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Jonatan Julien ne sera pas «le messager du 3e lien»

Le ministre responsable de la Capitale-Nationale évoque une 2e phase du tramway

Le ministre responsable des Infrastructures et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Jonatan Julien, a répondu aux questions du Journal pendant une heure, à l’occasion d’une première entrevue éditoriale depuis sa nomination.
Le ministre responsable des Infrastructures et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Jonatan Julien, a répondu aux questions du Journal pendant une heure, à l’occasion d’une première entrevue éditoriale depuis sa nomination. Photo Stevens Leblanc
Photo portrait de Marc-André Gagnon

Marc-André Gagnon

2022-11-04T04:00:00Z
2022-11-04T04:49:28Z

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Avec une rencontre aux deux semaines, Jonatan Julien veut maintenir un canal de communication constant avec le maire Bruno Marchand. Il voudra le convaincre sur le troisième lien, bien que le dossier relève d’abord de Geneviève Guilbault, et ne ferme pas la porte à une phase deux pour le tramway.

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Le nouveau ministre responsable de la Capitale-Nationale ne se met pas la tête dans le sable : lui et le maire de Québec ne seront « pas d’accord sur tout », a reconnu M. Julien, lors d’une entrevue éditoriale avec Le Journal.

« Moi, j’ai le goût que ça marche à Québec », a résumé l’ex-élu municipal. Et pour éviter les différends – il y en a eu plusieurs entre sa prédécesseure Geneviève Guilbault et les maires Labeaume et Marchand –, Jonatan Julien entend miser sur un maximum de concertation.

Concrètement, MM. Julien et Marchand feront le point sur les projets de façon bimensuelle, un privilège que le maire Gilles Lehouillier n’aura pas, même si Lévis fait aussi partie du territoire de la Commission de la capitale nationale du Québec.

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« Il [M. Lehouillier] va travailler avec Bernard [Drainville] », a signalé M. Julien, en faisant référence au député caquiste de Lévis qui, en plus d’avoir le portefeuille de l’Éducation, est également ministre responsable de la Chaudière-Appalaches.

Deux dossiers majeurs

Sans surprise, M. Julien s’attend à ce que les dossiers en transport occupent l’espace médiatique.

Le troisième lien et le tramway sont deux « dossiers majeurs pour le développement économique de la région », reconnaît le ministre.

Il considère d’ailleurs que la Ville de Québec « est sur la bonne voie » pour faire progresser l’adhésion envers le projet de tramway, et il promet de « tout faire » avec le maire Marchand pour continuer dans cette direction.

Lors de l’entrevue, M. Julien a lui-même évoqué une éventuelle phase deux pour le tramway.

Dix à quinze ans après la réalisation de la première phase, « peut-être que quelqu’un va dire : regarde comment s’est développée la ville, [...] peut-être qu’on pourrait éventuellement faire une phase deux », a lancé le ministre, en donnant l’exemple du pôle Lebourgneuf.

« Je n’ai pas de boule de cristal », a-t-il laissé tomber, en soulignant que dans sa circonscription de Charlesbourg, où le tramway ne se rendra pas dans la phase un, l’offre actuelle de Métrobus « fonctionne bien ».

Améliorer la mobilité

Bien qu’il veuille lui aussi « voir les données » qu’attend le maire Marchand pour se prononcer plus clairement sur le troisième lien, selon le ministre Julien, il est déjà acquis qu’un tunnel entre Québec et Lévis permettra d’améliorer la mobilité, au bénéfice du développement socioéconomique de la grande région de Québec.

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« Je ne me sens pas le messager du troisième lien », prévient toutefois M. Julien. La nouvelle ministre des Transports, Geneviève Guilbault, « c’est elle, la porteuse des dossiers, clairement », a-t-il indiqué.

« PLEIN DE DÉFIS » POUR LE MARCHÉ CHAMPLAIN

Capture d'écran d'archives
Capture d'écran d'archives

L’idée de recréer le Marché Champlain en lieu et place de l’actuelle gare de la traverse dans le Vieux-Québec (photo) « est hyperintéressante », mais en zone inondable, elle vient avec son lot « de défis », constate Jonatan Julien.

Le projet illustré dans une vidéo présentée par la CAQ pendant la campagne électorale comprend une place publique, un grand marché, un restaurant, une terrasse. 

L’engagement, rappelle M. Julien, est de mettre sur pied un bureau de projet pour en évaluer la faisabilité. C’est ce qui sera fait, a dit M. Julien.

Mais « si le bureau de projet nous dit : ça n’a pas de maudit bon sens », des décisions seront prises en conséquence.

« AUCUN INTÉRÊT » POUR RACHETER LE PONT DE QUÉBEC

Photo d'archives, Stevens Leblanc
Photo d'archives, Stevens Leblanc

N’en déplaise à Ottawa, outre les 200 millions $ déjà réservés par Québec pour retaper le tablier routier du pont de Québec, le gouvernement caquiste refuse d’en faire davantage pour aider le fédéral à en devenir propriétaire.

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« 200 M$ sur le tablier, ce n’est pas rien », a observé le nouveau ministre responsable de la Capitale-Nationale, Jonatan Julien.

« [Au gouvernement du Québec] on n’a aucun intérêt à se porter propriétaire du pont de Québec », a-t-il laissé tomber, en rappelant qu’il appartient au gouvernement Trudeau de respecter sa promesse de racheter le pont au CN.

« Ce serait bien qu’il réalise son engagement », a lâché M. Julien.

POUR DES PARCS PLUS ANIMÉS

Photo d'archives, Louis Deschênes
Photo d'archives, Louis Deschênes

Emballé par le succès obtenu pendant tout l’été avec les Mosaïcultures, au parc du Bois-de-Coulonge, Jonatan Julien souhaite que la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) table sur d’autres idées pour animer les parcs à sa charge.

Entre le 24 juin et le 10 octobre, près d’un demi-million de spectateurs ont admiré les Mosaïcultures (photo), un succès dont ont aussi profité les commerçants de l’avenue Maguire.

« Un parc utile, c’est très le fun, mais un parc que la communauté s’approprie, c’est fantastique », a lancé le ministre, en entrevue.

La possible fusion de la CCNQ avec le Secrétariat de la Capitale-Nationale n’est plus dans les cartons, a-t-il confirmé.

La phase IV de la promenade Samuel-De Champlain est « une priorité », dit le ministre

« Plus complexe » à réaliser, la quatrième et dernière phase de la promenade Samuel-De Champlain demeure « clairement une priorité » pour le gouvernement caquiste, assure le ministre responsable de la Capitale-Nationale, Jonatan Julien.

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Après avoir rencontré quelques difficultés, la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) doit normalement livrer, d’ici l’été 2023, la phase III de la promenade Samuel-De Champlain, située entre les côtes de Sillery et Gilmour.

Dissiper tout doute

Dans une entrevue éditoriale accordée au Journal, M. Julien a semblé vouloir dissiper tout doute quant à la réelle motivation qu’a son gouvernement de concrétiser la dernière phase, dans le secteur du littoral est.

Dans sa plateforme régionale dévoilée pendant la campagne électorale, la CAQ s’est engagée, entre autres, à améliorer l’aménagement du secteur de l’autoroute Dufferin-Montmorency jusqu’au secteur d’Estimauville, en complémentarité avec la planification de la phase IV de la promenade Samuel-De Champlain.

Dans un rapport produit en 2015, la CCNQ avait illustré une série de belvédères, qui pourraient être aménagés le long du fleuve, entre la zone portuaire et le pont de l’île d’Orléans.

M. Julien semble préoccupé par la « complexité » de certains « tronçons » de la phase IV situés en zone portuaire. « Le port va être interpellé », a dit M. Julien.

Pavé dans la mare

Au printemps dernier, sa prédécesseure, Geneviève Guilbault, avait jeté un pavé dans la mare en affirmant, en marge de l’étude des crédits budgétaires, que la CAQ « n’avait pas pris d’engagement formel de faire la phase IV » de la promenade en 2018.

C’est ce qui avait valu à Mme Guilbault d’être qualifiée de « pire ministre de la Capitale-Nationale » par le chef de l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville, Claude Villeneuve.

Elle avait ensuite dû rectifier le tir en indiquant qu’il « n’a jamais été question de reléguer le projet de phase IV de la promenade Samuel-De Champlain aux oubliettes », comme l’avait écrit Le Journal à l’époque.

Pourtant, dès 2019, des sources caquistes avaient indiqué à notre Bureau parlementaire que la phase IV attendrait que se précisent les projets de troisième lien – alors imaginé à la pointe de l’île d’Orléans – et du port de Québec, Laurentia.

Dans une récente réponse à une demande d’accès à l’information, la CCNQ confirme que « le projet de la phase IV n’a pas généré beaucoup d’actions concrètes ».

Outre une mise à jour sommaire d’un rapport produit en 2015 dont plusieurs parties ont été caviardées, très peu d’informations demeurent accessibles.

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