Julie Ringuette est sur le point de réaliser un projet dont elle rêve depuis 20 ans
« Alertes», mardi 20h, TVA
Nathalie Slight
Partager
Julie Ringuette brille à l’écran en incarnant la mystérieuse Valérie Murphy dans Alertes. La nouvelle enquêtrice gravit rapidement les échelons, jusqu’à être nommée à la tête de l’escouade Cerbère. Un rôle complexe qui arrive à point dans la vie de la comédienne, tant sur le plan professionnel que personnel.
• À lire aussi : Découvrez la bande-annonce de la 2e saison de « MR BIG »
• À lire aussi : Quand Slimane se confie sur ses amours dans son nouvel album
• À lire aussi : Après avoir combattu deux cancers, Julie Drolet se confie sur les épreuves qu’elle a vécues et son retour au travail


Julie, le personnage de Valérie Murphy dans Alertes crée-t-il bien des remous ?
Je le savais d’entrée de jeu qu’elle ne ferait pas l’unanimité auprès des téléspectateurs, mais c’est un cadeau du ciel, ce rôle-là. Et je souligne le mot « cadeau », parce qu’on m’a tout simplement offert de jouer cette policière ex-cocaïnomane, marraine de sobriété de la capitaine Stéphanie Duquette (Sophie Prégent). Ça fait vingt ans que j’ai terminé mes études en théâtre et ce personnage arrive à point dans ma vie. On dirait que mes précédents rôles m’ont apporté le bagage nécessaire pour me glisser dans la peau de cette femme complexe.
Que veux-tu dire ?
Pour interpréter une toxicomane sadomasochiste dans Portrait-robot, j’ai participé à ce qu’on appelle des cobras dans le jargon policier, c’est-à-dire que j’ai accompagné des patrouilleurs du SPVM deux nuits entières. Je me suis aussi entretenue avec une policière pour incarner une agente de la Sûreté du Québec dans Mégantic.


Ton travail de recherche était donc déjà bien entamé pour camper Valérie Murphy...
Oui, mais j’ai un petit côté première de classe, alors j’ai invité une voisine policière à venir prendre un petit verre de vin à la maison. Elle a répondu patiemment à toutes mes questions et laissez-moi vous dire que j’en avais une tonne ! (rires)
Il s’agit de ton deuxième rôle de policière. Aurais-tu pu exercer ce métier ?
Oui et non. Oui, parce que je suis assez efficace dans le feu de l’action. Lorsque j’ai participé au cobra, les policiers ont répondu à un appel pour des coups de feu entendus dans le coin des Shops Angus. Au lieu d’attendre sagement dans l’auto-patrouille, je suis sortie à l’extérieur pour chercher des douilles de balles. Et non, parce que je suis trop sensible, j’ai trop d’empathie. Lors de cette fameuse nuit, j’ai visité des piqueries et encore à ce jour, des images traumatisantes reviennent me hanter.
(Julie ajoute avec émotion)
J’ai un immense respect pour les policiers, qui côtoient la misère humaine au quotidien. C’est vraiment une vocation, ce métier-là.
Étais-tu au courant dès le départ que ton personnage dans Alertes n’était pas aussi gentille qu’elle en a l’air ?
Certainement, et c’est justement ce qui me charmait de cette Valérie Murphy. Certains vont voir en elle une méchante parce qu’elle a manigancé pour obtenir le poste de la capitaine de l’escouade Cerbère, Stéphanie Duquette (Sophie Prégent), mais je ne suis pas d’accord. Valérie Murphy est une ex-toxicomane, prête à tout pour ne jamais retomber aussi bas, quitte à écraser des gens au passage. Plusieurs téléspectateurs sont convaincus qu’elle a délibérément drogué sa supérieure pour lui voler sa place à la tête de l’escouade. La seule chose que je peux vous dire à ce sujet, c’est que vous n’êtes pas au bout de vos surprises.

Sinon, ton amoureux, Pascal Morrissette, et toi arrivez tout juste d’un voyage en Espagne...
C’était la première fois qu’on partait en amoureux depuis la naissance de nos filles, Sam et Eva. À sept et cinq ans, il était temps que maman coupe le cordon... mais pas trop longtemps. Un petit six jours de vacances à Barcelone, pas une minute de plus ! (rires) Sérieusement, c’était une belle façon de souligner nos 20 ans de vie commune et nos 15 ans de mariage. On aurait pu en profiter pour renouveler nos vœux là-bas, mais notre motivation première de se remarier, c’est vraiment de le faire en présence de nos filles. Elles rêvent de me voir dans ma belle robe de mariée, rangée dans notre sous-sol.
Quel est le secret de la longévité de votre relation, à Pascal et toi ?
Quand on s’est connus, Pascal était âgé de 19 ans et moi, de 4 ans de plus. Je sortais tout juste de l’école de théâtre et lui venait de recevoir sa lettre d’admission pour l’École nationale de l’humour. Et c’est justement l’humour qui nous a permis de traverser les tempêtes, parce que malgré les défis, on a toujours été capables de dédramatiser les situations. Pascal et moi, on a du fun ensemble, autant à siroter un petit drink sur une terrasse à Barcelone que lorsqu’on fait la vaisselle à la maison.
Vos filles ont-elles hérité de votre sens de l’humour ?
Elles ont beaucoup de répartie pour des enfants de 7 et 5 ans. Récemment, on est allé souper chez mon frère, à Québec. Comme je vois Sam et Eva tous les jours, j’ai rarement du recul sur les belles humaines qu’elles deviennent. Mais ce soir-là, alors qu’elles faisaient des blagues durant le souper, qu’elles rebondissaient sur ce qu’on disait, j’étais pas mal fière de ma petite famille. Ma grande raconte une anecdote et ma plus jeune ajoute des punchs. On dirait un vrai petit duo d’humoristes.
Pascal et toi assurez des remplacements à la radio, sur les ondes de Rythme FM. Aimez-vous travailler ensemble ?
Oui, tellement. On a décidé d’approcher l’animation comme un balado, c’est-à-dire qu’on se livre de façon authentique, sans filtre. Comme il n’y a aucune distraction autour, Pascal est obligé de m’écouter... et j’en profite ! (rires) Ça créer de beaux moments, mais aussi des petites frictions. Dans ce temps-là, notre coanimatrice, Chloée Deblois, fait figure de médiatrice.
As-tu un exemple de confession radiophonique qui te revient en tête ?
Lorsque j’ai parlé de ma longue liste de symptômes de périménopause, Pascal ne me prenait pas au sérieux, il disait que je mettais tout sur le dos des hormones. À un moment donné, j’ai dit, les larmes aux yeux : « Comment veux-tu que mon médecin me prenne au sérieux si mon propre mari ne me croit pas ? » Un tsunami de messages a déferlé sur la messagerie texte, des femmes disaient se reconnaître dans mon histoire. Eh bien, imaginez-vous que, finalement, Pascal s’est excusé. Je ne pensais jamais dire ça, mais l’animation radio a quelque chose de thérapeutique pour notre couple.

Qu’est-ce qui t’occupe présentement ?
Je termine les tournages d’Alertes et j’enchaîne avec les répétitions de La pièce qui tourne mal, qui sera présentée du 18 au 27 juin, au TNM, à Montréal. Pouvez-vous croire qu’à 43 ans, je vais enfin réaliser mon rêve de jouer sur la scène du TNM ? Je n’en reviens pas encore.
Renouer avec la chanson (Chanteurs masqués, Zénith), camper un personnage loin de toi (Portrait-robot), animer à la radio (Le couple du lunch), décrocher un premier rôle dans une série télé (Alertes), faire du théâtre (La pièce qui tourne mal) : on dirait que tu réalises tous tes rêves, ces dernières années !
J’aimerais aussi décrocher un rôle au cinéma, je souhaite participer à une autre comédie musicale, je voudrais faire du doublage et j’ai un fantasme professionnel ultime : prêter ma voix à une princesse de Disney. Vous savez ce qui est le plus merveilleux, avec les rêves ? C’est qu’ils se renouvellent à l’infini !