Tous les résultats
Publicité

Judo: de grands espoirs qui se sont envolés en fumée

Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2024-08-04T18:20:15Z

Partager

PARIS | Si la natation et l’athlétisme sont les deux locomotives du Canada, le judo devait apporter une contribution significative à l’effort de guerre canadien, mais les attentes élevées n’ont pas été satisfaites.

Avec trois judokas dans le top 5 mondial en arrivant à Paris, tous les espoirs étaient permis pour tenter d’égaler ou même de surpasser la récolte historique de deux médailles à Tokyo en 2021.

Les Jeux de Paris passeront à l’histoire comme les premiers où le Canada a monté sur la plus haute marche du podium pour la première fois. Après la médaille d’or historique de Christa Deguchi, le Canada a cumulé les déceptions.

«Nous avons vécu un gros, gros moment quand Christa a gagné l’or et de grosses déceptions par la suite, a résumé l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne, Antoine Valois-Fortier. On a partagé les deux moments et ce fut une dualité unique. Ça fait partie de mon travail d’accompagner les athlètes dans les bons et les mauvais moments.»

Trois judokas sont venus à une victoire près de se battre pour une médaille. Arthur Margelidon (73 kg), Catherine Beauchemin-Pinard (63 kg) et François Gauthier-Drapeau (81 kg) ont tous conclu le tournoi olympique en septième place.

«Chaque fois, on a perdu par des miettes, a imagé Valois-Fortier. Ça s’est joué de peu et ces combats auraient pu tourner en notre faveur. C’est une déception de terminer les Jeux avec une seule médaille.»

Publicité

Au moment de la présentation des athlètes le 27 juin, Valois disait miser «sur une équipe de rêve». Il demeure persuadé que le Canada avait les éléments pour faire beaucoup mieux. «Je pense toujours que nous avions une équipe pour gagner plus qu’une médaille, a-t-il affirmé. Nous sommes parmi les meilleures nations de judo.»

Après un tournoi individuel difficile, le Canada avait l’occasion de se reprendre à l’épreuve mixte par équipe, samedi, mais il a perdu ses quatre combats et la journée a pris fin de façon abrupte.

Une première comme entraîneur

Triple olympien et médaillé de bronze en 2012 aux Jeux de Londres, Valois-Fortier a vécu son baptême de jeu comme entraîneur. Après la déception de Tokyo, où il s’était incliné à son deuxième combat, comment a-t-il trouvé la gestion d’un groupe? La douleur est-elle plus vive?

«C’est spécial de gérer de gros moments de bonheur d’un côté et des gros moments de déception d’un autre côté, a-t-il résumé. Comme c’est le cas pour les athlètes, je vais chercher les moyens de m’améliorer comme entraîneur. J’ai appris beaucoup et je vais revenir plus fort, plus aiguisé.»

Valois-Fortier a-t-il l’impression que Judo Canada a effectué un pas en arrière dans la Ville Lumière? «C’est difficile de répondre à cette question, mais je ne dirais pas que nous avons fait un pas par en arrière, a-t-il indiqué. Il y avait une plus belle saveur à la fin des Jeux de Tokyo, mais il y a aussi eu des bons moments à Paris. Il y a bien sûr la médaille d’or, mais la performance de François est un autre point positif. C’est un athlète émergeant qui a bien fait à ses premiers Jeux.»

Certains vont-ils accrocher leur kimono au clou de la retraite? «On va laisser retomber la poussière. Tout le monde va prendre du repos, incluant moi, et on verra par la suite.»

Publicité
Publicité