Kirby Dach mérite les critiques, mais pas les attaques gratuites

Jean-Charles Lajoie
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Il ne sera pas question ici d’attaquer personnellement Kirby Dach. Kirby Dach ne mérite pas les insultes gratuites qu’il reçoit. Mais il mérite les critiques liées à son jeu erratique.
Depuis ce énième retour d’une blessure importante, Dach peine à retrouver son rythme. On ne reconnaît plus le joueur qu’on a aimé – hélas trop brièvement – depuis que Kent Hughes en a fait l’acquisition lors de la transaction de juin 2022.
Je peux comprendre la patience des dirigeants du Canadien. Elle leur a souvent servi de très bonne conseillère, notamment dans le dossier Juraj Slafkovsky.
Même si je m’incline devant leurs succès passés, je ne peux concevoir que Jeff Gorton, Kent Hughes et Martin St-Louis voient encore quelque chose de grandiose en Kirby Dach.
Dach n’est pas un centre naturel, loin de là.
C’est un gros bonhomme de 6 pi 4 po et 210 livres qui joue comme s’il faisait 5 pi 11 po et 160 lb. Il ne défonce pas les bandes, n’excelle pas en défensive, et son coup de patin est plutôt moyen selon les standards de la LNH en 2026.
Il n’est pas un marqueur de buts. Il n’est pas non plus un véritable fabricant de jeux.
Alors, qui est Kirby Dach ? Un Benoit Pouliot des temps nouveaux ?
Je le répète : rien de personnel.
Mais Dach n’est pas un actif qui rapproche le Canadien de la conquête de matchs dans cette série face au Lightning de Tampa Bay.
À la relecture des deux premiers matchs de ce duel de premier tour, Martin St‐Louis devrait retirer Kirby Dach de l’effectif.
Autant pour Dach que pour Alexandre Texier, la question se pose.
Lors de son acquisition, je disais que Gorton et Hughes venaient de trouver une copie d’Alex Newhook afin de pallier son absence prolongée. C’était du génie.
Mais, au retour de Newhook, il est rapidement devenu évident qu’il y aurait un Alex de trop dans la formation offensive du Tricolore. Nous sommes maintenant en plein face à ce constat brutal.
La dernière fois que Texier a marqué, j’avais des cheveux. Mis à part un coup de patin plutôt élégant, son utilité demeure très moyenne. Encore une fois, je ne fais pas un procès personnel à Alexandre Texier. C’est un bon bougre, apprécié dans le vestiaire.
Mais la réalité du Canadien est simple : il faut gagner cette série au meilleur de sept contre le Lightning et ça commence par un renversement de vapeur, vendredi soir à Montréal.
Des ajustements nécessaires
Sortir Dach de l’effectif est plutôt simple : Kirby débarque, Brendan Gallagher embarque. Ça se joue sur les troisième et quatrième trios.
Dans le cas de Texier, appelé à évoluer à droite avec Newhook et Demidov, l’équation est plus complexe. Elle ne devrait pas l’être, mais elle le devient parce que Martin St‐Louis est allergique à une présence de Zachary Bolduc sur un deuxième trio.
Pour le coach, réunir Bolduc avec Demidov et Kapanen au centre est impensable. Ce qui complique la sortie de Texier au profit de Joe Veleno, qui ne peut absolument pas jouer dans un top 6.
Et pourtant.
En sortant Dach et Texier et en faisant entrer Gallagher et Veleno, on peut laisser intact le trio Suzuki–Caufield–Slafkovsky.
Réunir Kapanen au centre de Bolduc et Demidov.
Garder Josh Anderson avec Phillip Danault et Jake Evans sur un troisième trio.
Et placer Alex Newhook au centre de Gallagher et Veleno sur la quatrième unité. Ce n’est peut‐être pas parfait. Mais c’est plus homogène.
Et surtout, ça clarifie ce que chacun peut – et ne peut pas – nous donner vendredi soir.