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Julie Le Breton donne la réplique à deux actrices américaines: découvrez lesquelles!

La saison 2 de la série «Le retour d’Anna Brodeur» est disponible sur Crave

Patrick Delisle-Crevier

2026-03-14T10:00:00Z

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Cette année marque un tournant important dans la vie de Julie Le Breton, qui célèbre ses 50 ans et plus de 25 années de carrière. Bien qu’elle préfère généralement éviter de se tourner vers le passé, la comédienne a accepté de se livrer sur son parcours personnel et professionnel. Actuellement, Julie Le Breton est la tête d’affiche de la série Le retour d’Anna Brodeur, dont la deuxième saison arrive ces jours-ci sur Crave. Ce printemps, elle se produira également seule sur scène dans la pièce Passion simple, au Théâtre de Quat’Sous.

Julie, comment ça va ?

Je vais bien, mais comme tout le monde, je suis un peu essoufflée, car ç’a été un hiver long et pénible pour différentes raisons. D’abord, il a fait froid tout l’hiver, la situation mondiale est infernale et il y a beaucoup de choses qui ne tournent pas rond. Mais là, rendue à la mi-mars, on dirait que le soleil revient et ça nous laisse croire que tout est possible à nouveau. Sinon, sur une note plus personnelle, je n’ai pas eu beaucoup de pauses ces derniers temps. On a terminé les tournages de la deuxième saison de la série Le retour d’Anna Brodeur et ensuite, j’ai pris deux semaines pour apprendre mon texte de théâtre. Je suis dans les répétitions depuis le mois de décembre. Donc ma vie, en ce moment, c’est répétition-entraînement-dodo. Sinon, la vie est bonne et généreuse avec moi.

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Justement, la deuxième saison de la série Le retour d’Anna Brodeur débarque sur Crave. Que peut-on dire de ce deuxième volet ?

Maintenant que l’univers a été installé dans la première saison, l’auteur, Richard Blaimert, a décidé d’ouvrir encore plus les valves, et de belle façon. Ça se ressent autant dans ce qui est drôle et loufoque que dans les scènes plus émotives. Ce qu’on a amorcé dans la saison 1 se déploie et devient encore plus trippant dans la saison deux. En plus, il y a plein de nouveaux personnages qui débarquent, entre autres le père de mon personnage, qui est joué par nul autre que Marc Messier. La première saison marquait le retour d’Anna alors qu’elle retrouvait ses bases. Là, elle en est à se questionner sur ce qu’elle fera avec sa vie, autant professionnellement qu’amoureusement, et disons que c’est encore un peu tout croche. J’ai tellement de fun sur ce plateau et, en plus, je suis entourée de tellement d’acteurs exceptionnels.

Crave
Crave

Que peut-on dire de ces nouveaux personnages ?

Marc Messier joue mon père et il est extraordinaire ! Je suis très contente de le retrouver. Il y a aussi Patrick Hivon qui est de retour. Jean-Moïse Martin viendra jouer un docteur très séduisant. Valérie Blais et Macha Limonchik vont faire de nouveaux personnages, ceux de deux femmes qui engagent l’agence à la suite de remous dans leurs carrières. Il y a aussi Maripier Morin qui incarne ma belle-mère et Patrick Abbelard qui joue un gars qui vient travailler à l’agence et qui va provoquer de beaux triangles amoureux.

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Que représente le rôle d’Anna Brodeur dans ta carrière ?

C’est comme s’il était arrivé à point nommé. Il y a juste assez de quête d’identité et de questionnement par rapport à où elle est rendue dans sa vie. Elle a cette espèce de lucidité, et il y a avec ce personnage beaucoup d’écho avec où je suis moi dans ma vie. C’est un personnage qui me ressemble sur certains points : elle a mon âge ou presque et elle essaie comme moi d’être conséquente avec qui elle est et avec ce qu’elle vit. Pour une actrice, jouer un tel personnage, c’est une partition extraordinaire parce qu’il y a des affaires extrêmement drôles et rythmées à jouer. Elle a aussi ces questionnements qui la transportent dans des zones vraiment atypiques. Ça me parle et ça me remet en question moi-même. C’est un personnage de fiction qui m’apporte beaucoup comme actrice et comme femme.

Jusqu’à quel point t’identifies-tu à ce personnage d’Anna Brodeur ?

Au premier plan, j’ai mis beaucoup de moi en elle. Je pense que c’est quelqu’un qui est capable de beaucoup d’autodérision, et elle apprend à la dure, parce qu’il lui arrive souvent de se planter. Elle a le don de prendre de mauvaises décisions et j’ai été comme ça moi aussi à une certaine époque. Il reste encore quelques traces de ça en moi. Je pense aussi que c’est quelqu’un qui aime férocement, pas toujours de la bonne façon. Elle ne soupçonne pas toujours les forces qu’elle a en elle et elle se sous-estime. Elle réalise aussi qu’elle est beaucoup plus résiliente qu’elle ne le croyait au départ. Elle prend des responsabilités qu’elle ne pensait pas être capable d’assumer et elle s’en sort. Donc, en gros, tout ça, ce sont pas mal des choses qui me ressemblent. Elle a aussi un sens de l’humour et une façon de se planter que je trouve drôle et qui me ressemble également. Moins maintenant, mais à une certaine époque, c’était tout à fait ça. J’ai un côté gaffeur et je n’ai pas toujours pris les bonnes décisions.

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Jouer de la pure comédie, tu n’as pas fait ça si souvent...

Effectivement, j’y ai goûté un peu avec Les beaux malaises, mais c’était différent. Je trouve ça le fun de pouvoir jouer dans une série comme Le retour d’Anna Brodeur, car en ce moment, nous vivons dans un marasme ambiant et je trouve que c’est le fun d’avoir des personnages et une série qui nous amènent dans la lumière. On se lève le matin et on est bombardés de mauvaises nouvelles. Si la fiction qu’on consomme en plus nous amène dans cette noirceur et cette violence-là, ça devient trop. Je trouve ça bien de voir une série dans laquelle les gens s’aiment, même s’ils le font tout croche. C’est une série lumineuse et pétante de couleurs, et ça fait du bien.

Tu as eu 50 ans il y a quelques mois, comment vis-tu la cinquantaine ?

Je vis ça plutôt bien, mais comme tous ceux qui avancent en âge, je réalise que la vie va en accéléré et que c’est débile. J’ai du mal à croire que je suis rendue là. C’est tellement absurde, parce que dans ma tête et dans mon cœur, j’ai l’impression d’avoir encore 30 ans. Mais en même temps, j’embrasse cette expérience et ce vécu, et je célèbre ça plutôt que de remarquer ce qui tombe et ce que je perds avec l’âge. J’ai la chance d’être en santé, de pouvoir bouger, de faire du théâtre et d’être en vie. C’est certain que je suis plus fatiguée qu’avant, le soir, mais j’ai juste à me coucher plus tôt. Il faut juste s’adapter. Ce n’est pas anxiogène pour moi d’avoir 50 ans     ; au contraire, ça me donne de la force et du pouvoir d’avoir ce bagage et ce vécu-là derrière la cravate.

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Marï photographe
Marï photographe

On dit que la cinquantaine, c’est aussi la mid life crisis. As-tu vécu ça ?

Pas tant, même si mes préoccupations actuelles ne sont pas tant reliées à moi, mais beaucoup plus à des choses sociales et politiques qui me sont extérieures. Je suis donc en crise, oui, mais sociale et politique. C’est vraiment plus ça qui m’habite présentement. Souvent, quand tu atteins des chiffres comme la cinquantaine, c’est dans les années qui précèdent ce chiffre que tu te poses des questions, que tu encaisses le choc et que tu réalises que tu as l’âge que tu as et que tu n’as pas fait telle ou telle chose. J’ai eu cinquante ans en septembre et j’ai eu un drôle de mois de septembre. C’est certain que ce sont des marqueurs temporels marquants. Mais je ne suis pas pour autant en crise de la cinquantaine. Je ne pense pas... En même temps, je suis une femme et une actrice : j’ai des mid life crises trois fois par jour ! (rires)

As-tu la vie que tu voulais ?

Non, je ne pense pas, mais je ne suis pas quelqu’un qui se projette beaucoup dans le futur et qui fait des plans de vie. Je ne suis pas non plus une nostalgique qui regarde beaucoup le passé. Au tournant de ma quarantaine, ma vie a pris une espèce de chemin où j’ai eu à faire certains deuils, dont celui de la maternité. Après ça, on dirait que plus rien ne pouvait me surprendre. Je voulais des enfants et ça n’a pas marché pour plein de raisons. J’ai donc eu à mettre une croix là-dessus et, après ça, je me suis dit que ça ne servait à rien de faire des plans dans la vie parce que tu ne sais pas où la vie va t’emmener, finalement. Je tente donc de vivre dans le moment présent. J’ai vécu cette crise de la non-maternité à quarante ans et aujourd’hui, c’est derrière moi. Je veux vivre pleinement ma cinquantaine.

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Que veux-tu en faire ?

J’aimerais continuer à travailler, j’aimerais que ma belle histoire d’amour continue avec mon beau chum, Louis, que j’ai d’ailleurs rencontré sur le plateau du retour d’Anna Brodeur. Je suis en amour, ça va bien et je me souhaite que ça continue.

Julien Faugere / TVA Publications
Julien Faugere / TVA Publications

Est-ce le soupirant inespéré qui est arrivé enfin ?

Je ne crois pas à ça. Je suis très amoureuse de Louis, mais à un certain moment, tu vis tellement de déceptions... Tu rencontres des gars dans la vingtaine et tu te dis que ce sera l’homme de ta vie, et finalement, ce concept-là, pour moi, est absurde. Tant mieux si certaines personnes vivent ça ainsi et qu’elles sont heureuses longtemps. Je suis amoureuse, Louis et moi on se fait du bien et on est très heureux ensemble. On s’entend bien, on a du fun et on correspond à ce dont on a besoin de part et d’autre. J’espère que ça va continuer longtemps. Mais je n’ai pas envie de lancer ça dans l’univers comme dans ma vingtaine et que ça me saute dans la face. À cinquante ans, j’accueille l’amour avec moins de naïveté qu’à 25 ans. Aussi, avant de rencontrer Louis, ça faisait cinq ans que j’étais célibataire. Il y a eu la pandémie et une longue période de solitude. Louis est à la même place que moi et nous vivons ça ensemble au jour le jour. Nous sommes heureux là-dedans. Probablement qu’il est arrivé dans ma vie au bon moment et que si je l’avais rencontré plus jeune, ça n’aurait pas marché, nous deux.

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Peut-on dire que tu as été désillusionnée par l’amour ?

Non, je pense surtout que je suis lucide. Ce n’est pas de la désillusion pour moi et je ne trouve pas ça triste de voir les choses de cette façon. L’amour, pour moi, c’est comme une œuvre d’art : tu peux continuer de peindre pendant longtemps et à un certain moment, ça va finir, et ça ne veut pas dire que l’œuvre est un échec pour autant. Mes relations amoureuses ont été comme ça. Tant mieux si je reste avec Louis longtemps. La vie apporte des changements, parfois. Tout est possible dans l’amour ! Je pense donc qu’il faut avant tout célébrer qui on est, célébrer notre identité amoureuse. On n’est pas obligé d’être dans la norme de « je rencontre un gars, je fais des enfants et je reste avec lui toute ma vie ».

Tu fais ce métier depuis plus de 25 ans. Te rend-il heureuse ? Es-tu rassasiée professionnellement ?

Non, je ne suis pas rassasiée, mais je n’ai pas la même faim qu’avant. J’ai envie de continuer à travailler et à avoir de beaux défis d’actrice, de continuer de travailler avec des gens que j’aime et d’être stimulée et challengée. Mais j’ai envie de mieux travailler et de me donner le temps de le faire, et c’est ce que je fais depuis deux ou trois ans. Je tente de faire un projet de théâtre par année plutôt que d’en faire quatre en tournant en même temps, pour éviter d’être fatiguée. Je tente de mieux m’organiser pour bien faire ce que j’ai à faire, parce que je suis quelqu’un d’hyper perfectionniste et je ne veux pas être dans la demi-mesure dans ce que je fais et ce que j’offre. Je suis du genre gossante de style première de classe !

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As-tu eu l’impression qu’à un certain moment, tu en as fait trop ?

Oui, j’ai traversé des périodes où je jonglais avec plusieurs projets simultanément. Ce n’était pas par gourmandise, mais plutôt parce que certains projets avaient été reportés et que tout s’était retrouvé concentré sur la même période — ça arrive parfois. Cependant, depuis quelques années, il me semble qu’un équilibre plus stable s’est installé, et j’apprécie cette évolution, car elle me permet d’avoir une vie en dehors de mon travail. C’est un défi constant de trouver le juste milieu en tant qu’acteur : quand les opportunités se présentent, on a naturellement envie de les saisir pour assurer ses revenus, d’autant plus qu’il n’existe aucune sécurité d’emploi dans ce métier. Mais je n’éprouve plus cette anxiété qui me tenaillait dans ma jeunesse, cette peur constante de manquer de travail.

As-tu le sentiment que plus jeune, tu es passée à côté de certaines périodes de ta vie parce que tu travaillais trop ?

Non, ce n’était pas tant mettre ma vie de côté, c’était plutôt d’avoir moins le temps de la vivre parce que je travaillais trop. Je voyais moins ma famille et mes amis, et je passais un peu à côté de certaines choses. J’ai manqué certains partys parce que je tournais tôt le lendemain, et c’est correct parce que je n’ai jamais été non plus la fille la plus sociable. J’ai besoin d’un équilibre dans tout ça.

Tu seras sur la scène du Théâtre de Quat’Sous dans la pièce Passion simple, qui est un seul-en-scène. C’est un grand défi d’actrice. Comment vois-tu ça ?

J’ai déjà fait un seul-en-scène. Je m’étais dit que c’était coché sur ma liste et que je n’allais plus jamais en faire. Mais Brigitte Haentjens m’a proposé ce texte, l’adaptation du célèbre roman d’Annie Ernaux, Passion simple, qui était pour moi fulgurant de beauté et d’importance, et je ne pouvais pas passer à côté de ça. J’avais lu ce livre et j’avais été charmée. Je suis seule sur scène, mais je suis bien entourée dans ce projet et le texte est tellement riche et beau qu’il m’habite complètement. C’est certain que c’est un gros défi d’être seule sur scène pendant toute la durée de la pièce et que ça fait peur d’imaginer que je pourrais oublier une partie du texte. Mais c’est de l’art vivant et si jamais je me trompe, je me rattrape, on oublie ça et on avance.

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Qu’est-ce qu’il te reste à faire que tu n’as pas encore fait ?

Cet hiver, j’ai eu un beau défi : je suis allée tourner deux jours dans un film avec deux actrices américaines, et ç’a été une belle expérience. Je n’avais pas joué en anglais depuis longtemps, et ça m’a vraiment sortie de ma zone de confort. J’ai relevé ce défi-là et j’étais vraiment fière de l’avoir fait. J’ai tourné avec Naomie Watts et Sarah Paulson dans le film Mother Courage, et ç’a été vraiment le fun. J’ai trouvé ça challengeant et déstabilisant, tout de même, mais c’était le fun d’avoir la chienne en tournant. Les deux ont été généreuses et très bonnes, et j’étais un peu intimidée au début. Mais ça a passé et ç’a été une très belle expérience. Cependant, je ne tiens pas à faire carrière en anglais. C’est juste arrivé comme ça.

Véro Boncompagni-2024
Véro Boncompagni-2024

En terminant, as-tu d’autres projets ?

Oui, il y a le film Ma fille tu seras libre, qui sort ce mois-ci. Le film est réalisé par Bachir Bensaddek d’après un scénario de Marie Viens. Ça parle d’une mère afghane qui vient ici pour se marier. Elle a des enfants et sa fille doit retourner là-bas pour se marier, mais cette mère se bat pour protéger sa fille d’un mariage forcé et d’un retour en Afghanistan. C’est un film très sensible et très important qui aborde la triste réalité de la violence faite aux femmes et des mariages forcés. Je joue une prof de francisation qui devient une amie de la famille. J’ai eu la chance de jouer avec une formidable actrice afghane qui a pour nom Wazhma Bahar.

La saison 2 de la série Le retour d’Anna Brodeur est disponible sur Crave. Le film Ma fille tu seras libre sort en salle le 27 mars. La pièce Passion simple sera présentée du 1er au 29 avril au Théâtre de Quat’Sous.

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