L’assassinat de Charlie Kirk: une tragédie lourde de conséquences


Thomas Mulcair
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L’assassinat du polémiste conservateur Charlie Kirk est un crime odieux, dont les répercussions risque nt de peser lourdement sur la paix sociale aux États-Unis.
Kirk, jeune père de famille, avait bâti toute sa carrière en s’attaquant aux idées progressistes. Figure centrale du mouvement Make America Great Again, il incarnait en quelque sorte le chef de file de la jeunesse républicaine.
Trump s’empare de la tragédie
À peine la nouvelle de l’attaque annoncée, Donald Trump a réagi sur Truth Social en exprimant son soutien. Mais lorsque la confirmation de la mort de Kirk est tombée, sa réaction a pris une ampleur sans précédent.
Trump a qualifié Kirk de «géant, voire légendaire». Certes, Kirk savait habilement canaliser les frustrations d’une partie de la jeunesse conservatrice, mais parler de «légende» paraît pour le moins excessif.
Aussi lâche que soit ce meurtre, la mise en berne des drapeaux à l’échelle nationale, ordonnée par le président américain, dépasse largement ce que l’on avait vu auparavant pour un civil qui n’a jamais occupé un rôle national. La question demeure: pourquoi Trump a agi ainsi?
La banalisation de la violence américaine
Charlie Kirk lui-même défendait avec acharnement le droit constitutionnel de porter des armes.
Selon lui, la multiplication des tueries n’était qu’un prix à payer pour protéger ce qu’il considérait comme un droit sacré: la possession d’armes à feu par tout citoyen américain.
Trump et l’extrême droite
Donald Trump n’en est pas à sa première instrumentalisation d’un drame violent. Bien avant son entrée en politique, il avait payé pour une pleine page dans le New York Times afin de réclamer la peine de mort contre cinq jeunes Noirs accusés d’avoir violé une joggeuse blanche à Central Park. Tous ont ensuite été innocentés, mais Trump s’était déjà imposé comme le champion de la «loi et l’ordre».
Depuis, il n’a cessé de mobiliser la colère et les groupes extrémistes, notamment lors de sa tentative pour bloquer l’assermentation de Joe Biden. Aujourd’hui encore, il reste fidèle à cette stratégie. Les criminels condamnés pour ces gestes ont été amnistiés par Trump et aujourd’hui, ceux-ci parlent d’une «guerre civile» qui vient d’être déclenchée par le meurtre de Kirk. Leur ennemi est «la gauche», et on tombe en plein dans un appel à la violence comme arme politique. Trump va très loin et il n’est pas exagéré de dire que ces appels risquent d’amener un niveau sans précédent de violence entre Américains, sur la base de leurs opinions politiques.
Plusieurs voix conservatrices — élus, commentateurs et influenceurs — parlent aujourd’hui de «guerre» en réaction à l’assassinat de Kirk. Trump lui-même accuse la gauche d’avoir mené un acte de «terrorisme».
Un engrenage inquiétant
Cette escalade était prévisible. Mais si l’on sait d’où elle vient, nul ne peut prédire jusqu’où elle ira. D’autres assassinats sont tragiquement prévisibles. L’Amérique pourrait s’enfoncer dans une spirale où la violence politique deviendrait la norme, mettant la démocratie elle-même en péril. Ça risque de finir très mal.