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Jonathan Aspirot affrontera le Canadien: l'improbable ascension d'un exclu de la structure du hockey québécois

Getty Images via AFP
Photo portrait de Jonathan Bernier

Jonathan Bernier

2025-11-15T18:35:07Z

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« Ce tabarouette-là joue dans le show. C’est quelque chose. J’en parle et j’en ai des frissons.»

Malgré l’excitation, Denis Aspirot peinait encore à réaliser que son fils Jonathan portait les couleurs des Bruins de Boston depuis deux semaines lorsque le Journal l’a joint, vendredi matin.

À ce moment, l’ancien joueur des Roadrunners de Montréal ignorait toujours si son fils allait affronter le Canadien, le lendemain. Un détail qui, au moment de la discussion, ne pesait pas très lourd dans la balance.

Getty Images via AFP
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« J’ai vu par où il est passé. J’ai vu les hauts et les bas. Comme tous les jeunes, il en a eu. Mais, il n’a jamais cessé de croire en son rêve. Il n’a jamais baissé les bras.»

Cette résilience, Jonathan Aspirot a dû la démonter bien avant de passer six ans dans la Ligue américaine à bûcher chaque jour en espérant être rappelé. Jamais il n’a joué dans les structures rigides du hockey québécois. Jamais il n’a joué dans le AAA, que ce soit au niveau pee wee, bantam ou midget.

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« On va se le dire, le hockey mineur, il y a plusieurs cliques là-dedans. Sa première année pee wee, il était très bon, mais ça n’a pas marché. Donc, il a choisi d’aller du côté scolaire», a raconté le paternel.

« Tout est possible »

Que le défenseur des Bruins parvienne à atteindre la LNH sans avoir passé par ce qui est considéré au Québec (mais pas ailleurs) comme la voie obligée peut assurément faire du défenseur un modèle.

Photo Jonathan Bernier
Photo Jonathan Bernier

« Peu importe si tu ne fais pas une équipe une année ou que les choses ne se passent pas bien durant une saison, ce n’est jamais fini. Tu ne dois jamais baisser les bras. Tu ne sais jamais ce qui peut arriver dans l’avenir », a déclaré l’ancien capitaine des Wildcats de Moncton, après l’entraînement matinal des Bruins.

Aspirot a joué son hockey mineur dans la Ligue de hockey préparatoire scolaire (aujourd’hui affiliée à la RSEQ). Puis, pendant que ceux que l’on considère comme les meilleurs joueurs de 16 ans joignaient les rangs du midget AAA, Aspirot, à l’instar de Vincent Desharnais quelques saisons avant lui, s’est aligné avec Ulysse Académie, un prep school, qui évolue dans la Canadian Sport School Hockey League (CSSHL).

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« J’ai suivi une voie différente. Mais ça démontre que, peu importe le parcours, si tu continues de travailler fort, tout est possible. Tu peux te rendre où tu veux », a déclaré le défenseur.

Une tête de cochon

Puis, il y a eu cette attente interminable dans les organisations des Sénateurs et des Flames. Les voyages en autocar, un poulet à moitié chaud sur les cuisses et les séquences de trois matchs en deux jours et demi.

Le genre de rythme que la grande majorité des hockeyeurs acceptent de tenir pendant trois ou quatre saisons avant de s’expatrier vers l’Europe où les conditions de vie sont avantageuses et le salaire souvent supérieur à ceux de la Ligue américaine.

Courtoisie Denis Aspirot
Courtoisie Denis Aspirot

Aspirot aurait très bien pu suivre cette même voie, mais il tenait mordicus à son rêve. « Une tête de cochon », a lancé son père au cours de l’entrevue.

« Il n’arrêtait pas de dire qu’il savait qu’il pouvait jouer dans le show, a lancé le paternel. Il a toujours dit qu’il y parviendrait et que, avant de penser à l’Europe, il voulait avoir sa chance. »

Ç’aura pris six longues saisons, mais Aspirot a réussi son pari. Et comme si ce n’était pas assez, il a obtenu la confirmation, samedi matin, qu’il affrontait le Canadien. Un match au Centre Bell, un samedi soir devant ses parents, sa sœur, sa conjointe et ses amis. Difficile de demander mieux.

Il fallait aller annoncer la nouvelle à son père.

« Je t’ai raconté que lorsque je suis allé le voir à Boston, je suis demeuré un peu en retrait, a lancé papa Aspirot venu assister à l’entraînement matinal. Et bien, je pense que c’est ce soir que je vais le réaliser pour vrai», a-t-il réagi, visiblement ému.

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