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Jour J pour la nomination du premier ministre en France... sauf nouveau délai

AFP

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2024-12-12T10:54:34Z
2024-12-12T13:26:20Z

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Le président français Emmanuel Macron doit nommer jeudi en fin de journée un nouveau premier ministre qui aura la lourde tâche de rechercher un accord pour survivre plus longtemps que le précédent gouvernement et faire adopter un budget dans un paysage politique toujours aussi fracturé. 

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Emmanuel Macron avait à la surprise générale dissous l’Assemblée nationale en juin, après la déroute de son camp aux européennes face à l’extrême droite. Les législatives anticipées ont abouti à une Assemblée fragmentée en trois blocs (alliance de gauche, macronistes et droite, extrême droite) sans majorité absolue.

Issu de la droite, le premier ministre et ancien commissaire européen Michel Barnier, en fonction depuis seulement trois mois, avait été contraint le 5 décembre de démissionner, après un vote de censure historique à l’Assemblée.

Ce jeudi, c’est théoriquement le jour J: le président français avait promis mardi après-midi un chef de gouvernement «dans les 48 heures». Un serment fait aux dirigeants de formations d’un arc allant du Parti communiste au parti Les Républicains (LR - droite), réunis à l’Élysée en quête de compromis, en l’absence du Rassemblement national (RN - extrême droite) et de La France insoumise (gauche radicale).

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Or, Emmanuel Macron, qui a un temps espéré annoncer son choix mercredi soir, une semaine exactement après la censure du gouvernement, est arrivé jeudi en Pologne. Mais il a «écourté» son programme, annulant une visite prévue dans l’après-midi au Musée de l’Insurrection de Varsovie, pour bien être de retour à Paris «en début de soirée», a annoncé son entourage.

Une fois à l’Élysée, il pourrait recevoir son candidat et dévoiler son nom, potentiellement à temps pour les journaux télévisés de 20 h locales. Sauf nouveau retard d’un Emmanuel Macron qui a souvent la nomination lente et laborieuse, à tel point que même ses proches ne pouvaient garantir jeudi que le délai serait tenu.

Quel nom pour extirper le pays d’une crise politique sans précédent ? François Bayrou, le fidèle allié centriste qui attend toujours son heure et semblait cette fois favori? Ou bien Bernard Cazeneuve, pour récompenser les gages donnés par le Parti socialiste (PS), dont certains députés, parmi lesquels l’ex-président François Hollande, adoubent in extremis l’ancien Premier ministre?

«Pacte de non-censure» 

À moins qu’un autre prétendant soit préféré à ces deux ténors, qui se respectent et se parlent.

«Ça coince» car M. Macron cherche à s’assurer au préalable que le futur exécutif bénéficiera d’un «pacte de non-censure» de la part notamment du PS, voire des écologistes, explique un proche, qui redoute que «ce soit un espoir vain».

Des contacts informels, directs ou indirects, ont eu lieu mercredi avec ces partis, sans aboutir clairement, selon un cadre du camp présidentiel.

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François Bayrou, lui, propose de longue date au chef de l’État un gouvernement de ténors susceptibles de convaincre suffisamment de députés, sans attendre un accord formel entre les chefs de parti.

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure avait refusé publiquement mercredi l’option Bayrou, plaidant pour un premier ministre de gauche.

«Les Français veulent un peu d’enthousiasme, d’élan, de souffle, un truc nouveau quoi», a lancé à son tour jeudi la patronne des Ecologistes Marine Tondelier sur la chaîne France 2.

Elle a rejeté ceux qui incarnent le «passé» à ses yeux: François Bayrou mais aussi l’ex-socialiste Cazeneuve, que le président avait consulté formellement en septembre sans toutefois le nommer, mais dont la cote semble être remontée ces dernières heures.

Pas de budget pour 2025 

Dans l’aile droite de la macronie, on préférerait l’inamovible ministre des Armées Sébastien Lecornu, très proche du président, ou sa collègue Catherine Vautrin.

Certains redoutent aussi que le parti Les Républicains, après avoir participé à l’aventure Barnier, se défile face à un gouvernement plus marqué à gauche.

Il y a en tout cas urgence. La chute de Michel Barnier, renversé par les députés lors d’une censure inédite depuis 1962, laisse le pays sans budget pour 2025.

Un projet de loi spéciale pour éviter une paralysie de l’État a été présenté mercredi en Conseil des ministre et démarre son parcours parlementaire express qui devrait rapidement permettre son adoption. Mais il ne permet pas de reconduire de nombreuses dispositions anciennes ou nouvelles favorables aux Français et aux entreprises.

Les annonces de plans sociaux se multiplient actuellement en France, dans les grandes entreprises, chez des sous-traitants ou des petites structures, dans de nombreux secteurs (métallurgie, commerce, secteur public et associatif, banques et assurances, chimie...) et un peu partout sur le territoire.

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