de le faire en le transformant en attaquant de quatrième trio.
Maintenant, Xhekaj est, pour le moment, laissé sur la touche. Clairement, il n’a pas le début de saison escompté. Pourquoi? Évidemment, par sa propre faute d’abord et avant tout, mais il serait simpliste de fermer les livres aussi bêtement dans son cas. Il y a un ensemble de facteurs qui s’ajoutent afin d’expliquer pourquoi la chaîne débarque de la sorte.
Il faut reculer au camp d’entraînement. Le «Shérif» est entré comme un taureau en rut dans les matchs préparatoires. Il a voulu imposer sa loi... il a tout cassé sur son passage. Il n’a pas réfléchi et il a coûté des matchs à son équipe.
Martin St-Louis autant que les joueurs l’ont soutenu publiquement. Pensez-vous vraiment qu’ils étaient tous enchantés des agissements d’Arber?
Vous pouvez le croire si vous voulez, moi, je refuse de boire ce kool-aid. Y’a pas un joueur ou un dirigeant qui aime perdre un match à la suite de gestes d’indiscipline purs et durs de l’un des joueurs de l’équipe.
Et lorsque vous pensez à Martin St-Louis et Kent Hughes, est-ce que vous voyez Craig Berube? Mike Keenan? Pat Quinn? Non, hein! Moi, je vois de bons petits messieurs qui aiment une game propre et bien jouée, une game intelligente.
Les gestes posés par Arber n’étaient pas brillants brillants... je pense que les traces laissées par ses agissements, on les voit sous nos yeux sur la glace lorsqu’il joue depuis le début de la campagne.
Et puis, Lane Hutson est arrivé, s’ajoutant à Mike Matheson comme générateur d’offensive. Est-ce possible que Martin et Stéphane Robidas aient demandé à Arber de se concentrer à bien défendre?
Il semble que Xhekaj a perdu cet instinct offensif qui le caractérisait et qu’on aimait la saison dernière... pourquoi? Les réponses se trouvent derrière des portes fermées très hermétiquement dans les installations de l’équipe.
Pourquoi un kid de 23 ans à peine et qui vient de signer une entente contractuelle de deux ans à un volet broie-t-il autant de noir depuis le début de la saison?
Est-ce que c’est parce que le message qu’il reçoit ne lui plaît pas? Est-ce que c’est parce qu’il a l’impression que l’équipe tente de le dénaturer et qu’il se trouve bien impuissant devant ce constat?
Est-ce que c’est tout simplement parce qu’il sait compter jusqu’à six et que son nom n’apparaît pas dans cette séquence? Est-ce qu’il comprend qu’une fois Matheson, Savard, Guhle et Hutson réglés, il peut difficilement supplanter Struble, Mailloux et même Barron?
Le Canadien sera une puissance défensive de la Ligue nationale avant longtemps. Surtout si un système est implanté en ce sens.
L’offre de talent appartenant déjà à l’organisation n’a rien de rassurant pour un gars comme Xhekaj qui a besoin de respecter qui il est comme joueur de hockey pour performer.
Hélas, comme je vous le répétais très souvent l’an dernier, j’aime beaucoup Arber, mais je suis convaincu qu’il ne figure pas dans les plans à moyen terme de l’organisation. Et on dirait que ce qui se passe cette saison le démontre clairement.
Lorsque Montréal a sélectionné Florian, le frère d’Arber, vous avez hurlé de joie en disant: «Un Xhekaj c’est bien, mais deux c’est mieux!»
J’ai bien peur que, dans le meilleur des cas, ce soit juste un, et il sera le prochain Pezzetta...