Kirby Dach: il n'y a pas de bonne pénalité, mais...

Jean-Charles Lajoie
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Il faut convenir d’une autre semaine en échec pour le Canadien. Seulement trois points sur une possibilité de huit, voilà qui n’est rien pour ramener le CH dans le mix.
Et pourtant, il a suffi de peu. Montréal a ramassé un point mardi soir devant l’Utah et aurait, avec un peu de chance, pu en obtenir deux.
Mercredi, pour la première fois depuis le début de la saison, le CH a gagné au-delà des 60 minutes réglementaires. Les hommes de Martin St-Louis gagnaient en même temps le deuxième match d’un dos-à-dos, ce qui est toujours valorisant et habituellement le signe d’une équipe qui n’a pas démissionné ou largué son entraîneur-chef.
Samedi, au Madison Square Garden, les arbitres se sont de nouveau couverts de ridicule avec une série de décisions qui tournaient toutes à la défaveur du CH. Les Rangers en ont profité en se sauvant avec un court gain de 4 à 3, arraché dans les dernières secondes du match.
Dimanche, à Boston, après des cérémonies qui se sont éternisées sur cent ans, les Bruins ont profité de quelques erreurs d’assignation défensives du Canadien, mais aussi à nouveau des largesses de Cayden Primeau, pour mettre le match hors de portée en 70 secondes au milieu de la première période.
Néanmoins, les joueurs du CH n’étaient pas abattus. Ils ont refusé de démissionner.
La défaite contre les Bruins est difficile à contester, mais, samedi, le CH aurait au moins mérité de mettre un point de classement en banque. Avec un peu de chance, le Tricolore aurait pu ramener le double de points cette semaine et on tiendrait aujourd’hui un discours plus que positif et teinté d’espoir.
Au lieu de ça, tout le monde comprend que les séries ne seront pas pour le printemps prochain et qu’une lutte pour y entrer n’est même plus envisageable.
Or, à ceux qui prétendent que St-Louis a perdu son vestiaire, là, je pense que vous vous égarez, vous vous éloignez de la rondelle.
Ce que je vois depuis quelque temps est un groupe qui manque cruellement de confiance, de leadership et de talent en profondeur.
Malgré tout, je vois un groupe uni qui veut se battre. Samedi, à New York, en a été la plus remarquable démonstration. Il y a eu de tout dans cette rencontre. L’épicentre? Jacob Trouba qui se fait mettre à sa place solide par un Josh Anderson en furie sur le sentier de la vengeance.
Ce qui m’amène à Kirby Dach, qui a de nouveau été lynché sur les réseaux sociaux pour sa punition de quatre minutes en fin de troisième période. Je n’aime pas du tout le langage non verbal de Dach. Il joue avec très peu de confiance, il est frustré et il doute clairement de ses capacités actuellement.
Sa saison est atroce, c’est vrai, et son éthique de travail est, à juste titre, remise en cause. Mais pas samedi! Samedi, il était engagé à défaut d’être dominant. Il avait les yeux allumés et non éteints comme trop souvent cette saison.
Il a mis son nez dans la moutarde, il est allé dans le trafic, il a amorcé des mêlées dans le bleu du gardien Jonathan Quick... et il a écopé d’un quatre minutes dans une bagarre pour la rondelle. Il n’y a pas de bonne pénalité, mais il y en a des vraiment moins pires que d’autres. Celle de Dach est de cette catégorie.
Une punition d’intensité, une malchance en double avec le sang qui a giclé. Une catastrophe pour le kid. Mais samedi, pour ma part, le numéro 77 a remis quelques étoiles dans son cahier.
Surtout, Dach ne méritait rien de toute la merde qu’on lui a déversée sur les réseaux sociaux, qui ont encore fait la démonstration de ce qu’ils ont de plus horrible, de plus dégoûtant.
Le pire, c’est que les plus vindicatifs vont être les premiers à encenser Dach après un match de deux buts. Espérons seulement que ce match viendra un jour.