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Kevin McCarthy accède enfin à la présidence de la Chambre américaine des représentants

2023-01-07T06:12:05Z

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Kevin McCarthy a été élu président de la Chambre américaine des représentants dans la nuit de vendredi à samedi, mettant fin à un processus marqué jusqu'au bout par de très vives tensions dans les rangs républicains. 

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À force de tractations, le groupe de trumpistes qui paralysait la nomination du quinquagénaire de Californie a finalement cédé. Ils ont mis fin à une pagaille au Congrès américain, inédite en plus de 160 ans, qui y préfigure des débats très agités dans les deux prochaines années.

Ces électrons libres ont fait durer le suspense jusqu'au bout, bloquant une dernière fois la candidature de l'élu au 14e vote, provoquant une véritable pagaille.

Kevin McCarthy s'est alors dirigé vers le groupe de trumpistes, alors que les doigts se pointaient accusateurs. Au milieu du brouhaha, la greffière du Congrès appelait les élus à rester calmes.

Toute la semaine durant, ce noyau dur d'élus conservateurs, qui accuse l'élu de se plier aux intérêts de l'establishment de Washington, a profité de la très fine majorité républicaine décrochée aux élections de mi-mandat de novembre pour jouer les trouble-fêtes.

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Ils n'ont fait retomber la pression qu'après avoir obtenu des garanties de taille – dont une procédure visant justement à faciliter une éventuelle éviction du président de la Chambre.

Enfin élu, Kevin McCarthy succède à la démocrate Nancy Pelosi. Et ressort affaibli de cette élection qui augure d'un mandat très difficile.

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Richard Latendresse, Correspondant de TVA Nouvelles à Washington sur QUB radio :

Au menu dans les tout prochains mois, des négociations sur le relèvement du plafond de la dette publique américaine, sur le financement de l'État fédéral et, potentiellement, sur le déblocage d'enveloppes supplémentaires pour la guerre en Ukraine.

Grâce à leur nouveau contrôle de la Chambre, les républicains ont aussi promis de lancer une kyrielle d'investigations sur la gestion faite par Joe Biden de la pandémie ou du retrait d'Afghanistan.

Mais, après qu'ils ont étalé leurs divisions au grand jour, leurs enquêtes auront-elles le même écho?

Faire face à une Chambre hostile mais désordonnée pourrait se révéler être une aubaine politique pour Joe Biden, s'il confirmait son intention de se représenter en 2024, une décision qu'il doit annoncer en début d'année.

Faute de contrôler les deux chambres – ce qui était le cas depuis son investiture en janvier 2021, bien qu'avec une très mince majorité au Sénat –, le président américain ne peut plus espérer faire passer de législation majeure.

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Mais, devant un Sénat aux mains des démocrates, les républicains eux non plus.

Anniversaire de l'assaut

Tout au long de ce processus de désignation, le parti de Joe Biden n'a pas manqué de dénoncer la mainmise des fidèles de Donald Trump – dont beaucoup refusent toujours de reconnaître sa défaite de 2020 – sur le parti républicain, deux ans jour pour jour après l'assaut du Capitole.

Mais les démocrates, qui ont perdu le contrôle de la Chambre après le scrutin de novembre, ne disposaient pas d'assez de voix pour mettre fin à cette paralysie.

Des séances de négociations marathons dans les galeries adjacentes à l'hémicycle, une horde de journalistes captant chaque déclaration de ce groupe d'électrons libres... Cette élection a paru interminable par moments.

  • Écoutez l'édito de Luc Laliberté diffusé chaque jour en direct 13 h 43 via QUB radio :

Et pour cause, les représentants de la Chambre n'avaient d'autre choix que de continuer à voter jusqu'à ce qu'un président fût élu à la majorité simple. 

Une républicaine votant avec son chien sous le bras, des démocrates se partageant un journal pour passer le temps... Les caméras de la chaîne parlementaire américaine, d'ordinaire soumises à des règles très strictes sur les prises de vues autorisées, ont capté de nombreux moments de vie de cette procédure atypique, pour le plus grand plaisir des téléspectateurs et des réseaux sociaux.

Cette paralysie du Congrès américain a néanmoins eu des répercussions très concrètes: sans président de la Chambre, troisième personnage le plus important de la politique américaine après le président et le vice-président, les élus n'ont pas pu prêter serment. Impossible donc de voter un quelconque projet de loi, de participer à des commissions parlementaires ou d'accéder à des informations confidentielles.

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