Karoline Leavitt, la porte-parole trumpiste face aux journalistes de la Maison-Blanche

AFP
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À 27 ans, elle est la plus jeune porte-parole jamais nommée à la Maison-Blanche: Karoline Leavitt, qui incarne une «génération Z» résolument conservatrice, a pris soin jusqu’ici de s’effacer derrière un Donald Trump omniprésent.
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Au poste d'attachée de presse, l’une de ses attributions est de répondre aux questions des journalistes lors d’un point-presse à la mi-journée.
Son premier briefing aux médias est prévu mardi, plus d’une semaine donc après l’investiture.

Rien ne dit à ce stade qu’elle en fera un rendez-vous quotidien, comme le veut une tradition que les porte-paroles de Joe Biden avaient mis un point d’honneur à respecter.
Le briefing avait déjà été pratiqué de manière très sporadique pendant le premier mandat de Donald Trump, avec de longues périodes d’interruption.
Il est vrai que le président républicain, à l’inverse de son prédécesseur, occupe lui-même l’espace médiatique, répondant à des dizaines voire des centaines de questions en quelques jours, ou multipliant les publications sur son réseau Truth Social.

Entre 2017 et 2021, Donald Trump avait usé au total quatre porte-paroles.
En retrait
Karoline Leavitt s’attache surtout à amplifier les messages anti-immigration et anti-progressistes du nouveau gouvernement via des entrevues sur Fox News, la chaîne préférée des conservateurs, ou des messages sur X. «Bye bye», a-t-elle par exemple écrit avec une émoticône montrant un salut de la main, en commentaire d’une vidéo montrant l’arrestation, par la police aux frontières, d’un homme noir qui profère une insulte contre Donald Trump.
«Bienvenue à la Maison-Blanche de Trump, où la vérité et la transparence comptent», a-t-elle assuré sur X, en publiant une photo qui la montre cernée de caméras et de micros lors d’un rare et très bref échange avec les journalistes, le 22 janvier.
Pendant un point presse cette fois en bonne et due forme à bord d’Air Force One, l’avion présidentiel, elle a repris le surnom injurieux donné par le président républicain au gouverneur de Californie, Gavin Newsom - à savoir «Gavin Newscum», ou «Gavin le déchet».
Alors étudiante à l’université de Saint Anselm (New Hampshire, nord-est), Karoline Leavitt avait envoyé en septembre 2017 une lettre au journal de l’établissement pour s’indigner qu’un professeur ait critiqué Donald Trump en classe et pour déplorer que le corps enseignant «diffuse ses convictions et opinions (progressistes) pendant les cours».
Sept ans plus tard, la jeune femme aux longs cheveux blonds à la mise généralement sage, parfois agrémentée d’une croix autour du cou, a gagné ses galons au sein de la galaxie trumpiste.
«Karoline est intelligente, solide et s’est avérée être une communicante très efficace» pendant la campagne, au cours de laquelle elle est devenue mère d’un petit garçon, a commenté Donald Trump en annonçant sa nomination au poste de porte-parole.
Déjà attachée de presse pendant le premier mandat du milliardaire de 78 ans, Karoline Leavitt sait briller là où cela compte le plus pour l’ancien animateur de téléréalité: sur les plateaux de télévision.
«Mensonges des médias traditionnels»
En juin 2024, elle avait violemment attaqué sur CNN les deux présentateurs choisis par la chaîne pour animer un débat entre son patron et le président démocrate Joe Biden, remettant en cause leur neutralité.
La journaliste qui l’interrogeait, excédée, avait mis fin prématurément à l’interview.
La «press secretary» veut remettre en cause les usages en vigueur dans la salle de presse de la Maison-Blanche, laissant entendre que les médias, influenceurs et podcasteurs conservateurs pourraient avoir plus de place.
«Cette élection nous a appris beaucoup de choses, et l’une d’elles est que les Américains ne croient plus aux mensonges des médias traditionnels», a-t-elle assuré récemment sur Fox News.
La répartition des sièges dans la célèbre salle de presse aux tons bleus est gérée par les médias au travers de l’Association des correspondants à la Maison-Blanche.
Fox News est aujourd’hui présente au premier rang, mais d’autres médias de prédilection de la droite dure américaine, par exemple le tabloïd New York Post, sont relégués plus loin du pupitre, voire n’ont pas de siège attribué.