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Komarov et Huchette à Drummondville: cinq choses à savoir pour mieux comprendre l’échange des Remparts

Photo Didier Debusschère
Photo portrait de Kevin Dubé

Kevin Dubé

2023-12-04T16:30:00Z

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Vsevolod Komarov et Mikaël Huchette ont officiellement quitté Québec dimanche soir et certains partisans ont avalé la nouvelle de travers. 

D’un côté, on peut les comprendre d’être déçus de les voir partir puisqu’ils ont été partie prenante de la conquête du trophée Gilles-Courteau et de la Coupe Memorial par les Remparts l’an dernier. Huchette est revenu au jeu après avoir raté quatre mois en raison d’une déchirure d’un ligament au genou et d’une opération aux deux poignets et il a tout donné sur la patinoire. De son côté, Komarov a été un roc à la ligne bleue des Diables rouges, et ce, malgré des blessures qui auraient forcé plusieurs joueurs à ne pas jouer. Il a aussi inscrit le but gagnant en grande finale de la Coupe Memorial.

Leurs noms seront à jamais gravés dans la mémoire des partisans de l’équipe. Ils les ont adoptés et ça leur fait mal de les voir partir.

Mais les Remparts n’avaient pas le choix et voici pourquoi, en cinq points.

1. C’est la réalité du hockey junior

Le hockey junior est ainsi fait: c’est impossible de pouvoir gagner chaque année. C’est pourquoi on parle de cycles: tu repêches des joueurs, tu les encadres et les développes, tu les amènes à maturité et espères gagner avec eux et ensuite, ils partent.

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Puis tu recommences.

Si les Diables rouges avaient décidé de garder Komarov et Huchette jusqu’à la fin de la saison, ils les auraient perdus pour rien à la fin de l’année et n’auraient pu utiliser leur valeur pour bâtir la prochaine équipe qui pourra viser les grands honneurs.

Il ne faut pas oublier que le championnat des Remparts l’an dernier a pris cinq ans à bâtir et que les Nicolas Savoie, Nathan Gaucher, James Malatesta et compagnie avaient été repêchés au début d’un cycle au cours duquel les Remparts ont perdu plus de matchs qu’ils n’en ont gagnés.

Nathan Gaucher lors du repêchage de la LHJMQ de 2019.
Nathan Gaucher lors du repêchage de la LHJMQ de 2019. Photo d'archives, Didier Debusschère
2. Le prix juste?

Simon Gagné a affiché ses couleurs dès le début de la saison en mentionnant qu’à ses yeux, Vsevolod Komarov serait le meilleur défenseur de la LHJMQ, devant Tristan Luneau (s’il revenait dans le circuit).

Il fallait donc s’attendre à ce que le prix demandé soit élevé. Toutefois, un élément important compliquait la tâche de Gagné dans ce dossier: le passeport de Komarov. Les équipes ne peuvent avoir qu’un maximum de deux joueurs européens dans leur équipe, ce qui limite les partenaires de danse. Dans le cas actuel, Gagné a-t-il obtenu le meilleur prix qu’il aurait pu obtenir pour une demi-saison de Komarov, en obtenant des choix de première et deuxième rondes ainsi que deux joueurs?

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Revenons un peu en arrière: en janvier 2016, les Mooseheads d’Halifax avaient échangé Timo Meier aux Huskies de Rouyn-Noranda en retour de choix de première, deuxième et quatrième rondes. La même année, les Remparts avaient quant à eux envoyé Dmytro Timashov à Shawinigan en retour d’un choix de premier tour et de deux de troisième.

Photo d'archives, Agence QMI
Photo d'archives, Agence QMI

En novembre 2017, Vitaly Abramov avait rapporté aux Olympiques de Gatineau un choix de première ronde, deux de deuxième et un de quatrième tandis que German Rubtsov avait permis à Chicoutimi d’obtenir des choix dans les rondes 1, 2 et 3, ainsi que deux joueurs.

Peu d’autres Européens d’importance ont été échangés à la date limite, depuis.

On peut donc dire que l’échange impliquant Komarov a suivi le prix du marché.

3. Le délicat dossier des joueurs européens

Les Remparts ont été prudents avec Komarov puisque le dossier des joueurs européens doit souvent être traité avec des gants blancs. Les équipes bâtissent des liens avec certains agents qui leur recommandent des joueurs du Vieux Continent, et ce lien de confiance change souvent tout pour la suite. Un joueur bien traité par une organisation aura de bons mots pour l’organisation et son agent sera plus enclin à envoyer des clients dans ce même marché, par la suite.

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Revenons, par exemple, en 2013-2014, lorsque les Remparts avaient décidé de garder Nick Sorensen plutôt que Nikita Kucherov pour compléter le duo de joueurs européens avec Mikhail Grigorenko. Certes, avec du recul, ce n’était peut-être pas la meilleure décision sur le plan hockey puisque Kucherov a par la suite éliminé les Remparts presque à lui seul dans l’uniforme des Huskies de Rouyn-Noranda avant de devenir un joueur étoile dans la LNH.

Toutefois, à ce moment, les Remparts avaient établi un lien avec l’agent de Sorensen et avaient réussi à l’attirer en Amérique du Nord, ce que très peu de joueurs suédois faisaient à l’époque (et font encore, d’ailleurs). Les Remparts avaient enfin un lien avec un intervenant enclin à recommander la Ligue canadienne de hockey – et surtout Québec – à des clients de Suède. Ils avaient pris la décision de respecter ce lien, croyant qu’il y aurait plus de bénéfices à long terme. À la fin, ils se sont trompés, mais c’est surtout pour démontrer le jeu politique derrière la situation des joueurs européens.

Photo d'archives, Agence QMI
Photo d'archives, Agence QMI

Pour revenir à Komarov, Simon Gagné a été en contact constant avec ses représentants. Il était important pour tout le monde que Komarov soit échangé à un endroit où il aurait une chance de gagner à nouveau. Gagné a notamment rencontré son agent, Sasha Tyjnyck, à Gatineau il y a quelques semaines pour le tenir au courant des négociations. Komarov aussi savait qu’une transaction était imminente, sans savoir exactement où il déménagerait. 

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4. Plusieurs choix en banque

Il n’y a pas de recette miracle pour avoir une équipe championne, surtout dans le contexte d’aujourd’hui, où les équipes les mieux nanties ne peuvent plus offrir un pont d’or à des joueurs, surtout américains, pour venir dans la LHJMQ ni s’avancer au repêchage européen pour sélectionner les meilleurs éléments disponibles.

Dans les circonstances, le directeur général des Remparts, Simon Gagné, a fait ce qu’il y avait à faire pour aider les Remparts à long terme. En obtenant deux joueurs mais, surtout, quatre choix au repêchage, Québec se met en position d’arriver les mains pleines lors des deux prochains repêchages.

Simon Gagné
Simon Gagné Photos Pascal Huot, Agence QMI.

En vue du prochain repêchage, celui de 2024, Québec compte présentement sur deux sélections de première ronde, dont celle des Islanders de Charlottetown obtenue dans l’échange impliquant Komarov, qui pourrait fort bien se retrouver dans le boulier. Les Remparts ont aussi deux choix de deuxième, troisième, quatrième et cinquième tour, ce qui veut dire qu’ils parleront dix fois lors des cinq premières rondes.

5. Une cuvée exceptionnelle en 2025

Mais au-delà du prochain repêchage, il semble clair qu’une grande partie de la reconstruction des Remparts passera par la séance de sélection de 2025.

Depuis qu’il a été nommé directeur général de l’équipe en juin dernier, Gagné parle de cette cuvée jugée «exceptionnelle». Encore dimanche soir, après avoir confirmé les transactions de Komarov et Huchette, il a assuré à l’auteur de ces lignes être très satisfait de l’ajout de choix de deuxième et troisième tours en 2025, rappelant qu’il s’agissait d’une cuvée exceptionnelle.

Pourquoi exceptionnelle? Notamment parce que le jeune prodige Alexis Joseph y sera admissible. À 14 ans, dans les rangs M18 AAA cette saison, l’attaquant du Phénix du Collège Esther-Blondin a inscrit 26 points en 25 parties. Le jeune pourrait toutefois demander le statut de joueur exceptionnel et être admissible dès le prochain repêchage afin de faire ses débuts dans la LHJMQ à 15 ans.

Si c'était le cas, ça ne changerait rien au fait que la cuvée 2025 semble excellente. Il semble que le groupe de joueurs nés en 2009 soit l’une des bonnes cuvées produites au Québec depuis les dernières années. Et Gagné le sait mieux que quiconque puisque son fils, Matthew, est né en 2009 et évolue avec et contre les joueurs de ce groupe d’âge depuis un bon moment.

Certains éléments de l’équipe pourraient aider Gagné à faire des ajouts à sa collection de choix en 2025, dont Kassim Gaudet et Quentin Miller, deux joueurs âgés de 19 ans qui seront vraisemblablement de retour l’an prochain, sauf s’ils sont échangés d’ici là. Gagné disait toutefois dimanche ne pas s’attendre à d’autres mouvements majeurs à moins d’une offre impossible à refuser.

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