Abraham Ancer fait tourner les têtes à Augusta

François-David Rouleau
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Vivant son baptême du feu au Tournoi des Maîtres, Abraham Ancer a peiné à croire à ce qu’il avait réalisé, vendredi après-midi. Installé provisoirement à égalité en tête avec de féroces rivaux, il est encore trop tôt pour joindre son nom aux Horton Smith, Gene Sarazen et Fuzzy Zoeller. Il est toutefois permis de rêver.
Faisant partie d’un groupe sélect, ces trois golfeurs ont remporté le tournoi à leur première participation. Rien de moins. Mais comme le veut l’adage, le vrai Masters ne prend son envol que sur le retour, le dimanche après-midi.
Il y a 11 mois qu’Ancer a reçu cette fameuse première invitation en vertu de ses performances en 2019 et de son classement mondial, entre autres. Bien en évidence dans un cadre de son salon, il rêvait de mettre les pieds à Augusta depuis sa tendre enfance. Après 36 trous, on peut affirmer qu’il n’a pas manqué son entrée.
«J’étais si excité de me diriger à Augusta, un endroit que je regardais à la télévision quand j’étais tout petit. Je suis arrivé la semaine dernière. J’ai joué avec un membre. J’adore ce parcours, il est incroyable. C’est maintenant mon endroit favori au monde, a laissé savoir le Mexicain de 29 ans, les yeux pleins d’étoiles.»
Son score total de 135 coups le place tout juste derrière Chris DiMarco, qui avait compté 134 coups à titre de recrue au Masters de 2001 après deux rondes entrées dans les livres.
Coup de fouet
Preuve qu’une bonne performance peut débuter avec un boguey, Ancer s’est repris de belle façon en amassant six oiselets pour signer une carte de 67 (-5).
«Ce n’est évidemment pas la façon idéale de commencer une ronde, mais je me suis répété que, parfois, les meilleures débutent avec un boguey. Je suis resté patient. C’est ce que je crois qu’il faut faire ici et ce que j’ai réalisé ces deux jours.»
Vendredi, il a terminé la première ronde avant d’immédiatement revenir en piste. Au total, il a joué 25 trous.
Son dossier cumulatif de -9 le place à égalité avec Cameron Smith, Dustin Johnson et Justin Thomas. Derrière, Jon Rahm et Hideki Matsuyama guettent à -8, alors qu’ils ont respectivement six et trois trous chacun à négocier en deuxième ronde, samedi matin. La noirceur à 17 h 30, vendredi, a forcé la fin du jeu.
C’est donc dire qu’ils pourraient même s’installer au sommet à l’aube de la troisième ronde.
Satisfait de son sort, Johnson estime que le parcours lui en doit même quelques-unes, lui dont la balle a fait un tour complet de la coupe sur un roulé de 10 pieds au troisième fanion, le privant d’un oiselet.
«Je contrôle ma balle et tout ce que je fais. Mon fer droit fonctionne très bien, mais j’espère caler plus de roulés ce week-end.»
DJ souhaiterait aussi gruger d’importants coups sur les normales 5. Après 36 trous, il a retranché quatre coups des quatre normales 5 du National. Pour reluquer le veston vert, il faut en effet savoir saisir les occasions à ces endroits.
Thomas en veut plus
Véritable artisan avec ses fers, lui qui a jusqu’à présent atteint 81 % des verts en coups réguliers, Thomas aurait souhaité plonger sous les -10.
«Je me suis accroché aujourd’hui», a souligné celui qui a commis deux bogueys en plus d’un double boguey.
«J’ai compris qu’aussi longtemps que le parcours resterait tendre et réceptif, je pourrais accumuler les oiselets, a poursuivi l’auteur de sept "moineaux" et d’une carte de 69 (-3). Je suis en bonne position pour le week-end.»
Autre preuve que la précision est plus importante que la puissance à Augusta, Thomas figure au 10e rang quant aux approches des verts. Dans cette colonne en 2020, il a mené le circuit de la PGA. Depuis quatre ans, il se maintient dans le top 5.
«Il y a deux qualités importantes à maîtriser dans ce tournoi. Mon jeu de fer est constant. C’est un parcours où il faut exceller avec ses seconds coups. Et il faut aussi bien placer la balle depuis les tertres. Cela facilite l’approche.»
Thomas domine aussi la colonne des coups gagnés sur le plateau des tertres au vert. Un véritable maître dans l’art.
On ne peut en dire autant de Bryson DeChambeau, qui a encore peiné, vendredi. Freiné par la noirceur au 12e trou, il présentait un dossier cumulatif de +1. Le couperet était placé à égalité avec la normale. Tiger Woods était quant à lui au neutre à -4 après 10 trous.
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♦ La deuxième ronde reprendra dès 7 h 30. La troisième débutera à 10 h 30.
♦ Rory McIloy, Tommy Fleetwood, Danny Willett et Patrick Cantley ont enregistré le meilleur pointage de la journée, un score de 66 (-6).
DANS LE CALEPIN...
À 63 ans, l’Allemand Bernhard Langer est devenu le joueur le plus âgé à éviter le couperet du Tournoi des Maîtres. Avec des rondes de 68 (-4) et 73 (+1), le champion de 1985 et 1993, qui en est à sa 37e participation, a surpassé Tommy Aaron, qui avait fait le coup en 2000. Rappelons qu’à l’édition 2016, le vétéran occupait le troisième échelon à l’issue de 54 trous.
L’abrupt vert de la normale 3 du 6e fanion a joué un vilain tour au Canadien Nick Taylor à la fin de sa première ronde, vendredi matin. Il y a exécuté quatre roulés, inscrivant finalement un double boguey. L’une des 26 recrues du Masters se trouve à égalité avec la normale après 36 trous et flirte avec le couperet. À -3, Corey Conners est le représentant de l’unifolié en meilleure posture.
Jack Nicklaus avait semé l’émoi à moins d’une semaine de l’élection présidentielle américaine en annonçant publiquement son appui à Donald Trump. Le gentleman de l’univers du golf, natif de l’Ohio et résident de la Floride qui est à la tête de sa firme d’architecture de parcours, a souvent côtoyé le magnat de l’immobilier sur les allées. Sa prise de position avait déçu bon nombre de ses plus grands fans. En conférence de presse, jeudi, il a refusé de répondre à une question poliment posée sur le sujet. «Je crois que j’en ai suffisamment dit. Et je ne crois pas que ce soit l’endroit pour parler de politique», a sèchement laissé tomber le Golden Bear. Le modérateur a rapidement posé la question suivante.
Depuis sa déconfiture en ronde finale l’an dernier, Francesco Molinari a perdu son lustre. Vendredi, il a enregistré l’un de ses pires pointages à Augusta, une carte de 78. À +6, il a fait sa valise vendredi soir. À 71,4 coups, le pointage moyen en première ronde est le plus bas de l’histoire, notamment grâce à 53 scores sous la normale. La marque précédente était de 72,06 coups en 1992.