«L'apocalypse nucléaire» se rapproche, selon un proche de Poutine


Normand Lester
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Le complice de Poutine Dmitri Medvedev, qui fut président et premier ministre de Russie, a averti récemment que «l'apocalypse nucléaire» se rapprochait.
Des responsables russes font régulièrement ce genre de menaces depuis le début de la guerre russo-ukrainienne. C’est maintenant au tour du secrétaire du Conseil de sécurité russe, Nikolai Patrushev, le personnage peut-être le plus dangereux du cercle restreint d’individus qui ont la confiance de Vladimir Poutine. Comme lui, Patrushev a fait carrière au KGB et au FSB. L'ancien espion est connu pour son «nationalisme fougueux» et sa vision conspirationniste du monde.
Considéré comme le «faucon du Kremlin», il a joué un rôle clé dans la décision d'annexer la Crimée en 2014 et dans l'invasion de l'Ukraine en 2022. Son influence et son autorité n'ont cessé de croître depuis. Il est plus proche de Poutine que le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et le patron du groupe mercenaire Wagner, Evgueni Prigojine.
Pour Patrushev, la Russie est confrontée à une conspiration «anglo-saxonne» pour renverser Poutine et faire éclater la Fédération de Russie. Il a qualifié de «bêtise à courte vue et très dangereuse» le fait que, selon lui, les politiciens américains pensent que la Russie serait incapable de riposter à une frappe nucléaire des États-Unis.
Dans une entrevue au grand journal Izvestia, le 3 mai dernier, Patrushev a proféré une menace à peine voilée au sujet du volcan dormant de Yellowstone, au Wyoming, considéré comme le plus dangereux au monde: «Les autorités américaines, avec leur problème de Yellowstone, devraient se rappeler le proverbe anglais conventionnel qui dit que les gens qui vivent dans des maisons de verre ne devraient pas jeter de pierres.»
Un missile balistique intercontinental russe pourrait facilement atteindre le volcan Yellowstone à partir de la Sibérie. L'explosion de sa caldeira pourrait rendre une partie des États-Unis et du sud-ouest du Canada inhabitable, selon des spécialistes.

- Écoutez la chronique de Normand Lester via QUB radio :
Bons baisers de... Varennes
Les Russes ne sont pas les seuls qui envisagent d’utiliser le volcan de Yellowstone comme arme contre les États-Unis. Les terroristes djihadistes y pensent aussi. Le scientifique Chiheb Esseghaier, condamné à la prison à vie à Toronto pour terrorisme en 2015 après avoir comploté pour faire dérailler un train de passagers au nom d’Al-Qaïda, avait aussi jonglé avec l'idée de déclencher l'éruption du gigantesque volcan.

Selon le témoignage d’un agent d'infiltration du FBI à son procès, Esseghaier a évoqué l'idée de déclencher l'éruption du volcan Yellowstone. Le doctorant au Centre Énergie Matériaux Télécommunications de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) de Varennes avait fait deux voyages en Iran.

Estimant qu’il n’avait pas les ressources nécessaires, Esseghaier, selon l'agent du FBI, est revenu à son projet initial de faire dérailler un train de VIA Rail.
Yellowstone: une irruption de «fin du monde»
La caldeira du volcan dormant de Yellowstone est une dépression au-dessus de sa chambre magmatique active située à 10 km seulement sous la surface. Elle est la plus grande au monde connue à ce jour. Son activité se manifeste par différents phénomènes de géothermie: geysers, sources d'eau chaude et déformation du sol. Les gaz sous pression qu’elle contient soulèvent la surface du sol. La hauteur du centre de la caldeira s'est élevée d'environ 1 m sur une période de 60 ans entre 1923 et 1985.

Une recherche publiée dans la revue Science en décembre 2022 a révélé que la caldeira de Yellowstone contient plus de roche en fusion liquide qu’on croyait. Yellowstone est relativement stable en ce moment et ne présente pas d'activité sismique inhabituelle. Il est probable, selon les spécialistes, que le plafond du corps magmatique ne supportera pas indéfiniment le surcroît de pression. Sa dernière éruption remonte à 70 000 ans.