Cinq punitions en deux matchs: Juraj Slafkovsky devra apprendre à se fermer le clapet

Jonathan Bernier
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Progresser et se développer dans la LNH, ce n’est pas qu’une question d’améliorer son coup de patin, gagner en confiance, prendre des décisions plus rapides et peaufiner son jeu défensif, c’est aussi apprendre à se la fermer.
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C’est le constat que fait Juraj Slafkovsky depuis quelques matchs. Le Slovaque a visité le banc des punitions du Centre Bell plus que quiconque au cours de la dernière semaine : trois fois contre les Sabres et à deux reprises face aux Coyotes.

«Je parle probablement trop aux arbitres. Ça fait sûrement partie du problème, a lancé le jeune homme, quelques heures avant de monter dans l’avion menant l’équipe en Floride. Je dois être plus gentil quand j’écope d’une punition. Je ne devrais pas crier autant.»
Il fut une époque où Brendan Gallagher avait le même problème. Ses sautes d’humeur faisaient en sorte que les officiels avaient la mèche courte à son endroit. Avec les années, le trentenaire s’est un peu assagi. De plus, il a gagné des galons lui donnant un certain droit à l’argumentation.
«Les arbitres vont être plus patients avec un vétéran qui est émotif. Avec les jeunes joueurs, ils vont l’être un peu moins. Ça fait partie de l’apprentissage», a souligné Martin St-Louis.
«Mais Juraj réagit comme tout jeune de 19 ans. Il va continuer à se stabiliser dans ce département. C’est une ligne fine, c’est un jeu d’émotions.»
Comme Denis Lemieux
L’autre ligne fine à ne pas dépasser, c’est celle de la compassion de l’entraîneur. Quand vous écopez de deux punitions en territoire adverse, ça se peut qu’il y ait des conséquences. Ce fut le cas en deuxième période du match de mardi lorsque Slafkovsky a sauté une présence.
«C’est affreux. J’ai écopé de cinq punitions à mes deux derniers matchs à la maison. C’est difficile. Je ne veux pas faire mal à mon équipe. Ça fait suer puisque je prends trop de punitions depuis peu.»
De ces cinq punitions, deux l’ont été pour bâton élevé, une pour avoir accroché et deux autres pour avoir retenu. Bref, trois punitions de bâton sur cinq.
«Je devrais peut-être de garder mon bâton sur la glace», a-t-il déclaré.
Oui, ce serait une bonne idée. Et donner un ou deux coups de patin supplémentaires.
«C’est long quand tu passes deux minutes au banc des punitions», a mentionné Slafkovky.
Une affirmation qui se rapprochait de celle du célèbre Denis Lemieux : «Deux minutes à passer tout seul pendant que les autres jouent. Ça fait que t’as honte.»
Furieux
Dans son cas, ce n’est pas la honte qui le rongeait, mais plutôt la colère. Colère qu’il a laissée sortir lorsqu’il a repris son poste pour la dernière présence du premier trio en deuxième période.
«C’est sûr que j’étais furieux! Je n’avais pas joué à la présence précédente. (Joshua) Roy m’avait remplacé, a-t-il rappelé. Je veux obtenir toutes mes présences. Je n’étais pas de bonne humeur. [...] Je voulais offrir une grosse présence avant la fin de la deuxième période pour mieux me préparer pour la dernière période.»
Sur cette séquence, il est sorti du banc comme une fusée. Il a permis à l’attaque de se poursuivre en coupant une sortie de zone puis, quelques instants plus tard, a mis en échec Liam O’Brien au terme d’un intense repli défensif.
Autant de façons d’être plus utile à son équipe que d’être assis au cachot.