Julie Bélanger: «Je prends soin de moi»
Michèle Lemieux
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Ces derniers mois, Julie Bélanger a traversé plusieurs épreuves. Un dégât d’eau survenu en décembre l’a contrainte à entreprendre d’importants travaux de rénovation dans sa maison. Puis, en février, des problèmes de santé l’ont forcée à prendre du recul. Heureusement, sa vie personnelle et professionnelle se porte bien. L’animatrice, qui a souvent démontré sa capacité à mettre un terme à un projet malgré le succès, a annoncé quitter Ça finit bien la semaine, et c’est derrière le micro à Rythme FM qu’on la retrouvera à la rentrée.
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Julie, l’annonce de ton départ de Ça finit bien la semaine a pris tout le monde par surprise. Pourquoi avoir pris cette décision ?
J’ai décidé de quitter Ça finit bien la semaine après 13 saisons. On dirait qu’il y a eu une accumulation de petits moments pendant l’hiver qui a fait en sorte que je me suis demandé si je voulais continuer une autre année ou non. Tout allait bien. J’avais toujours dit que j’allais coanimer cette émission jusqu’à ce qu’on ne veuille plus de moi, mais j’ai eu le sentiment que si je poursuivais, j’allais tomber dans la redite. Je me suis demandé si j’avais encore quelque chose à apporter à cette émission-là, si je pouvais encore me renouveler. J’en suis arrivée à la conclusion que c’était la fin. J’ai été la première étonnée de ce constat.
As-tu eu besoin d’un accompagnement pour en arriver à cette conclusion ?
J’ai toujours un accompagnement. Il y a eu ma psy, que je continue de consulter. Je voulais comprendre si je faisais une bonne analyse de la situation ou si j’étais fatiguée parce que j’avais eu une année de fou. Évidemment, j’en ai aussi parlé avec mon amoureux.
Tu as toujours dit rencontrer de la difficulté avec les fins. Comment as-tu envisagé de tourner la page ?
C’est vrai que je suis quelqu’un qui rencontre de la difficulté avec les fins, d’habitude, mais j’ai tellement travaillé là-dessus en thérapie qu’on dirait que j’y arrive. Les fins, ça me fait de la peine, mais cette fois-ci j’ai compris que c’est juste un beau cadeau. J’ai compris que partir au bon moment, c’est aussi important.
Ce n’est pas ton premier départ. Sur le plan professionnel, tu as souvent fait preuve de courage et quitté en dépit du succès.
C’est vrai. Ce sont de gros changements de vie. J’ai l’air bien zen, mais j’ai eu le vertige. Je me suis dit que c’était peut-être la fin, que je ne ferais peut-être plus jamais de télé. C’est possible. Mais chaque fois que j’ai pris ce genre de décision, quelque chose est arrivé. En fermant cette porte, je me suis demandé ce qui allait arriver. Finalement, je retourne à la radio à Rythme. On m’a offert le retour à la maison, une case horaire que je n’avais jamais occupée. Je ne voulais pas refaire ce que j’avais déjà fait. On m’a donné carte blanche. Ça faisait des années que je ne pensais plus à la radio, mais, à ma grande surprise, je me suis mise à avoir des idées pour l’émission. Quand je les ai proposées, elles ont été acceptées. Le signal de la vie est clair. Je vais donc être à la radio à la rentrée. J’en suis à bâtir mon équipe.

Tu as toujours fait preuve de courage et suivi ton intuition. Cela t’a toujours menée à la bonne place.
Oui, et je pense que quand on fait ça, on ne peut pas se tromper. Moi, mon plan B, c’est de tout vendre et de retourner sur la Côte-Nord. Ça me donne une grande liberté. Si ça ne marche plus, je sais que je vais être heureuse là-bas. Ce n’est pas grave. J’ai réalisé tous mes rêves. Mais là, je me rends compte qu’il y a encore un autre rêve. Merci la vie.
Revenons sur ces derniers mois qui ont quand même été passablement chargés.
Effectivement. Il y a eu un dégât d’eau, chez moi le 21 décembre. Nous étions au chalet sur la Côte-Nord pour le temps des Fêtes. Nous commencions à peine à nous déposer. J’ai regardé les caméras de sécurité de la maison, mais sans comprendre l’image que je voyais. Mon chum m’a expliqué que ce que je voyais, c’était de l’eau et que le blanc, c’était le plafond qui s’était effondré. L’eau coulait comme les chutes Niagara ! Notre voisin, qui est heureusement un bon ami à nous, est allé fermer l’eau. Nous l’avions laissée ouverte, car quelqu’un venait prendre soin de notre chat. Nous ne ferons plus jamais ça...
À quoi le dégât d’eau était-il dû ?
Le tuyau d’alimentation de la toilette dans la salle de bains des maîtres, à l’étage, était brisé. L’eau a coulé en continu pendant un bon 24 heures de l’étage jusque dans le sous-sol. Nous nous sommes donc tapés 10 heures de route le 22 décembre avec les chiens pour venir constater le dégât. Nous avons appelé les assurances. L’équipe d’urgence a débarqué. La maison était sens dessus dessous. Un dégât d’eau, c’est terrible. Le plancher était frisé partout. Avec le gros sapin de Noël allumé dans le coin, c’était ironique. Il a fallu se relocaliser. Nous étions le 22 décembre. Nous avons habité temporairement chez la sœur de mon chum et nous y avons passé Noël. Puis, un de nos bons amis a vu sur les réseaux sociaux ce qui nous arrivait et a proposé de nous prêter une maison à vendre. Nous avons reçu ce cadeau-là le 24 décembre.
Et tu as décidé d’en faire une série !
Oui. J’ai décidé de faire ce projet par moi-même, sur les réseaux sociaux. Les gens que ça intéresse peuvent aller voir sur mes réseaux sociaux. Ça me permet de remercier et de mettre en lumière les gens qui ont décidé de nous aider. J’aime être productrice. Il n’y a pas d’échéancier. Je tourne quand je veux. Les dernières années m’ont amenée là. J’ai besoin de garder le contrôle sur mes trucs à moi. Autre point important, ça respecte Ken, qui s’est ajouté au projet. Il ne sera pas toujours devant la caméra, mais il a accepté d’embarquer. On a du plaisir avec ce projet.
Est-ce que cette épreuve te confirme à quel point tu es avec la bonne personne ?
Oui, tout à fait. Parfois, nous ne nous entendons pas sur le choix d’une poignée de porte ou des niaiseries du genre. Mais quand c’est majeur, Ken et moi, nous nous serrons les coudes, nous mettons nos forces en commun.
Vous êtes des bons partenaires, capables de regarder dans la même direction ?
Voilà 21 ans que nous sommes ensemble. Cet été, nous allons célébrer 14 ans de mariage. Parfois, on peut se demander si on est encore à la même place. Nos rénovations nous ont confirmé que oui.
Julie, tu as aussi vécu différents enjeux sur le plan de la santé. Que t’est-il arrivé ?
En février dernier, le matin de la 400e de Ça finit bien la semaine, on avait deux émissions à enregistrer. Un artiste a annulé sa présence. On a donc tenu une réunion d’urgence à 8 h. Ce matin-là, j’ai eu du mal à me réveiller. Je ne me sentais pas comme d’habitude. Durant la réunion, j’ai dit quelque chose... et je l’ai répété trois secondes plus tard sans m’en rendre compte. Toute mon équipe s’est mise à rire, mais je ne savais pas pourquoi. Ils m’ont dit que je venais tout juste de dire la même chose. J’ai proposé qu’on poursuive la rencontre sans moi. Un peu plus tard, je me suis rendue à TVA. En route, j’ai essayé de me souvenir de certains détails de ma vie, mais ça m’échappait.
Tu ressentais une certaine confusion ?
Oui, je ressentais de la confusion. J’ai appelé mon chum, j’avais le goût de pleurer. Je sentais que quelque chose ne marchait pas. Je me suis rendue à TVA et j’ai fait quelques essayages. Plus tard dans la journée, je ne me rappelais plus comment j’étais venue à TVA ni pourquoi j’étais habillée super relax. Je ne me rappelais plus que j’avais fait mon essayage... J’ai capoté. J’ai réussi à faire le premier show, mais j’avais l’impression que mon corps était mou. Après le tournage, j’ai demandé à Jean-Michel ce qu’on avait fait. Je ne m’en souvenais plus. Jean-Michel et mon équipe m’ont trouvée bizarre. Sur l’heure du souper, j’ai essayé de répéter mes textes, mais rien ne rentrait. J’ai paniqué : je pensais que je faisais un AVC.
C’est ce qui t’a convaincue d’aller à l’hôpital ?
Oui. À l’hôpital, on m’a fait un scan du cerveau pour se rendre compte que j’avais récemment vécu beaucoup de stress. Le dégât d’eau, les tournages intenses, la promo : il s’était passé beaucoup de choses en peu de temps. Il fallait reconstruire une maison, chercher des collaborateurs, prendre huit cents décisions par jour. Je réfléchissais aussi à mon avenir professionnel. On aurait dit que mon corps a lâché. J’ai été au repos pendant une semaine. J’avais juste besoin de tirer la plogue complètement. Il fallait que je me repose.
Qu’est-ce que tu as tiré comme conclusion de cet épisode-là ?
Que je n’ai plus 20 ans et qu’il faut que je respecte davantage mon corps. Je pense que je l’ai toujours poussé comme une machine. Ce que j’ai vécu, c’était vraiment comme une surchauffe.
Qu’as-tu fait pour prendre soin de toi ?
J’ai reçu des massages, je suis allée en acupuncture, j’ai fait des soins énergétiques. Il fallait que je prenne soin de l’enveloppe et mon corps me l’a rappelé. Cet épisode m’a rendue plus vigilante. Hypervigilante, même. Les jours suivants, j’analysais tout. Est-ce que mon doigt picotait parce que mon bras était en train de s’engourdir ? Je capotais. J’ai eu peur. Ça m’a rendue très consciente de l’obligation de prendre soin de moi. J’ai continué les soins énergétiques, je suis retournée en acupuncture. J’ai recommencé mes petits entraînements. Je marche avec mes chiens. Tout ça me fait du bien. À bientôt 52 ans, je prends soin de moi.
À travers tout ce que tu as vécu, as-tu eu du soutien ?
Oui, ma famille a été présente à distance. Mes amies aussi. Mon chum, évidemment, a été mon soldat. Quand il est venu me voir à l’hôpital, il ne savait pas dans quel état j’étais. Il pensait que j’avais fait un AVC et qu’il ne retrouverait plus sa blonde. Il était dans tous ses états ! J’ai compris que je suis quelqu’un qui va chercher de l’aide, je vais en thérapie, je fais des soins, mais même si mes amies essayaient d’être près de moi, je me retirais. Je voulais régler ça par moi-même. On dirait que j’avais besoin de reprendre des forces, de me retrouver moi-même, de me concentrer sur moi. Finalement, parfois, les gens ne répondent pas présents parce que nous ne leur en laissons pas la chance.
Qu’est-ce qui te garde aussi forte face à l’adversité ?
Je me découvre cette force-là. J’ai toujours su que je ne reste pas longtemps dans le fond du baril. Quand il y a une épreuve, je me donne un bon 24 heures, je braille, je fais pitié, je suis une victime. Puis, très rapidement, je mets du sens là-dedans. Je pense que ma force, c’est d’essayer de comprendre, car je pense que rien ne nous arrive pour rien. J’essaie de tirer une leçon de ce qui m’arrive.
Julie, outre la radio, as-tu d’autres projets au programme ?
Je viens de terminer la deuxième saison de l’émission Imparfaite. Cette fois-ci, on met plus le halo sur nos invités. On a fait des affaires flyées avec certains invités, dont Jean-Philippe Dion. Ça va être une belle saison, disponible sur illico à l’automne. Et ma collection d’été est disponible chez Marie-Claire Boutiques.