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Jordan Harris: bon sur la glace, encore meilleur dans la vie

Photo courtoisie Benjamin Gordon

Marc de Foy

2024-06-02T22:00:00Z

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Pas besoin d’être flamboyant pour se démarquer dans la vie. C’est vrai dans toutes les sphères de la société.

Le défenseur du Canadien Jordan Harris est un bel exemple. Il prend le temps d’échanger avec les gens qui l’abordent, jeunes comme adultes. Il ne le fait pas par obligation professionnelle, mais parce que ça lui fait plaisir. 

Tout simplement.

Le jeune homme veut être plus qu’un joueur de hockey. Il a le cœur à la bonne place. Il a le don de montrer à quiconque qui le rencontre qu’il compte pour lui. S’il fait bien sur la glace, il est encore meilleur dans la vie.

Ses qualités humaines ont été soulignées hier par la Fondation du centre Cummings, qui lui a rendu hommage à titre de Personnalité sportive de l’année. Cette fondation amasse des fonds pour venir en aide aux personnes âgées desservies par les différents établissements du centre, dans l’ouest de Montréal.

Béliveau et Lafleur seraient fiers de lui

Harris ne compte pas son temps quand il va à la rencontre du public. Mike Cohen, journaliste à l’hebdo The Suburban et coorganisateur du Déjeuner des célébrités sportives qui se tenait hier, raconte une belle histoire au sujet de Harris.

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«L’hiver dernier, Jordan est allé dans une école de la commission scolaire English Montreal, indique-t-il. 

«Trois cents élèves faisaient la queue pour lui demander son autographe et poser avec lui. Il était 11 heures le matin. J’ai dit à Jordan qu’il n’avait pas à rester là pour satisfaire tout le monde. Mais il l’a fait. Ça s’est poursuivi jusqu’à 14 heures. Non seulement il comblait les demandes des jeunes, mais il prenait le temps de discuter avec eux en plus.»

De quoi faire la fierté de Jean Béliveau et de Guy Lafleur, qui procuraient toujours satisfaction à leurs fans. Comme ce l’était pour eux, c’est normal pour Harris d’échanger avec les amateurs. 

Harris courait lui aussi les joueurs de la Ligue nationale de hockey dans sa jeunesse. Mais c’était ceux des Bruins, lui qui a grandi à Haverhill, municipalité située à 55 kilomètres au nord de Boston.

«Grâce à mon père qui est préparateur physique, j’ai eu l’occasion d’en rencontrer quelques-uns, indique-t-il.

«Le premier fut Marco Sturm. Il y a eu aussi Dennis Seidenberg et quelques autres. Je n’oublierai jamais ces moments. C’est la même chose pour les jeunes que je vois. On entend souvent que les joueurs de hockey ont peu de moments libres pendant la saison, mais ce n’est pas vraiment le cas.

«Faire la rencontre de jeunes ne prend que quelques minutes dans ma journée, mais eux s’en rappelleront à jamais. Ça peut aussi leur servir d’inspiration.»

Deux gardiens dans la famille

Harris n’a pas eu à aller loin pour s’initier au hockey et savoir qu’il aimerait y faire carrière. Son père Peter, qui est doté du physique d’un joueur de ligne au football, a joué comme gardien de but.

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Homme de race noire, Peter Harris a été adopté par une famille de communauté juive. Tout comme deux autres enfants noirs élevés par cette même famille. 

Peter a fait partie de l’équipe de l’école secondaire de Haverhill et de celle de l’Université du Massachusetts à Lowell.

Il a été repêché par les Islanders de New York au 164e rang de la séance de repêchage de 1986. Il n’a fait qu’un an chez les professionnels, puis il est devenu préparateur physique pour des athlètes.

Son épouse Ginny, une Blanche, est originaire du Maine. Le couple est parent d’un autre garçon, Elijah, ancien gardien lui aussi, qui a connu une carrière de quatre ans en troisième division de la NCAA.

Promoteur de la diversité

Depuis son arrivée avec le Canadien il y a deux ans, Jordan est le seul joueur noir de communauté juive dans la Ligue nationale de hockey. Vous ne serez donc pas surpris d’apprendre qu’il est membre actif du Programme pour la diversité dans la LNH.

«Ce programme rejoint les valeurs avec lesquelles j’ai grandi et pour lesquelles je remercie mes parents de me les avoir inculquées, explique Harris.

«Si ça peut ouvrir les portes à des jeunes qui aimeraient jouer au hockey, je me dis que c’est bon. Mais ça va au-delà du sport. C’est une affaire de société.

«Les valeurs que je mets de l’avant m’ont aidé au hockey et me servent encore aujourd’hui. On joue à une époque où les joueurs proviennent de plusieurs pays. Quand on y pense, c’est important d’être une bonne personne.»

Juste à voir, ça ne fait aucun doute dans le cas de Harris. Ce gars-là est une perle.

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