Tous les résultats
Publicité

Joshua Roy le Québécois que le CH a failli échapper

Le recruteur Serge Boisvert revient sur la sélection du joueur du Phoenix de Sherbrooke en 5e ronde en 2021

Joshua Roy lutte pour le disque avec Damon Severson, lors d’un match pré-saison contre les Devils, le 26 septembre.
Joshua Roy lutte pour le disque avec Damon Severson, lors d’un match pré-saison contre les Devils, le 26 septembre. Photo d’archives, Martin Chevalier
Photo portrait de Kevin Dubé

Kevin Dubé

2023-01-14T03:15:00Z
2023-01-14T03:19:10Z

Partager

La sélection de Joshua Roy par le Canadien de Montréal en cinquième ronde en 2021 a des airs de véritable vol en plein jour. L’équipe avait toutefois les mêmes craintes qu’à peu près tout le monde au sujet du Beauceron et c’est finalement l’insistance de Serge Boisvert et de Donald Audette, à la table du repêchage, qui aura fait la différence. 

• À lire aussi: Quatre points pour Joshua Roy à son retour

• À lire aussi: Une passe magique

Les deux recruteurs, responsables du territoire québécois pour le compte du Tricolore, avaient vu et entendu les mêmes choses que tout le monde lors de la saison 2020-2021, au sujet de Roy. Après un début de saison respectable, lors duquel il avait récolté 17 points en 15 matchs avec les Sea Dogs de Saint-Jean, le premier choix au total du repêchage de la LHJMQ en 2019 avait créé une petite bombe dans le monde du hockey junior lorsqu’il était retourné chez lui, pour la pause des Fêtes, mentionnant qu’il n’avait pas l’intention de se rapporter aux Sea Dogs et qu’il demandait une transaction.

Les raisons de cette demande ont filtré au compte-gouttes et plusieurs d’entre elles demeurent toujours inconnues. 

On a toutefois appris, par la suite, que Roy ne sentait pas que l’encadrement offert par l’équipe du Nouveau-Brunswick cadrait avec ses besoins et il avait par la suite été un joueur transformé après un échange qui l’avait fait passer au Phoenix de Sherbrooke.

Publicité

Malgré deux bons derniers mois en Estrie, les doutes subsistaient. 

« On sentait que son implication n’était pas toujours à 100 %. De plus, il avait demandé à être échangé et quand tu fais ça, c’est que quelque chose ne va pas bien. Par contre, on voyait qu’il n’était pas bien encadré à Saint-Jean et ça s’était replacé avec Stéphane Julien, à Sherbrooke », s’est rappelé Boisvert lors d’un entretien téléphonique avec Le Journal.

RIEN À PERDRE

Au repêchage, cette année-là, le Canadien place Roy sur sa liste finale, mais il y figure parmi les espoirs de dernier tiers. En première ronde, l’équipe débute avec la sélection controversée de Logan Mailloux puis, le lendemain, elle choisit Riley Kidney et Oliver Kapanen en deuxième ronde. Elle enchaîne avec les défenseurs Dmitri Kostenko en troisième ronde, puis William Trudeau au quatrième tour.

« Quand on a passé la quatrième ronde et qu’on a pris William Trudeau, Donald et moi sommes allés parler à Trevor [Timmins] et Martin Lapointe. On leur a dit qu’on ne pouvait pas laisser passer un talent comme Joshua Roy en cinquième ronde. On n’avait rien à perdre, et tout à gagner. »

Malgré tout, au 142e rang de la cinquième ronde, le Tricolore annonce la sélection d’un autre défenseur russe, Daniil Sobolev. 

Mais le vœu des deux recruteurs québécois est ensuite exaucé, huit choix plus tard : avec la 150e sélection au total, Roy devient la propriété du Canadien de Montréal.

« J’étais sûr qu’il serait parti à ce rang. Je pensais que d’autres équipes miseraient sur lui », reconnaît le recruteur québécois.

Publicité

TRANSFORMATION

Sans tenir compte du contexte de l’époque, le Canadien passe aujourd’hui pour un génie avec la sélection de Roy.

La saison suivant son repêchage, Roy terminait au premier rang des compteurs de la LHJMQ avec 119 points, dont 51 buts en 66 matchs avant d’être sélectionné pour représenter Équipe Canada junior pour la reprise du Mondial en août dernier, à Edmonton. 

Ses huit points en sept matchs auront aidé le Canada à remporter l’or, puis il en a remis il y a quelques semaines à peine, en jouant un rôle clé dans la deuxième conquête consécutive de l’or par ÉCJ, à Halifax, réalisant notamment la passe décisive sur le but gagnant de Dylan Guenther, en prolongation, face à la Tchéquie en grande finale.

CRÉDIT AU PHOENIX

Pour Boisvert, une importante partie du crédit revient à Stéphane Julien et au Phoenix de Sherbrooke.

« Ce qui nous a convaincus de le prendre en cinquième ronde, c’est qu’on savait qu’il avait été échangé dans un bon environnement et qu’il était entre bonnes mains. Il l’a bien démontré par la suite, perdant entre 20 et 25 lb et en devenant plus sérieux dans son désir de devenir un joueur de hockey. Avec du recul, à voir ce qu’il nous donne présentement, il joue comme un choix de première ou deuxième ronde, on ne peut pas le nier. »

Alors que l’organisation du Canadien a été souvent critiquée dans les dernières années pour ne pas piger assez dans le talent québécois, Boisvert reconnaît que de voir la progression de Roy lui fait un petit velours. Mais il ne crie pas victoire pour autant.

Publicité

« C’est flatteur, mais le jour où on va avoir un vraie bonne claque dans le dos, Donald et moi, c’est le jour où il va jouer dans la LNH et on n’est pas encore là. Il est encore loin d’y être et tout dépendra de lui. »   

UNE EXPLOSION TOTALE 

Photo fournie par le Phoenix de Sherbrooke
Photo fournie par le Phoenix de Sherbrooke

Statistiques depuis son repêchage en 2021 

Saison 2021-2022
66 matchs 

  • 51 buts 
  • 68 passes 
  • 119 points 

Séries 2021-2022
11 matchs 

  • 8 buts 
  • 15 passes 
  • 23 points 

Mondial junior 2022
7 matchs 

  • 3 buts 
  • 5 passes 
  • 8 points 

Saison 2022-2023
27 matchs 

  • 19 buts 
  • 28 passes 
  • 47 points 

Mondial junior 2023
7 matchs 

  • 5 buts 
  • 6 passes 
  • 11 points 

Total
118 matchs 

  • 86 buts 
  • 122 passes 
  • 208 points 

LES CHOIX DU CH EN 2021 

Logan Mailloux
1er tour (31e)

Photo d’archives
Photo d’archives

Riley Kidney
2e tour (62e)

Photo d'archives
Photo d'archives

Oliver Kapanen
2e tour (63e)

Photo d'archives
Photo d'archives

Dmitri Kostenko
3e tour (87e)

William Trudeau
4e tour (113e)

Photo d'archives
Photo d'archives

Daniil Sobolev
5e tour (142e) 

Photo d'archives
Photo d'archives

Joshua Roy
5e tour (150e)

Photo d'archives
Photo d'archives

Xavier Simoneau
6e tour (191e)

Photo d'archives
Photo d'archives

Joe Vrbetic
7e tour (214e)

Photo d'archives
Photo d'archives

« Il a joué un style de la LNH » 

Le directeur du développement des joueurs, Rob Ramage, ravi du jeu de l’ailier au Mondial junior

Joshua Roy a eu son gros mot à dire dans la conquête du Canada au Mondial junior.
Joshua Roy a eu son gros mot à dire dans la conquête du Canada au Mondial junior. Photo d’archives, Agence QMI

Rob Ramage savait déjà que Joshua Roy possédait des habiletés offensives au-dessus de la moyenne. Ce qu’il a vu de lui, au dernier Championnat mondial de hockey junior lui a toutefois confirmé une chose : l’attaquant beauceron est sérieux dans son plan de développer un style de jeu professionnel.

Publicité

Et la séquence qu’il a en tête a marqué les esprits : en demi-finale, face aux États-Unis, Roy a écoulé à lui seul de nombreuses secondes en territoire américain alors que ces derniers tentaient par tous les moyens de lui soutirer la rondelle et de poursuivre leur avantage numérique. Le Québécois était retourné au banc sous les applaudissements nourris de la foule.

« De voir cet effort sur la séquence, ainsi que la réaction de la foule et de ses coéquipiers à son retour au banc, j’avais l’impression de revivre les années de Guy Carbonneau ! » rigole le directeur du développement des joueurs du Tricolore au bout du fil.

Entendons-nous : il ne compare pas Roy à Carbonneau. Toutefois, ces quelques dizaines de secondes étaient un bel échantillon de la progression du choix de cinquième ronde, depuis qu’il a été repêché en 2021.

« Il a joué dans toutes les situations. Il a tué des pénalités de façon exceptionnelle. De voir un joueur comme lui, reconnu pour son talent offensif, ajouter cette dimension à son jeu, ça ne peut que l’aider pour la suite. Dans ce tournoi, il a joué un style de la LNH. »

L’EXEMPLE DE SUZUKI

L’important pour Roy, maintenant, sera de transposer ce style de jeu avec le Phoenix de Sherbrooke, en deuxième moitié de saison, note Ramage. Un défi pour les joueurs de son calibre qui n’ont pas nécessairement besoin d’avoir le pied sur l’accélérateur constamment pour connaître du succès, ajoute-t-il.

Publicité

« Pour un joueur comme Josh, qui possède un sens du jeu et des habiletés au-dessus de la moyenne, le jeu peut devenir facile dans le junior. Ces joueurs de haut niveau sont tellement utilisés qu’ils peuvent parfois se reposer pendant qu’ils jouent. Ça n’arrivera pas une fois chez les professionnels où tu dois faire des présences de 35 ou 40 secondes maximum avant de retourner au banc. Tu ne passeras jamais deux minutes complètes sur la glace et parfois, certains joueurs juniors ont du mal à s’adapter en graduant. Je ne crois toutefois pas que ce sera son cas. »

Ramage a d’ailleurs un exemple concret de ce qu’il avance, et cet exemple porte désormais le « C » avec le grand club.

« On l’avait vu avec Nick Suzuki à sa dernière année junior. Parfois, on avait l’impression que c’était trop facile pour lui. Par contre, quand il a été échangé à Guelph, il a littéralement pris l’équipe sur ses épaules. »

« IL A FAIM »

Au-delà de ses habiletés, de sa progression, de son travail accru au gymnase, une chose démarque Joshua Roy aux yeux de Ramage. 

Et non la moindre.

« Il a faim. C’est un Québécois, repêché et signé par les Canadiens de Montréal et il veut porter ce chandail un jour. C’est un plaisir de travailler avec lui et quand on lui parle, il écoute. C’est un jeune très cérébral sur la patinoire et je dois l’avouer, je l’envie pour ça. Il est très intelligent. »

Publicité
Publicité