Jordan Dumais et Jake Furlong avaient demandé une transaction: dans les coulisses d’une fin de saison catastrophique à Halifax


Kevin Dubé
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Considérés comme favoris en début de saison, les Mooseheads d’Halifax se sont vus montrer la porte de sortie en quatre petits matchs par le Titan d’Acadie-Bathurst. Dans les cercles rapprochés de la LHJMQ, cette élimination n’a pas été perçue comme une surprise par tout le monde, puisque de nombreux signaux à l’interne laissaient présager que ça ne tournait pas rond.
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Selon ce qu’il a été permis d’apprendre, l’atmosphère à l’interne n’était pas au beau fixe.
La saison avait débuté dans une ambiance particulière. En début d’année, l’équipe était pressentie pour tout rafler, après n’avoir été qu’à deux victoires de mettre la main sur le trophée Gilles-Courteau quelques mois auparavant.
À l’interne, toutefois, des doutes subsistaient. Certes, les Jordan Dumais, Markus Vidicek, Jake Furlong, Mathieu Cataford et Mathis Rousseau étaient de retour, mais l’équipe manquait de profondeur en attaque.
De plus, il semble que le courant n’a jamais réellement passé entre certains des meilleurs éléments de l’équipe et l’entraîneur-chef Jim Midgley.
La faute revient-elle à une personne en particulier? Probablement pas. Il semble toutefois que certains vétérans aient eu du mal à s’adapter aux façons de faire différentes d’un nouvel entraîneur, après le départ surprise de Sylvain Favreau, que les joueurs appréciaient puisqu’il accordait beaucoup d’importance à la communication.
Après avoir mené son équipe en finale l’an dernier, Favreau avait pris la décision de quitter l’organisation, citant des raisons personnelles. Il était finalement débarqué à Drummondville, où il a mené les Voltigeurs au deuxième meilleur dossier dans la LHJMQ en saison régulière.
De son côté, le directeur général de l’équipe, Cam Russell, ne croit pas que ce fut un élément problématique
«Si un joueur veut jouer au hockey et se rendre chez les professionnels, il devra accepter le fait qu’il aura un entraîneur différent presque chaque année. Ça fait partie du sport. Je ne crois pas que ce soit une excuse», a-t-il assuré.
Dumais et Furlong voulaient partir
Les choses ont pris une tournure imprévue lors de la période des transactions. En manque de confiance vis-à-vis l’alignement de l’équipe, Jordan Dumais et Jake Furlong ont même demandé à être échangés, nous ont confirmé trois sources. Ils espéraient pouvoir gagner une coupe avant la fin de leur stage junior et ne croyaient pas pouvoir le faire avec l’alignement en place à Halifax.
Cette demande n’a pas été acceptée par le directeur général Russell ainsi que le propriétaire Sam Simon, qui croyaient, eux, en leurs chances. Questionné à ce sujet, Russell n’a pas voulu s’étendre.
«Je ne vais pas commenter là-dessus. Ce sont encore des jeunes. Tout ce que je peux dire, c’est qu’ils ont été deux joueurs très importants pour notre équipe et leur absence nous a fait mal en séries», a-t-il mentionné, en faisant référence aux blessures qui les ont forcés à rater les séries. On y reviendra.

Se retrouvant donc dans une situation délicate, Russell a tenté d’ajouter de la profondeur à son alignement sans nécessairement hypothéquer outre mesure le futur de l’équipe, puisqu’il avait déjà payé des atouts importants l’an dernier pour faire l’acquisition d’Alexandre Doucet et de Josh Lawrence.
C’est pourquoi il a acquis les joueurs de 20 ans Peter Reynolds des Sea Dogs de Saint-Jean et Lou-Félix Denis des Cataractes de Shawinigan. Jan Sprynar était également arrivé de Shawi.
Tout ça, pendant que d’autres puissances du circuit volaient le spectacle en s’appropriant les droits des gros noms disponibles sur le marché, dont Vsevolod Komarov, Alexis Gendron, Samuel Savoie et compagnie.
«Il y a un maximum d’atouts que nous étions prêts à laisser aller, a expliqué Russell. Il était inconcevable pour nous de placer l’équipe dans un trou duquel il serait difficile de se sortir dans les prochaines années.»
Moral à plat
Les Mooseheads se sont quand même maintenus parmi les meilleures équipes de la LHJMQ en deuxième moitié de saison, terminant avec le cinquième meilleur dossier lors des 34 derniers matchs du calendrier régulier (45 pts). Tout ça, sans Dumais, qui a subi à son retour du Championnat mondial de hockey junior une intervention chirurgicale qui lui a fait rater la deuxième moitié de saison au complet. Halifax a terminé au quatrième rang du classement général avec un très respectable 92 points.
Mais il semble que ce groupe n’a jamais réellement été engagé vers un but commun, selon les témoignages recueillis.
Finalement, Dumais n’est jamais revenu au jeu. En plus de sa blessure, il a été suspendu à l’interne pour des incidents hors glace. De son côté, Furlong a vu sa saison prendre fin avant même que les séries ne débutent, opéré à une épaule.

Deux situations qui ont assurément ajouté des distractions au sein d’un vestiaire au moral fragile.
Sans Dumais, leur meilleure arme offensive, Furlong, leur capitaine, et, visiblement, sans réellement croire en leurs chances, les Mooseheads sont devenus seulement la deuxième équipe en 30 ans à subir la défaite en première ronde des séries de la LHJMQ après avoir terminé parmi les quatre premières au classement général de la saison.
Un balayage, en quatre parties, au profit d’un Titan d’Acadie-Bathurst sans complexe.
«Il est important de leur donner du crédit, a tenu à souligner Russell. Ils ont joué du très bon hockey dans les derniers mois et Gordie [Dwyer, l’entraîneur-chef de l’équipe] a fait tout un travail avec eux.»
N’empêche, peu de gens avaient un blanchissage du Titan sur leur carte de bingo.