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«Je voulais écrire un polar sur l'amour»: Johanne Seymour explore une relation toxique dans son roman «Fatal»

Johanne Seymour est romancière à succès et scénariste.
Johanne Seymour est romancière à succès et scénariste. © Sarah Scott / Éditions Libre Expression
Photo portrait de Marie-France Bornais

Marie-France Bornais

2025-09-27T19:00:00Z

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Romancière à succès et scénariste très estimée, Johanne Seymour renoue avec les codes du thriller psychologique dans son nouveau roman, Fatal.

Johanne Seymour publie «Fatal» chez Libre Expression.
Johanne Seymour publie «Fatal» chez Libre Expression. Photo fournie par LIBRE EXPRESSION

Dans ce 11e opus, elle nous présente une jeune femme au carnet de bal bien rempli, Camille Ladouceur, qui replongera dans les séquelles d’un traumatisme après une rencontre inattendue dans un bar. La nouvelle rencontre fait remonter le souvenir d’une relation toxique avec un pervers narcissique.

Camille Ladouceur, une belle jeune femme pleine d’énergie, est responsable des événements spéciaux dans un prestigieux magasin montréalais. Sa vie sociale est animée, elle court toujours à gauche et à droite... mais sa vie privée est très terne.

Camille Ladouceur a de bonnes raisons de vouloir une petite vie tranquille: elle a été marquée au fer rouge par une relation toxique avec un pervers narcissique. Un passé qu’elle préfère enterrer à tout jamais.

Ses amies ne voient pas la chose du même œil et lui ont organisé un rendez-vous galant, contre son gré. Le soir venu, le cavalier ne se point pas le bout du nez et Camille, désillusionnée, noie son chagrin dans les cocktails.

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Un peu éméchée, elle fait de grandes déclarations à son voisin de comptoir, qui tombe sous le charme. Camille ne se doute pas que cette rencontre amoureuse va réveiller un vieux cauchemar. Quelques jours plus tard, en rentrant du travail, elle a le sentiment qu’elle est suivie. Est-ce réel ou est-ce le fruit de son imagination?

Johanne Seymour a renoué avec plaisir avec les codes du thriller psychologique dans ce roman à la cadence rapide, où il y a plusieurs passages très drôles... et beaucoup de tension.

Faire écho à la société

Elle dépeint la société contemporaine et ses travers avec beaucoup de talent et ce qu’elle raconte fait écho à un monde en déroute où il y a beaucoup de déchirement et d’éclatement.

«Ça traite des pervers narcissiques, on s’entend, mais je veux que les gens s’interrogent sur leur conception de l’amour», explique Johanne Seymour en entrevue.

«En fait, je voulais écrire un livre un peu “polar” sur l’amour. J’ai commencé à écrire et je me suis dit: “Mon Dieu, mais c’est vaste, l’affaire de l’amour!” C’est quoi l’amour, aujourd’hui? Comment ça se passe? Comment les gens tombent en amour? Comment l’amour peut survivre? C’est pour ça que j’ai mon héroïne, bien sûr, et que j’ai aussi ses deux amies parce que c’est d’autres types de relations qu’elles ont.»

«On a ben des problèmes»

Johanne Seymour est d’avis que, dans la société actuelle, on a «ben des problèmes». «Actuellement je pense qu’il faudrait redéfinir tout ça, revoir nos priorités. Qu’est-ce qu’on priorise dans une relation?»

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«Je voulais parler d’une histoire d’amour parce qu’il y en a une dans le roman. Mais pour qu’elle vive et qu’elle survive, ça ne sera pas facile. C’est complexe et nos passés, à chacun, sont complexes aussi.»

Elle voulait raconter une histoire d’amour ancrée dans la réalité d’aujourd’hui. «J’entends trop d’affaires autour de moi. Le nombre de filles qui ont été dans des relations avec des narcissiques, et des fois même avec des vrais pervers narcissiques, les bras m’en tombent! Dans quelle société on vit?» confie-t-elle.

La romancière croit que les applications de rencontres, c’est «un vrai problème». «C’est un buffet. Tout le monde se sert. T’essaies pas de découvrir la personne, de développer une relation intime.»

Fatal

Johanne Seymour

Éditions Libre Expression

320 pages

  • Johanne Seymour est romancière et scénariste.
  • Fatal est son 11e opus.

«Camille s’aspergea le visage d’eau froide. Prends sur toi. C’est pas le temps de perdre la carte. Elle s’épongea, mit de l’ordre dans ses cheveux. T’as l’air d’un raton laveur, songea-t-elle en corrigeant son maquillage, qui avait coulé. Puis elle inspira profondément et quitta la salle de bain pour aller rejoindre Sugar Taylor à l’étage des vêtements haute couture.»
– Johanne Seymour, Fatal, Éditions Libre Expression

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