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L’arrivée de la USPHL dérange Hockey Québec

Photo d'archives, Stevens LeBlanc
Photo portrait de Kevin Dubé

Kevin Dubé

2024-02-13T18:54:44Z
2024-02-13T18:59:15Z

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L’annonce de la création d’une division canadienne de la USPHL, un circuit visant à aider les jeunes à obtenir des bourses dans des universités américaines, dérange le directeur général de Hockey Québec, Jocelyn Thibault, qui estime que la création de programmes non sanctionnés n’aide en rien le développement du hockey québécois. 

Rappelons que la United States Premier Hockey League (USPHL), un circuit américain comptant 60 équipes réparties dans neuf divisions aux États-Unis, en créera une dixième, au Canada, à partir de la saison prochaine, au sein de laquelle évolueront des équipes de Montréal, Sherbrooke, Gatineau et La Plaine, en plus d’autres équipes de l’Ontario.

Le but: aider des jeunes du Québec à décrocher des bourses dans des universités américaines.

Perte de contrôle

Un exercice contre-productif, aux yeux de Thibault, qui travaille d’arrache-pied depuis plusieurs mois afin de réunir les intervenants de tous les circuits d’importance au Québec afin de réformer l’encadrement des joueurs et joueuses de hockey.

C’est que la USPHL n’est pas sanctionnée par Hockey Québec, Hockey Canada ou Hockey USA, ce qui lui permet donc, en pratique, d’opérer sans avoir les mêmes comptes à rendre que la Ligue M18 AAA, la LHJMQ ou la Ligue de hockey junior AAA du Québec qui, même si elles sont des ligues indépendantes, bénéficient d’un protocole d’entente avec Hockey Québec.

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«Ce qui me dérange, c’est qu’on arrive avec des programmes de développement basés sur la science. Si la moitié des joueurs disent qu’ils ne croient pas à ça et qu’ils s’en vont dans du hockey non sanctionné, il est où notre contrôle sur le développement du hockey au Québec?», se questionne-t-il.

Par ailleurs, Jocelyn Thibault espère que ce circuit sera soumis aux mêmes exigences par le gouvernement du Québec, en vertu du projet de loi 45, «modifiant la Loi sur la sécurité dans les sports (LSS) afin principalement de renforcer la protection de l'intégrité des personnes dans les loisirs et les sports».

À ce sujet, le cabinet de la ministre responsable des sports, du loisir et du plein-air, Isabelle Charest, a assuré que «la préoccupation, c'est la sécurité et l'encadrement des joueurs. Il s'agit d'une ligue non sanctionnée, ni au Canada, ni aux États-Unis. On va suivre la situation de près, notamment avec Hockey Québec.»

Projet collectif

L’agent de joueur Dominic Ricard abonde en ce sens. Il estime que l’implantation de programmes non sanctionnés comme la USPHL ne fait que diviser les forces et n’aide en rien, à long terme, à élaborer la meilleure stratégie possible pour optimiser le développement du hockey au Québec.

«En 2024, au Québec, il est grand temps que tout le monde travaille ensemble pour mettre en valeur ce qui se fait de bien et s’entraider pour garder notre talent ici. Jocelyn Thibault travaille très fort et un comité a été créé où tout le monde est représenté: la LHJMQ, le M18 AAA, le junior AAA, le RSEQ et les structures intégrées. Je ne dis pas que ces programmes n’ont pas leur raison [d’être], mais je pense qu’il faut arrêter de se diviser et qu’il est grand temps qu’on travaille en équipe», mentionne-t-il.

Celui qui est aussi impliqué avec le RSEQ et dont le fils, Émile, évolue dans la LHJMQ avec les Eagles du Cap-Breton, assure parler avec son chapeau de citoyen et d’homme impliqué dans le hockey depuis plusieurs années.

«Jacques Tanguay a parlé, dans les dernières semaines, de l’importance d’une ligue universitaire québécoise et on entend que des universités ont de l’intérêt. Il faut garder nos jeunes au Québec pour que le développement vertical ait une finalité.»

«Si on participe à l’exode, on ne fait pas partie du projet collectif.»

Le rêve américain

Ricard enfile ensuite son chapeau d’agent pour la firme CAA, mais aussi de père. À ses yeux, le rêve de certains d’évoluer aux États-Unis s’explique par de fausses impressions sur le système scolaire québécois, particulièrement celui offert par les équipes de la LHJMQ.

«Mon fils avait des offres de certaines universités américaines, mais il joue dans la LHJMQ et ça va super bien. Ma femme travaille en direction d’école et je peux te dire que l’encadrement qu’Émile a avec les Eagles du Cap-Breton est exceptionnel.» 

«S’il y a encore des failles dans la perception des gens, c’est parce qu’on ne travaille pas tous en équipe.»

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